Publicité
Peau neuve
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Ayant bouclé deux ans de son mandat, le Premier ministre pourrait être tenté de revoir la composition de son équipe ministérielle. Il peut maintenant rebattre les cartes en tenant compte des performances de ses ministres. Toutefois, rien n?est confirmé même si le microcosme politique évoque depuis longtemps la possibilité d?un remaniement après le périple chinois de Navin Ramgoolam.
La conjoncture est bonne pour le chef du gouvernement. Il jouit d?une position relativement forte après le budget, ce qui le met à l?abri des pressions des lobbyistes de tous acabits. Aussi, comme il n?y a aucune affaire pressante qui le préoccupe en ce moment, il peut redistribuer les portefeuilles et ensuite gérer sereinement les conséquences de ses choix.
Il est vrai que la montagne peut accoucher d?une souris. Même s?il avait initialement envisagé un remaniement de grande ampleur, le Premier ministre peut finalement se contenter d?un remue-ménage technique parce qu?il n?a pas osé secouer le cocotier. Dans notre histoire politique, aucun chef de gouvernement n?a osé révoquer un ministre pour cause d?incompétence. Personne n?a voulu affronter le courroux des sociétés socioreligieuses et des ?pa-tous-nou-bann?. Les seuls ministres qui ont eu à démissionner jusqu?ici sont ceux qui ont été au centre d?un scandale quelconque. Navin Ramgoolam peut-il briser le tabou ?
Le premier nom qui vient à l?esprit parmi les probables ministres en sursis est celui d?Etienne Sinatambou. Son bilan fait pâle figure face aux résultats laissés par l?ancien gouvernement dans le secteur des Tics. Déjà, le bureau du Premier ministre a donné des indications sur son insatisfaction par rapport à la performance du ministre. Les conseils d?administration d?organismes parapublics tombant sous sa tutelle sont interdits de réunion. Et pour corser le tout, le conseiller du Premier ministre, Jean Suzanne, l?a critiqué publiquement.
Rajesh Jeetah, semble-t-il, convoite le poste d?Etienne Sinatambou. Si le ministre de l?Industrie cherche à abandonner son poste actuel, il a tout à fait raison. Ce n?est pas nécessaire de commander un audit de ses insuffisances à ce ministère pour comprendre les dégâts que peut causer son acharnement aveugle. Son passif est lourd après l?échec de l?importation du lait Amul et la fermeture de Desbro.
Au-delà des permutations, il se pourrait que le Premier ministre opte pour le vrai changement en octroyant une promotion aux backbenchers ambitieux tels que Nita Deerpalsingh, Suren Dayal et Lormus Bundhoo. Quant aux députés qui s?agitaient beaucoup au début, ils ont fini par trouver d?autres compensations, notamment en se faisant désigner conseils légaux des corps parapublics.
Le Premier ministre a la latitude de porter à 24 le nombre des ministres, alors que le gouvernement en compte 19 actuellement. C?est une disposition qui donne de l?espoir au persévérant Maurice Allet. Après tout, un remaniement vise-t-il un meilleur rendement ou simplement à récompenser les fidèles ?
Publicité
Publicité
Les plus récents