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Petites confidences entre amis

13 mai 2006, 00:00

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TOURNAGE

-Barlen : Le film qui m?ait guidé pour tourner Bénarès, c?est Stranger than Paradise de Jim Jarmusch. Pour le jeu des acteurs, qui est un non-jeu, pour ses moments de silence.

Premier jour de tournage, on a commencé à Bénarès.

Normalement, pour la première scène, on fait beaucoup de prises. Là, quand on a eu fini la première, Jacques Bouquin, le directeur photo, m?a demandé «Alors ?» J?ai dit parfait ! On a fait la première scène en une seule prise. C?était un baptême du feu. On a tous applaudi.

Avec les acteurs, il y avait beaucoup de respect. Mais ce n?est pas toujours évident. Deux semaines avant la fin du tournage, je n?en pouvais plus. J?ai dit à tout le monde de rentrer chez eux. Il y avait tellement de tension. Puis on a fini.

LA MUSIQUE

  • Barlen : La directrice d?une école américaine à Paris est revenue voir le film, lors de la deuxième présentation à Paris. Elle a fait savoir qu?elle a des amis à Miami qui pourraient éditer la musique du film.

  • Ernest : J?ai pu voir l?évolution du film du point de vue de l?image. Je recevais des K7 VHS, des prémontages.

  • Barlen : Tu as eu plusieurs versions du film.

  • Ernest : Au moins cinq. Quand j?ai vu le film, je n?ai pas eu de surprise car les images sont très belles.

Joël Farges m?avait demandé de composer avant le tournage pour que les comédiens puissent siffloter le thème pendant le tournage.

  • Barlen : L?équipe du film jouait la maquette de ce thème sur le tournage. Les acteurs ont appris à siffloter.

  • Ernest : Les acteurs sifflotent cet air deux ou trois fois dans le film, très discrètement. C?est pourquoi il faut aller voir le film deux ou trois fois. Dans l?ensemble, avec la musique, le même motif est traité différemment, ça donne un tout.

Si je n?avais pas composé ce thème au départ, la musique aurait été complètement différente. L?image et la musique transmettent une ambiance générale.

  • Barlen : Ernest est modeste. La musique est très très très très belle. Très bien enregistrée.

  • Ernest : chez moi.

  • Barlen : On nous a demandé : pourquoi une musique jazzy ? Beaucoup s?attendait à autre chose.

  • Ernest : Mais on a pas fait dans le folkore. Mais quand j?ai travaillé sur le film. Je me suis vite trouvé à court d?outil pour une musique exotique. Alors j?ai laissé libre cours et j?ai apporté ce que j?aime, ce qui vient de moi.

  • Barlen : Je lui fais entière confiance. Il est honnête, sérieux. Des qualités que j?aime chez l?être humain et chez le professionnel.

PRODUCTION

  • Le type qui a vraiment sauvé le film, c?est Eric Lagesse, directeur de Pyramide International. Il a injecté de l?argent, s?est occupé de la communication et de la distribution. C?est grâce à lui si le film existe.

LA PRESENTATION DU FILM

  • La première fois que le film a été projeté, c?était au Festival de Toronto, au Canada, en septembre 2005. A la fin de la projection, je monte sur scène pour répondre aux questions. La première question me vient du fond de la salle. J?entends « Ki position ? ».

Lors de la deuxième séance, à Toronto, les gens rigolaient. C?était de la folie. Et puis une vieille dame, canadienne, est venue me voir pour me demander si c?était filmé de façon naturelle ou artificielle, parce que les couleurs son incroyables.

Il y avait beaucoup de Mauriciens lors de la présentation du film à Paris. Dont une sculptrice, Geneviève Bonieux. Elle m?a envoyé un mail par la suite, qu?elle a copié à plein d?autres personnes, en leur écrivant d?aller voir le film.

A la première, à Paris, un des fondateurs du MMM, qui a du rester maoïste, a été très dur. Il ne comprenait pas comment un ancien politicien puisse jouer dans un film. Lors de la projection à Strasbourg, le fils de ma cousine, qui vit là-bas a pleuré quand il a vu le film. Maurice lui manquait et pourtant.

ET MAINTENANT

  • Barlen : La suite pour moi, c?est un autre film. Pendant le tournage de Bénarès, c?était une idée un peu floue. Là, j?ai une productrice, c?est plus concret.

  • Ernest : On dit que c?est un polar.

  • Barlen : C?est l?histoire d?une disparition. C?est un film noir.

  • Barlen : J?écris aussi un livre sur ma mère, qui s?appelle Salogee?s. Je l?ai commencé l?année dernière, après sa mort et le livre devrait sortir l?an prochain.

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