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Petit à petit, il fait son nid
Il a débuté comme standardiste à l?hôtel St Geran. C?était en 1975. Il avait 19 ans. C?était son premier emploi. Qu?il a obtenu par hasard. «C?était difficile de trouver du travail à cette époque. On acceptait un peu ce qu?on avait.» Au standard, il travaillait «sur les anciens PABX. C?était comme un bol de spaghettis. Il y avait des fils partout», se souvient-il. Environ un an et demi après, on lui propose un poste d?employé à la réservation. Ensuite, il devient réceptionniste. Puis revient à la réservation, cette fois comme manager. Il ne se souvient pas de toutes les dates, certes. 33 ans, cela fait quand même beaucoup de choses à retenir. En 1997, on lui propose d?ouvrir une centrale de réservation pour tous les hôtels du Sun Resorts. Outre les réservations pour Maurice, il se chargera également de celles pour l?hôtel Galawa Beach Hotel aux Comores. Il fera aussi partie de l?équipe de soutien pour l?ouverture des hôtels Coco Beach et Sugar Beach, de Kanuhara Resort aux Maldives ou du Royal Mirage à Dubayy.
En 1998, il devient Front Office Manager de l?hôtel Saint Geran. Jusqu?en 2004. Année où il est promu Executive Assistant Manager à La Pirogue. En sus de nombreuses autres récompenses, telles que le titre de Manager de l?année de l?hôtel La Pirogue en 2006.
Depuis vendredi dernier, il assume officiellement ses fonctions de Resident Manager de La Pirogue. Comprenez par là le numéro 2 de l?hôtel. Un poste qu?il accueille avec une fierté légitime et sans grande appréhension puisqu?en tant qu?Executive Assistant Manager, il était appelé régulièrement à suppléer le numéro 2 de l?hôtel. A son nouveau poste, il entend être au maximum à l?écoute de son personnel. Et les clients dans tout cela ? «Si vous voulez que votre personnel s?occupe de vos clients, occupez-vous de votre personnel», soutient-il. Cela a toujours été sa devise et le restera longtemps encore.
<I>«Pour y être resté 33 ans, ça ne fait aucun doute que j?aime ce que je fais. C?est un peu ma passion. Ce sera difficile pour moi de faire autre chose. Si jamais je quitte l?hôtellerie, ce sera pour le tourisme.</I>
Il est peut-être entré par hasard dans l?hôtellerie, mais «pour y être resté 33 ans, ça ne fait aucun doute que j?aime ce que je fais. C?est un peu ma passion. Ce sera difficile pour moi de faire autre chose. Si jamais je quitte l?hôtellerie, ce sera pour le tourisme. Rien d?autre.» 33 ans dans l?hôtellerie, qu?est-ce que cela demande? «D?être disponible, persévérant, de se remettre en cause à chaque fois pour maintenir le standard de l?hôtel. Il faut aussi savoir se motiver soi-même de sorte que même si on n?est pas de bonne humeur, on arrive à dépasser cela.» Des qualités vite récompensées dans l?hôtellerie. D?où son appel aux jeunes à s?y intéresser. «C?est un métier où l?on récolte vite le fruit des efforts fournis. On grimpe les échelons rapidement. Qui plus est, le tourisme est une des ressources les plus importantes de l?île et l?Etat s?en est rendu compte.» Alors pourquoi pas les jeunes ?
Pour en revenir à l?ambition de l?Etat mauricien d?accueillir jusqu?à deux millions de touristes en 2015, selon Tony Duval c?est «très prétentieux. On n?en est même pas à la moitié pour le moment. C?est certes envisageable. Il faut aussi s?assurer que ça ne vienne pas gâcher la culture, la vie mauricienne. Il y a aussi toute la structure à mettre en place d?abord.» Un exemple étant la mise en place d?au moins une école hôtelière supplémentaire. Car «une seule ne suffit pas pour l?instant».
Une autre suggestion: «prendre conscience que le Mauricien a perdu sa chaleur, son sens de l?accueil et faire ce qu?il faut pour y remédier? Car, les plages, il y en a 36 000 dans le monde. De plus, Maurice est une destination chère. Ce qu?il faut, c?est conserver le côté accueillant et honnête de Maurice.» Comment s?y prendre? En sensibilisant le Mauricien. «Lui rappeler que le tourisme, c?est notre gagne-pain. Les choses ne se détériorent pas du jour au lendemain. Il y a toute une éducation à faire. Il faudra que ça se fasse dès le jeune âge. L?Ecole hôtelière ne peut pas éduquer toute la population. J?ai 500 employés chez qui on développe le sens de l?accueil. Je ne peux pas faire plus. Du moment que le touriste sort de l?hôtel, on ne peut plus rien pour lui.»
Qu?est-ce qui pourrait le combler davantage aujourd?hui? Rien, semble-t-il. «Il est vrai qu?on espère ne jamais s?arrêter. Mais je ne cours après rien pour l?instant. J?aime ce que je fais. Cela me passionne suffisamment. Cela complète déjà ma vie.»
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