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Pendant que la Grande-île est aux urnes

13 décembre 2006, 20:00

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Ravalomanana gagne au premier tour

Officieusement, le candidat-président, Marc Ravalomanana, remporte la victoire avec 54,8 % des suffrages exprimés, soit 2 430 489 voix. Jean Lahiniriko se trouve en deuxième position avec 518 084 voix, soit 11,68 %. L?ancien président de l?Assemblée nationale est suivi de près par Roland Ratsiraka, avec 10,09 %. Le taux de participation des électeurs s?élève à 61,45 % des inscrits.

Certes, les résultats actuels ne sont qu?officieux, mais ils expriment une tendance nette en faveur du président sortant, Marc Ravalomanana. Le chef de l?État mène dans cinq des six provinces, lors de l?élection présidentielle du 3 décembre.

Marc Ravalomanana a construit sa victoire dans la province d?Antananarivo. Celle-ci a fourni le gros des voix obtenues par le chef de l?État, avec 75,39 %. Il devance de loin ses concurrents et mène également dans quatre autres provinces. Il se permet même d?obtenir la majorité absolue à Mahajanga, avec 50,53 % des voix.

Le scénario se répète à Fianarantsoa. Le chef de l?État y dépasse la barre des 50 %. La différence avec la capitale de la région du Boina est qu?à la place de Jean Lahiniriko, c?est Herizo Razafimahaleo qui se trouve à la seconde place. Le fondateur du parti Leader Fanilo obtient 15,51 % des suffrages exprimés.

À Antsiranana et Toamasina, le candidat-président se trouve encore en tête. Seulement, il n?est plus crédité de la majorité des voix. À Antsiranana, il rafle 34,42 % des suffrages exprimés. Il est cependant secoué par Herizo Razafimahaleo et Roland Ratsiraka dans les régions Sava et Diana.

Le chef de l?État essuie également un sérieux revers à Toamasina. S?il arrive en tête avec 36,93 % des voix, c?est grâce au vote de la région de l?Alaotra-Mangoro. Les districts d?Ambatondrazaka, Andilamena, Moramanga et Amparafaravola lui ont permis de dépasser Roland Ratsiraka. Seul le district d?Anosibe An?ala lui échappe. Dans les autres districts, c?est le candidat de Madagasikara Tonga Saina qui mène.

Par contre, Marc Ravalomanana, malgré l?offensive de ses partisans, n?a pas pu lutter contre Jean Lahiniriko à Toliara. L?ancien président de l?Assemblée nationale lui a tenu la dragée haute. Si le trésorier de l?Église luthérienne de Madagascar obtient 44,79 % des voix, Marc Ravalomanana n?est crédité ?que? de 36,67 %. C?est d?ailleurs grâce au vote de la province de Toliara que Jean Lahiniriko se trouve en deuxième position après Ravalomanana.

Les yeux sont maintenant braqués vers la Haute cour constitutionnelle. Les hauts conseillers examinent les plis provenant des Commissions de recensement des matériels de vote. La juridiction constitutionnelle dispose de 20 jours après la réception du dernier pli pour proclamer les résultats officiels.

Iloniaina Alain

Le général Randrianafidisoa arrêté

Le cache-cache entre le général Randrianafidisoa et le gouvernement a pris fin, mardi. Les autorités ont annoncé l?arrestation de l?ancien directeur général de l?Office des mines nationales et industries stratégiques.

?Le général Randrianafidisoa a été appréhendé, ce soir (mardi, NdlR), vers 19h 30?, confirme Lucien Victor Razakanirina, secrétaire d?État chargé de la Sécurité publique. ?C?était dans un hôtel à Ankadifotsy?, poursuit-t-il. La scène s?est déroulée au deuxième étage, inoccupé, de l?immeuble. Le général Fidy a été surpris, avec une femme et son fils.

Toujours selon Lucien Victor Razakanirina, le général Fidy n?a opposé aucune résistance aux éléments de l?état-major mixte opérationnel (Emmo/Nat). ?Il a ensuite été conduit à la Brigade de recherche à Fiadanana?, poursuit le secrétaire d?État. Il est probable que son interrogatoire a débuté dès mardi soir.

Le gouvernement est vraiment soulagé, a précisé Lucien Victor Razakanirina, après l?arrestation du général Fidy. Ce dernier, en compagnie de quelques officiers et sous-officiers, avait investi la Base aéronavale d?Ivato, le 17 novembre. Il avait alors annoncé la ?mise en place d?un directoire militaire?.

Une prime

Les forces de l?ordre avaient essayé de reprendre le contrôle de la situation. Mais à la suite de la mort d?un soldat, suite à un échange de tirs entre les partisans du général Randrianafidisoa et elles, l?attaque avait été arrêtée. Cependant, après les perquisitions aux domiciles de l?officier, les autorités l?ont soupçonné, entre autres, d?atteinte à la sûreté de l?État.

Malgré l?avis de recherche lancé officiellement le 19 novembre, le général Fidy et ses compagnons de route ont pu prendre la fuite. Mais juste après l?élection, le gouvernement a mis les bouchées doubles pour procéder à son arrestation. Il a promis une prime d?Ar 100 millions à tous ceux qui fourniront des informations permettant de mettre la main sur lui. Il a également lancé une vaste opération de perquisitions chez des personnes ayant des relations avec l?officier.

I A.

Les requêtes de Roland Ratsiraka rejetées

La Haute cour constitutionnelle (HCC) n?a pas attendu 24 heures pour répondre aux réclamations de l?équipe de Roland Ratsiraka. La juridiction constitutionnelle refuse d?accéder aux demandes de l?association Madagasikara Tonga Saina, relative à la confrontation des procès-verbaux (PV) et à la publication des listes électorales.

