Publicité

Pédophilie : signe d’une société malade à la recherche de repères

2 juin 2013, 12:08

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Pédophilie : signe d’une société malade à la recherche de repères

C’est sans doute le sujet qui domine l’actualité. En effet, ces temps-ci, des actes de pédophilie semblent s’être abattus sur notre île. L’affaire MITD ou encore celui du collège Hamilton. Les plus connus, en témoignent.

 

Causes et effets

 

«La pédophilie a toujours existé»assure, Virginie Bissesur Corsinie, psychologue et également membre du groupe des professionnels en psychologie. «Un enfant sur cinq est victime de pédophilie dans le monde»,poursuit-elle. Elle avoue égalementqu’elle reçoit des victimes de tout âge en consultation mais que bien souvent ces dernières sont encouragées à rester dans un mutisme par leurs parents qui croient «qu’ils mentent». De ce fait, les enfants se rétractent et se referment sur eux-mêmes.

 

Suttyhudeo Tengur, president de la Government Hindi Teacher’s Union (GHTU) estime, pour sa part, que «c’est malheureux et triste d’enregistrer ce phénomène dans les institutions primaires et secondaires aussi». Selon lui, les enseignants sont supposés être des modèles et des guides. Ils doivent avoir une responsabilité morale et agir comme un protecteur. Mais, il remarque avec regret qu’à la fin de la journée, ils commettent de tels «écarts».

 

De plus, selon lui, les enseignants «manquent de formation» de nos jours. Il ajoute qu’ils devraient tous avoir une formation plus poussée dans ce domaine. Cependant, il réitère le fait que les parents ont un rôle primordial à jouer de même que la société, qui pour lui, «a failli à son devoir».

 

Mœurs nouvelles

 

Pour d’autres, une surexposition à la pornographie contribue à ces actes déviants. A cela, une ancienne rectrice d’un établissement secondaire affirme, sous le couvert de l’anonymat, que tel est le cas. «Ce n’est pas la raison principale mais cela y a grandement contribué», précise-t-elle. D’autre part, elle souligne que la nature humaine ne peut rester insensible à ces «scénarii pervers» qui influencent l’esprit des gens et qui les incitent à former une «sexualité malsaine» surtout quand ils sont dans une position de faiblesse .De plus, elle avoue que la faute revient peut-être aussi aux médias, la télé et surtout l’internet où la pornographie est facilement accessible. «Des gens prennent le goût à tout cela. Dès lors, ils en redemandent encore et encore», soutient-elle.

 

D’emblée, elle nous avoue qu’heureusement durant ses quinze ans de carrière, elle n’a jamais eu à faire face à de telles situations impliquant des membres de son personnel et des étudiants. Entre-temps, ces «prédateurs sexuels», comme le dit Virginie Bissesur Corsinie, continuent à sévir.

 

Quelques chiffres

 

Les statistiques et autres études faisant état des cas de pédophilie recensés ne sont pas communs. Toutefois, dans une réponse parlementaire au député de l’opposition Kavi Ramano en date du 16 avril dernier, le Premier ministre devait préciser certains faits.

Notamment, que ces cinq dernières années 409 personnes ont été trouvées coupables de maltraitance envers des enfants, sur 581 cas portés en cour. 16 des personnes incriminées se trouvent être des récidivistes, ayant été précédemment condamnés pour une offense similaire.

 

Dans la même réponse parlementaire, le Premier ministre Navin Ramgoolam avait mentionné d’autres chiffres concernant les cas de maltraitance rapportés sous le Criminal Code Act et le Child Protection Act, toujours entre 2008 et 2013. Entre avril et décembre 2008, 601 cas avaient été rapportés, 601 pour l’année 2009, 653 en 2010, 685 en 2011, 676 en 2012 et, enfin, 237 cas entre janvier et avril 2013.

 

Bien que ces chiffres démontrent une hausse des abus commis contre les enfants à Maurice, ces délits ne concernent pas uniquement les sévices de nature sexuelle, mais aussi les infanticides, avortements, l’abandon ou encore le trafic d’enfants, entre autres. Ces chiffres ne permettent pas de jauger précisément l’ampleur de la pédophilie à Maurice.

 

Entre ce qui est connu et rendu public, il y demeure tous ces cas qui ne trouvent aucune résonance parce que le sujet demeure tabou.

Publicité