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Pierre Makyo, ce conteur du bout du monde
Pierre Makyo, l?auteur de La balade au bout du monde, chef-d??uvre de la bande dessinée contemporaine, effectue un court séjour à Maurice. Le temps pour lui de peaufiner avec son partenaire, le dessinateur mauricien Laval Ng, certains détails des derniers albums de la série. Le temps d?une balade dans une île qu?il apprécie à chaque fois un peu plus.
La rencontre avec Laval Ng s?est faite de façon fortuite. ?Je crois beaucoup aux rencontres. Je ne cherche pas systématiquement le dessinateur qui correspond à ce que je fais, c?est souvent le hasard qui décide. Dans le cas de Laval, j?étais justement à la recherche d?un dessinateur, au moment où nous nous sommes rencontrés. Son style collait. Il a une grande liberté dans les cadrages. Il pratique un dessin très dynamique, très séduisant, déjà très mature.?
Mais le hasard n?est jamais absolu. Pierre Makyo partage avec Laval Ng les mêmes intérêts : l?ésotérisme, la recherche spirituelle et certaines références littéraires. Les références de Pierre Makyo sont multiples. Il parle notamment de Romain Rolland, un écrivain français un peu oublié du grand public mais que Laval Ng sait lui aussi apprécier.
?Romain Rolland a été l?un des premiers à percevoir des connexions entre l?Europe et l?Inde. L?Europe qui se nourrit de la spiritualité indienne et l?Inde qui utilise la technologie européenne. L?écrivain a été l?ami de Gandhi, de Tagore, a écrit sur le Swami Vivekananda, en 1910 déjà.? L?Inde irrigue les histoires de Pierre Makyo. Dans le second cycle de La balade au bout du monde, l?Inde et ses rites mystérieux sont prédominants.
<B>Explication du monde</B>
Mais l?auteur est aussi un conteur. Dans ses albums, il utilise la magie du conte, un genre issu des traditions lointaines, bâties sur les lois spirituelles. Pour lui, raconter une histoire, c?est une démarche qui a un sens précis. Au-delà du divertissement qu?elle procure, une histoire est surtout une explication du monde. Mieux, elle lui donne un sens et peut changer le destin.
?Mon travail n?est pas un modèle en soi. Mais je crois dans la connaissance que procurent les livres. Ils permettent de progresser, d?apprendre, de faire des découvertes sur la vie et la mort, sur soi-même? Cette connaissance peut produire une sorte d?accomplissement (?) Une bonne histoire, bien racontée, au bon moment, peut changer la vie de quelqu?un??
Pierre Makyo est très attiré par les ?connaissances secrètes?. Dans le quatrième cycle de La balade au bout du monde, il est question de congrégations religieuses, de temples enfouis. Il avoue d?ailleurs sa fascination pour les civilisations antérieures aux Celtes qui maîtrisaient le tellurisme. Il a d?ailleurs passé beaucoup de temps à faire des recherches dans des bibliothèques ésotériques, à se plonger dans de vieux bouquins, à suivre des pistes qui aboutissent sur des connaissances qui ont aujourd?hui disparu.
Pierre Makyo a récemment sorti un album dont il a écrit les textes et fait les dessins, intitulé L?histoire de chaque jour. Il prépare également un roman. Et les droits de la série La balade? ont été acquis par plusieurs producteurs de cinéma, dont des sociétés américaines.
À Maurice, Pierre Makyo commence à trouver ses marques, après un premier passage, il y a quelques années. ?J?aimerais travailler à Maurice? Laval et moi projetons de faire figurer l?île dans une prochaine aventure.? A suivre?
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