Publicité

Pharmacies : «Des pratiques malsaines»

31 mai 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le National Economic and Social Council (NESC) tire la sonnette d?alarme. Il a décortiqué le fonctionnement du secteur pharmaceutique et rendu un rapport défavorable. Le président de la commission des affaires sociales et des ressources humaines de ce conseil, Satish Boolell, et le président du NESC, Mohamad Vayid, ont brossé un tableau noir du secteur. Ce dernier a affirmé que la situation est «très chaotique» dans le secteur pharmaceutique. Satish Boolell estime lui que «c?est un secteur florissant, sans contrôle, sans normes, sans frontières».

Le Pharmacy Board, ne joue pas son rôle faute de personnel pour les inspections dans les pharmacies. Certains importateurs importent des médicaments de marques déposées de diverses sources. Les pharmaciens les vendent aux mêmes prix que des marques connues. Un régulateur efficace aurait relevé de telles anomalies. Satish Boolell recommande que le Pharmacy Board, ait le pouvoir de sanctionner. Il souhaite que le Pharmacy Act soit revu.

Il préconise un contrôle des échantillons obtenus par les importateurs et mis en vente sur les étagères. «Dans tous les cas, ils font des profits sur la tête du consommateur.» Toujours au niveau des prix, le rapport note qu?il est laissé «trop de liberté aux importateurs de fixer les prix au détail en se basant simplement sur des documents d?importation». Conséquence : il y a «une charge financière inutile» sur les consommateurs.

«Trop de liberte...»

L?inefficacité des médicaments établie à travers les plaintes a mené Satish Boolell à se demander s?ils ne sont pas contrefaits. «Nous n?avons aucune preuve mais l?on s?est rendu compte que plusieurs médicaments s?avèrent inefficaces sur différents patients.» Les médicaments pour les diabétiques, les cardiaques, contre le cholestérol, et les antibiotiques se sont avérés les plus inefficaces.

Mohamad Vayid est d?avis que les associations de consommateurs devraient acheter des médicaments et les faire tester à l?étranger. Jayen Chellum fait ressortir que les moyens financiers ne leur permettent pas de le faire. «La situation est suffisamment dangereuse pour que des actions soient prises», insiste Mohamad Vayid. Sa préoccupation est renforcée après l?épisode des médicaments de qualité inférieure distribués dans les hôpitaux. Un médicament contre le diabète n?avait que 20 % de molécule active. Jayen Chellum est revenu sur cette affaire en rappelant qu?un Fact-Finding Committee a été mis sur pied à ce sujet.

Satish Boolell estime que le projet de laboratoire est plus que jamais impératif. Mohamad Vayid, lui, propose que le Mauritius Standard Bureau soit utilisé pour les analyses. L?absence d?inspections a ouvert la voie à «des types de médicaments non autorisés vendus dans les pharmacies». Les importations parallèles de médicaments, qui représentent 3 % des importations totales de médicaments, peuvent , selon des sources, être de qualité suspecte car ils proviennent de producteurs inconnus qui ne sont pas sur la liste de l?Organisation mondiale de la santé.

Publicité