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Peintres et styles de la Renaissance

24 octobre 2004, 20:00

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Dans le cadre d’une série de six conférences portant sur La peinture des origines aux Temps Modernes , Michèle Malivel poursuit ses causeries. Après avoir présenté l’évolution de l’art pictural Des origines au Moyen-Âge le mois dernier, elle est revenue nous parler de l’art pendant la Renaissance, vendredi dernier, au Centre culturel d’expression française.

Dans son style habituel de bon vivant, et pleine d’humour, elle a su, avec autant d’aisance, nous transporter, à travers les toiles des grands maîtres, dans ce temps où l’art cherchait à se libérer des conventions médiévales, à se redresser en marquant du recul des modèles byzantins, et surtout marquer enfin le début des Temps Modernes (l’homme se penchant sur lui-même), tout en renonçant à l’art des anciens Romains.

La Renaissance est une période artistique qui s’étend sur deux siècles : le XVe siècle, dit la première Renaissance, ou l’humanisme, art sobre et puissant, et le XVIe siècle, appelé aussi la Renaissance tardive. Cette période commence plus particulièrement avec le peintre flamand, Van Eyck et le peintre italien, Giovanni, dit Masaccio, l’artiste à l’origine du “style” de la Renaissance.

Un art puissant, concret et réel

Son art, par sa puissance, domine le XVe siècle italien. Ainsi, ses fresques de la Chapelle Brancacci, à Florence, serviront de modèles à des artistes de la Renaissance. Influencé lui-même par la technique de la sculpture, il développe un sens extraordinaire du concret, du réel, et de la nature avant de se perfectionner dans la réalisation du mouvement, des lignes, du volume, et de l’espace dans ses tableaux. Cela lui permet de peindre des personnages en surface plane avec une impression de relief.

Avec Masaccio et d’autres peintres comme Fra Angelico, Paolo, Uccello, Sandro Botticelli et Léonard de Vinci, Florence devient le premier foyer de la Renaissance quattrocento.

Dès lors, les écoles italiennes de la Renaissance fleurissent : l’Ecole vénitienne avec ses artistes comme Le Giorgione, Titien, le Tintoret et Véronèse ; l’Ecole de l’Italie du Nord avec Foppa, Tura et Mantegna ; l’Ecole Toscane avec Boticelli, Léonard de Vinci et Michel-Ange ; l’Ecole de l’Italie centrale avec Francesca et Raphaël, et l’Ecole de l’Italie méridionale avec notamment Da Messine.

Le genre humain dans sa splendeur

Le Giorgione est le peintre-poète qui a mis le lyrisme en peinture. Il est connu pour son tableau Vierge à l’Enfant. La Vierge et l’enfant sont les thèmes couramment exploités pendant la Renaissance. Chez Pierro Della Francesca, on les retrouve dans la Madone de Senigallia, tableau présentant la madone comme un personnage solennel mais profondément humain grâce à sa puissance de suggestion. Les mêmes thèmes sont traités chez Sandro Botticelli, dans son tableau la Madone de Magnificat. L’artiste y peint des silhouettes élégantes et harmonieuses.

Le peintre Raphaël est aussi connu pour ses merveilleuses madones même s’il marque son époque avec son Autoportrait du peintre. La représentation des visages va connaître, avec la Renaissance, sa touche du réalisme.

La peinture flamande excelle sur ce détail alors qu’en Italie la représentation du nu artistique se poursuit dans un souci d’idéalisation.

La grande révolution dans la représentation artistique est très certainement l’adoption de la technique à l’huile par de nombreux peintres.

Perfectionnée dans l’atelier de Van Eyck, cette technique gagne rapidement l’Europe. Voyant dans l’utilisation de l’huile la possibilité de réaliser des nuances délicates, Léonard de Vinci, grâce à la technique de sfumato, développe la pratique de fondre la figure avec son entourage. Désormais, il n’est plus nécessaire de tracer linéairement le contour.

Enfin, s’il est un aspect à retenir de la Renaissance, c’est certainement celui concernant la place de l’homme sur la toile. D’une part, les techniques de la perspective linéaire et de la perspective atmosphérique ont rationalisé l’espace : les objets et les individus occupent leur place réelle dans la scène.

D’autre part, même si les sujets mythologiques deviennent plus fréquents, l’art du portrait se développe. Puisque le centre est privilégié dans l’organisation du tableau et que l’art de la Renaissance vise un portrait de la nature et des individus, l’homme a retrouvé sa place au centre du tableau, au centre de l’univers, autant dire sa renaissance...

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