Publicité
Pauvreté : Sithanen souhaite des positions harmonisées
Par
Partager cet article
Pauvreté : Sithanen souhaite des positions harmonisées
«Harmonisons nos positions pour combattre la pauvreté», affirme Rama Sithanen. «Il faut la solidarité pour combattre la pauvreté», réplique Navin Ramgoolam.
Non ce n?était pas un dialogue de sourds mais hier, à Rivière-Noire, on a parlé ciblage sans mentionner le mot. Et personne ne s?est fâché. Il n?est pas clair si le Premier ministre et son ministre des Finances ont voulu s?envoyer des messages à travers leurs discours respectifs axés sur le combat contre la pauvreté, mais ils étaient assis côte à côte et ils ont gardé le sourire tout le long. C?était à l?occasion d?une cérémonie de lancement d?un projet de donation d?équipements à 44 écoles pré-primaires des régions défavorisées.
Si les discours sont similaires dans le fond, c?est la forme qui diffère, probablement à l?image de leur mésentente sur la question.
<B>Succès économique insuffisant</B>
Le ministre des Finances, Rama Sithanen, a profité de l?occasion pour lancer un ultime appel «à tous ceux concernés» pour qu?ils «harmonisent leurs positions» par rapport à la politique de réduction de la pauvreté, d?autant que la réforme économique a porté ses fruits. Car la volonté politique est là, assure-t-il. S?il n?a pas précisé la méthode qu?il préconise, elle est cependant connue de tous : le ciblage.
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, intervenu juste après, a répliqué que le succès économique d?un pays n?était pas suffisant et qu?il devait s?allier à la justice sociale. Il a insisté sur la solidarité nationale sur ce problème précis.
Si Rama Sithanen s?est longuement attardé sur le fait que le problème de la pauvreté pouvait être facilement résolu si seulement l?on se mettait d?accord sur la façon de le faire, le Premier ministre a choisi d?appeler cette méthode ? puisqu?elle n?a pas été énoncée ? qu?utilisera le gouvernement pour combattre la pauvreté : «la solidarité». Solidarité que ceux qui ont de l?argent devraient avoir envers ceux qui n?ont pas eu la même chance. C?est peut-être un indice à la position qu?il adoptera sur cette affaire.
«La pauvreté à Maurice n?est pas un grand problème parce qu?il n?y a que 8 % de la population qui est pauvre, comparé à 92 % au Nigeria, 12 % en Angleterre et 14 % aux Etats-Unis», affirme Rama Sithanen. Ce qui correspond à 26 000 familles sur les 330 000. Résoudre ce problème, selon le ministre des Finances serait facile ? il estime que cela peut se faire d?ici une dizaine d?années ? «mais il suffit de bien se servir des ressources à notre disposition et d?harmoniser nos positions». Il ajoute que «nous avons une responsabilité morale, sociale et économique d?éradiquer la pauvreté». (A noter qu?à un moment, il a déclaré que « olie sakenn met lak dan lipie so kamarad, anou harmoniz nou pozisyon».)
Rama Sithanen justifie aussi qu?on parle autant de réduction de la pauvreté maintenant par le fait que « l?économie était malade et nous l?avons réparée. Aujourd?hui tous les clignotants économiques sont positifs à part le fait que les prix augmentent au niveau international. Et nous avons la responsabilité de partager».
Le Premier ministre, lui, prend la peine de préciser dès le début de son allocution que «je parlais plus tôt avec le ministre des Finances, mon ami Rama parce que je savais qu?il allait parler de l?économie mais l?économie seule n?est pas suffisante. Ce n?est pas assez de parler de succès économique car il nous faut aussi parler de justice sociale et de solidarité nationale parce qu?il faut absolument être solidaires des plus faibles. Sans ces facteurs, il n?y a pas de succès économique».
<B>«Ceux qui parlent de castes?»</B>
Le Premier ministre affirme que la politique de son gouvernement ira dans ce sens : aider ceux au bas de l?échelle, empower les défavorisés pour qu?ils puissent se prendre en charge, en les formant et en leur donnant du travail, et éduquer les enfants en les prenant en charge dès le plus jeune âge. «Nous voulons aider les pauvres mais nous ne voulons pas non plus créer une nation d?assistés.» Un de ses objectifs, dit-il, c?est que d?ici 2015, «chaque Mauricien ait un toit». Mais Navin Ramgoolam ne réplique à aucun moment à Sithanen, ni ne commente sur ce besoin «d?harmoniser les positions». Il préfère insister sur le terme «solidarité». Interrogé par la presse plus tard, le PM ne fait que dire qu?il «est bien important de travailler ensemble».
Autre ambiguïté : il n?est pas clair si c?est une pique à la députée Nita Deerpalsing (qui n?était par ailleurs pas présente) mais le Premier ministre a aussi dit par rapport à la pauvreté que «ceux qui parlent de communautés ou de castes, c?est qu?ils n?ont rien compris». En cela, il rejoint le ministre des Finances qui disait plus tôt que le combat contre la pauvreté était aussi bien la responsabilité du secteur privé et des organisations non-gouvernementales que du gouvernement. Solidarité ?
Publicité
Publicité
Les plus récents