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Pension : une arme parfois à double tranchant

30 août 2003, 20:00

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Si au moment de votre embauche dans une entreprise privée, on vous annonce que vous êtes inscrit à un plan de pension, n?attendez pas le jour de votre retraite pour prendre connaissance de son contenu. Vous risquez sinon d?avoir une mauvaise surprise. Vous pouvez vous retrouver avec une pension fixe qui n?est pas alignée sur le coût de la vie.

« Ma firme m?a fait comprendre qu?une révision du montant de ma pension n?est pas envisageable. Une indexation sur le coût de la vie n?est pas possible non plus. Et l?octroi d?un treizième mois n?est pas à l?ordre du jour. Je me retrouve avec une pension fixe. De jour en jour, mon niveau de vie se rétrécit comme une peau de chagrin. Je ne suis pas le seul dans ce cas », témoigne un retraité d?une entreprise privée.

L?explication est simple. Il existe deux formules de plans de pension auxquels les entreprises privées souscrivent. L?une prévoit le versement d?une pension fixe. Son montant provient d?une contribution conjointe de l?employé et de son employeur. Au moment de partir à la retraite, l?employé ne reçoit pas une indemnité, mais une pension calquée sur le montant de la contribution faite en son nom au plan de pension. L?autre formule prévoit une augmentation annuelle de la pension jusqu?à 3 %. Cette révision est optionnelle. Elle dépend toutefois des moyens qu?une entreprise veut bien utiliser pour le financement d?un plan de pension de groupe. Contrairement à la première formule, celle-ci nécessite une contribution financière plus importante de la part de la société souscriptrice.

« Selon les dispositions de loi sur les impôts, une entreprise ne peut pas souscrire à un plan qui prévoit une pension de plus de deux tiers du montant du salaire d?un employé. Le commissaire à l?impôt n?autorise pas une révision des pensions de plus de 3 %. Si un employeur veut accorder une pension plus importante, c?est à sa seule discrétion et ce sera un plus pour l?employé en question. L?employé peut toujours souscrire à un plan de pension personnel », explique le responsable du département de gestion des plans de pension d?une compagnie d?assurances.

Un sort pas plus brillant

Le sort des retraités des compagnies privées appartenant à l?État et des organismes parapublics qui sont inscrits à des plans de pension gérés par la State Insurance Company of Mauritius (Sicom) n?est pas plus brillant. La révision du montant des pensions n?intervient qu?à la suite des révisions des salaires et des conditions d?emploi dans le secteur public par le Pay Research Bureau (PRB).

La situation de certains retraités inscrits à des plans de pension privés a commencé à changer. Dans le cadre de la modernisation de son système de pension, le gouvernement se propose également de revoir les plans de retraite dans le privé. « La possibilité de rendre obligatoire une révision des pensions équivalant à au moins 3 % du montant de la pension fera partie de la réflexion sur le sujet », explique-t-on à l?hôtel du gouvernement.

Certaines entreprises ont déjà pris les devants avec l?introduction d?un plan de pension qui prévoit également le treizième mois. C?est le cas du groupe Rogers. Il existe deux catégories de retraités dans ce groupe. La première catégorie reçoit une pension qui peut être augmentée, sans aucune garantie, si le plan de pension est bien géré et rapporte des bénéfices. Autrement, le montant de cette pension reste fixe.

L?autre catégorie comprend ceux qui sont partis à la retraite il y a trois ans et les futurs retraités qui sont inscrits à un plan de pension adapté à leurs salaires. C?est cette formule qui prévoit le paiement d?un treizième mois.

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