Publicité

Patrimoine : une volonté à l?épreuve du temps

14 août 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Protéger le patrimoine culturel et historique mauricien, le rénover, préserver le passé pour le futur. Une lourde tâche qu?accomplit petit à petit le National Heritage Fund, une institution jeune mais qui ne manque pas d?ambition.

Pour le NHF, l?expérience apportée par ses homologues ailleurs est une aide précieuse. Ainsi, lorsqu?un spécialiste en matière de patrimoine est de passage à Maurice, le NHF se doit de bénéficier de ses précieux conseils.

Le Dr Alistair Ward, de l?English Heritage, était en effet en vacances à Maurice la semaine dernière et a accepté, avec enthousiasme, de venir discuter avec les dirigeants du NHF, ainsi qu?à donner une mini-conférence, au pied levé, sur le travail effectué en Angleterre.

Il s?est principalement attardé sur le mode de fonctionnement du listing des bâtiments à valeur historique et architecturale. La Grande-Bretagne en compte en effet 400 000 et chacun d?eux est strictement protégé et préservé.

<B>Une longueet difficile mission</B>

À Maurice, l?on ne dénombre que 200 sites patrimoniaux, qu?ils soient bâtiment, lieu historique, réserve naturelle. Cependant ce nombre pourrait augmenter d?une dizaine chaque année, à mesure que le NHF progressera dans sa tâche. Créé il y a moins d?un an, le NHF est né de la fusion du National Heritage Trust Fund et du National Monument Board, un cadre légal qui offrait de nouvelles libertés à la préservation du patrimoine.

Mais si longue et difficile soit la mission du NHF, les moyens manquent pour avancer rapidement, tout en sachant pourtant qu?une importante partie de notre patrimoine est menacée.

Problème auquel répond ainsi le Dr Musleem Jumeer, directeur de l?institution, « nous manquons certes de ressources, mais pas d?intérêt ».

Le NHF a de nombreux projets de préservation en cours. Des tâches importantes, tant sur le plan national qu?international. Six de ces projets ont même été confiés à l?expertise de l?Unesco et l?on attend que deux de nos sites historiques, Le Morne et l?Aapravasi Ghat, soient classés au rang de patrimoine mondial.

<B>Faire revivre les témoins de notre histoire</B>

Outre son budget et ses ressources humaines, Maurice, fort de son passé de colonie, peut ainsi compter sur l?appui d?institutions étrangères.

En effet, des experts venus d?Amérique, d?Inde, des Pays Bas ou d?Angleterre, travaillent à Maurice en collaboration avec le NHF et les chercheurs et les historiens mauriciens, comme sur le site de l?île de la Passe, à Vieux Grand-Port. Là, des équipes mettent au jour les installations et le mode de vie des premiers habitants.

Grâce à ses appuis internationaux, nombre de projets de rénovation verront le jour, et de plus en plus, à mesure que l?institution mauricienne grandira et décuplera ses moyens.

Il ne s?agira pas exclusivement de garder le patrimoine tel qu?il était jadis, mais de le mettre à la portée du plus grand nombre, de faire revivre ces témoins immobiles qui ont façonné l?histoire.

Cité par le Dr Ward, le musée l?Aventure du Sucre est un parfait exemple de la juste alliance qui peut exister entre le passé et le moderne, où comment combiner le désir du progrès avec la nécessité du souvenir.

Mais malgré tous ces efforts et l?appui des techniques modernes, reste l?immuable passage du temps contre lequel on ne peut lutter. Qui aurait pu prévoir la destruction partielle, mais alarmante, de la gare Victoria, et ce, alors même que le NHF et la mairie de Port Louis s?apprêtaient à la rénover ?

« Beaucoup de choses disparaissent mais nous faisons en sorte de minimiser les pertes au maximum. Nous avons la volonté de bien faire », ajoute le Dr Jumeer.

Le NHF mise également beaucoup sur la sensibilisation. « Nous travaillons aussi d?après le public », précise à ce sujet le directeur du NHF. La population doit se rendre compte de l?importance de la préservation du patrimoine. L?édu-cation est l?une des étapes les plus importantes dans la protection du patrimoine.

« Je vous citerai en exemple le cas du jardin de Plaine-Verte. Ce sont les habitants de ce quartier de Port Louis qui nous ont écrit pour nous demander de rénover le jardin, non pas pour leur bien-être actuel, mais parce que ce jardin évoque l?époque française et qu?il est important de le préserver pour le futur », explique le Dr Jumeer.

En effet, protéger le patrimoine d?hier, c?est aussi léguer un précieux héritage à nos descendants. Les générations à venir devront voir ces traces du passé pour mieux comprendre leur histoire, leur pays. L?on dit souvent qu?une ville ou un lieu historique ont une âme. À charge pour nous de ne pas l?effacer.

Publicité