?Dans son arrêt, la HCC admet la jurisprudence de la confrontation des PV. Mais, selon elle, la procédure n?est applicable qu?en vue de régler un contentieux électoral?, a informé, mardi, Benjamina Ramarcel Ramanantsoa, directeur de campagne de Ratsiraka.

Dans les requêtes déposées lundi, l?équipe de ce dernier a pourtant demandé l?opération sur l?ensemble des PV, avant tout examen des documents. Le maire de Toamasina a invoqué des ?zones d?ombre? autour des documents sortis des bureaux de vote, censés contenir les résultats du scrutin, et sur lesquels la HCC se base pour se décider.

Si l?équipe du candidat semble dépitée, en apprenant la réponse de la HCC, Benjamina Ramarcel Ramanantsoa se dit, pour sa part, ?seulement étonné? de la tournure des événements. ?Nous allons nous réunir pour voir ce qu?il faudra faire?, s?est-il contenté de déclarer.

La décision de la HCC peut dissuader les autres candidats, qui comptent sur une confrontation des résultats, à moins qu?ils ne disposent d?arguments de poids. Quelques jours avant l?élection du 3 décembre, le parti Asa vita ifampitsarana avait déjà formulé une demande semblable auprès de la juridiction constitutionnelle. À en croire l?état-major de la formation politique, la HCC n?a pas donné suite à sa réclamation.

Toutefois, la résolution de la HCC semble aller dans le sens souhaité par le parti Tiako i Madagasikara, tout au moins au niveau de la procédure. Des membres du parti présidentiel se relayent, et s?en donnent à c?ur joie, dans les médias publics, pour refuser, d?une manière détournée, cette confrontation.

Le député Zo Andriantsilavo invoque l?impossibilité matérielle des autres candidats de procéder à la confrontation. ?Nous ne sommes pas contre la procédure, mais les autres candidats disposent-ils de tous les PV ??, s?interroge-t-il.

L?exigence de la confrontation des PV était l?un des arguments du camp Ravalomanana pour contester les résultats des présidentielles de 2001. Comme Roland Ratsiraka aujourd?hui, Marc Ravalomanana n?avait pas disposé de tous les PV.

Albert Zafy bientôt interrogé

Le professeur Albert Zafy sera interrogé. La déclaration vient du secrétaire d?État chargé de la Sécurité publique, Lucien Victor Razakanirina, suite aux perquisitions chez l?ancien président de la République à Ivandry, vendredi.

Quatorze grenades et quinze bouchons allumeurs y ont été trouvés. Joint au téléphone, mardi dans la soirée, Lucien Victor Razakanirina ne pense pas au pire quant au traitement réservé au professeur, après l?avènement de l?affaire.

?Cela ne va pas jusqu?à l?arrestation du professeur Zafy. On va procéder à son enquête et le dossier sera transmis au Tribunal après?, a-t-il annoncé sans vouloir entrer dans la polémique. Il n?a pas encore indiqué la date de passage d?Albert Zafy auprès des enquêteurs.

Matériels d?entraînement

Par contre, le grand patron de la police a ses idées fixes sur le sujet. Il juge illégale la détention de ces armes à la villa La Franchise.

Trois jours après les perquisitions à Ivandry. Le président du Conseil pour la réconciliation nationale se défend contre les premières informations livrées par le secrétaire d?État chargé de la sécurité publique. Ainsi, il a donné un point de presse à son domicile à la villa La Franchise, mardi.

?Ces armes sont des matériels d?entraînement mis à la disposition de mes gardes du corps. Nous n?avions pas l?intention de les camoufler. Ceux qui ont fait la perquisition ont déjà été informés d?avance de la présence de ces matériels chez moi.?

?Le ministre de la Police aurait dû s?inspirer du rapport des missionnaires avant de s?exprimer?, a-t-il précisé, en présence de ses collaborateurs politiques dont son ancien Premier ministre, Emmanuel Rakotovahiny, ses anciens ministres Damasy Andriambao et Betiana Bruno ainsi que quelques membres de son parti.

Albert Zafy a évoqué que les armes en question ont auparavant été confiées au colonel Franklin Rasolondraibe. Ce dernier était chargé de la direction de la défense de l?ancien chef d?État.

?Depuis le décès de ce colonel en 1997, les matériels ont été transférés chez moi et je les ai conservés jusqu?à maintenant. De plus, le poste du colonel Franklin Rasolondraibe est resté vacant, alors que c?est son remplaçant qui doit les détenir. Jusqu?à ce jour, on ne nous a affecté aucun officier pour le remplacer?, a ajouté le professeur.

Aucun droit de détenir des armes

Le secrétaire d?État chargé de la Sécurité publique, Lucien Victor Razakanirina, a répondu catégoriquement. ?S?il qualifie ces armes de matériels d?entraînement, il aurait dû les déposer au camp militaire et les récupérer en cas de besoin. À ma connaissance, aucun droit de détenir du matériel de ce genre ne lui est accordé. Ses gardes du corps disposent déjà de Kalachnikovs et de mitraillettes?, ont-ils affirmé.

Selon l?un des gardes du corps d?Albert Zafy rencontré à la villa La Franchise, l?ancien président de la République a normalement droit à douze éléments mixtes composés d?hommes venant de l?armée, de la gendarmerie nationale ainsi que de la police nationale. Cependant, ce nombre n?est plus atteint depuis des années. ?Le quota de la gendarmerie est presque rempli. L?insuffisance d?effectif concerne les éléments de l?armée et de la police?, a-t-il précisé.

Fano Rakotondrazaka

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