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Peace and love connection
Chantre de la paix universelle, Negro Pou Lavi revient avec un quatrième album intitulé Shalom. Disponible à partir de la semaine prochaine, il signale l?évolution du hip-hop et de la soul à Maurice. Le trio se produira en concert avec Cassiya, le 29 novembre à La Citadelle. Rendez-vous à la page 39 pour gagner 50 places pour ce concert.
Mobilisation générale. Le bruit des bottes en Irak irrite plus d?une oreille musicale. Du côté de Tranquebar, le trio Negro Pou Lavi ne fait pas mystère de ses influences importées des States. Soul ?T, Lin et Know Me revendiquent leur appartenance au mouvement hip-hop et soul. Nagent dans des survêts. Foulent le coaltar du bout de leurs baskets flashy. Un look peaufiné à coup de lourds colliers de rappeur. Mais pour les neurones à l?abri sous les casquettes à l?envers, cette prise d?armes est contre-nature. « Mo en plein dan kiltir amérikin, mé mo kont lager. » A sa manière, Negro Pou Lavi choisit de faire usage de la force. Celle des mots pour célébrer l?essence de la vie. Enrôlés au profit de la paix, Soul-T, Lin et Know Me sortent un quatrième album. Intitulé Shalom, il sera disponible à Rs 180 à partir de la semaine prochaine.
La paix. Avant de s?intéresser au monde, mettons d?abord de l?ordre chez soi. Mi-2003, des turbulences secouent le groupe.
Negro, l?un des membres fondateurs claque la porte du groupe. Avec le recul, quelques jours avant la sortie de Shalom, Soul-T a retrouvé la paix de l?âme. «Negro est parti. Je n?ai aucune intention de lui jeter de la boue.» Avant de pointer en direction des complices de l?ombre : J-Wel, Ben-J, Stevie, Can-D, «qui soutiennent le groupe depuis le début.»
Un leader doit savoir déléguer. Avant de trancher. En prélude à l?accalmie de ces jours-ci, Negro Pou Lavi a aussi été touché par le départ de Gérard Louis de Cassiya. «C?est lui qui nous a ouvert la porte de Cassiya Productions.» Pour Soul-T, la paix c?est aussi une question de fidélité. «Cela fait trois ans que nous faisons la route avec Cassiya.» Comme l?attestent les nombreuses premières parties de spectacle-à St Gilles ou à la Citadelle-confiées à Negro Pou Lavi par la formation de Cassis. «Suite au départ de Gérard, le choix logique, celui que tout le monde attendait, c?est que Negro Pou Lavi quitte Cassiya Productions pour Geda Music. Nous avons choisi de rester chez Cassiya par fidélité artistique.»
Le principe a un prix. Shalom, dont la sortie était initialement prévue pour juillet 2003 est remisé le temps de prendre de nouvelles marques. En contrepartie, le nouveau leader du côté de Cassis a l?idée de poser sa touche séga sur le hip-hop de ses protégés. D?où le featuring de Désiré François sur Boombayé. «La souffrance humaine, il connaît pour l?avoir tant chanté.»
Une convergence vocale que le public aura l?occasion de retrouver en live la semaine prochaine à la Citadelle. A partir de 19 heures, le samedi 29 novembre, Negro Pou Lavi et Cassiya seront sur scène pour présenter leurs nouveaux albums respectifs. Les billets, à Rs 100 sont disponibles chez Mc Donald?s, Power Music Shop, Club Collection et les salons de coiffure Jacques Dessange. Avant de mettre le cap le 5 et le 20 décembre, sur la Réunion et le 13 décembre pour Mayotte.
<B>Shalom : harmonies pacifiques</B>
Après Boom Explosion sorti en 2001, voici venue la paix des braves. Album à slogan : «Lévé, Dibouté, Ediké». Shalom dévie du sentier de la guerre - au divertissement pur - pour adopter la tactique des valeurs essentielles : la paix, «la familia mauriciana,» l?amour, l?éducation. Explorant davantage la palette du «reggae love vibration» en plus du créneau hip-hop et soul, Negro Pou Lavi livre onze titres qui n?ont rien à voir avec l?esprit de l?album précédent, tant la conscience musicale du groupe a évoluée. En plus des références incontournables : Tupac Shakur et Bob Marley, Soul T reconnaît : «En étant qu?animateur sur Radio One, je suis exposé à plus de styles qu?auparavant.»
Plume majoritaire du groupe, avec six textes, il s?essaye d?abord aux louanges ?cuméniques, sur Shalom la chanson-titre placée en ouverture de l?album. Et puisqu?il invoque -avec Lin et Know Me- la paix pour tous, c?est également sur ce morceau que l?on retrouve toutes les autres voix qui colorent tour à tour l?album : Désiré François, les ch?urs assurés par Sandra Mayotte, Gérard Louis, Nadine Thiboudois, les complices J-Wel et Ben-J, des habitués de What?s Up What?s Up sur Radio One.
Les présentations faites, Negro Pou Lavi entre dans le vif du sujet. Le beat devient street. Boombayé, le deuxième morceau affiche ses couleurs afro. L?habillage de l?album n?est-il pas à dominance rouge, vert, jaune et noir, le quadricolore rasta. Jouant allégrement sur le featuring de Désiré François, Boombayé, avec ses allures d?incantation, de chant guerrier reprend un thème récurrent de la chanson locale : l?esclavage. Au point où cette évocation de la souffrance humaine fait immanquablement écho au tube de Cassiya : Le Morne. La précision est de taille, Shalom est le deuxième album de Negro Pou Lavi à sortir sous le label Cassiya Productions. Le recours à l?essentiel se vérifie aussi avec la version hip-hop de La Rivière Tanier, sous le titre Know Me Acapella.
Pour ce qui est des ingrédients soul, le catalyseur d?émotions est sans conteste Linley Ramane. Sa touchante expressivité vocale est poussée au maximum sur Mama I Love You-qui s?achève sur un bisou- la déclaration sans détour de Love You et sa trouvaille alimentaire : «Tu es aussi craquante que des cornflakes.» Que dire de la reprise de Adieu Mon Amour dont l?intro est soutenue par le violon saigné à blanc de Wendy Armoogum. Note mélancolique et légèrement pétrifiante pour un album où figurent les noms de quatre arrangeurs : Gérard Louis, Patrick Antoine, Rovy Armoogum et Christophe Serret.
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