Publicité

Patrick Rivalland président de l?Association of Mauritian Manufacturers

15 avril 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● <B> Vous aviez évoqué lors de votre dernière assemblée générale, une certaine perception des relations entre le gouvernement et les entreprises industrielles locales. Qu?en est-il aujourd?hui ?</B>

Nos relations avec le gouvernement ont toujours été excellentes. Nous avions sensibilisé le public aux défis à venir. Le gouvernement a mis en place une task force pour analyser les problèmes de l?industrie locale. Cette task force s?est réunie trois fois déjà, sous la coprésidence d?Amédée Darga, président d?Enterprise Mauritius et de Mahmood Cheeroo, secrétaire général de la Chambre de commerce. Le ministre Rajesh Jeetah nous a apporté tout son soutien pour résoudre nos problèmes. Nous travaillons ensemble pour mettre en place un cadre de concertation «Association des manufacturiers mauriciens-ministère de l?Industrie» très bientôt.

● <B>Cette amélioration dans vos relations avec le gouvernement a-t-elle quelque chose à voir avec le retour de la State Trading Corporation (STC) vers «Les Moulins de La Concorde» (LMLC) ?</B>

Non. C?est beaucoup plus la raison évidente du recul de la Chine et autres, qui a permis à LMLC d?avoir ce marché. Le ministre voyait un gain à court terme pour l?Etat. Mais c?est très dangereux de privilégier les produits importés au détriment des industries locales. Nous espérons que ce revirement servira de leçon pour les situations à venir.

● <B>Quel avenir pour l?industrie locale ?</B>

L?industrie locale peut-être divisée en plusieurs sous-secteurs : l?alimentation, les produits chimiques, cosmétiques, métal, plastique, imprimerie, etc. A ce titre, ils ont chacun leurs propres spécificités ; mais disons que les deux grands problèmes auxquels fait face l?industrie locale sont le dumping et le level playing field entre les produits locaux et importés. L?industrie locale se porterait mieux une fois ces problèmes résolus. L?éventuelle baisse des tarifs mettrait en danger certains sous-secteurs alors que d?autres seront un peu moins affectés. De plus, la politique gouvernementale par rapport à l?industrie locale n?est pas très claire.

● <B>La roupie s?est considérablement apprécié et les industries locales en tirent profit. Pourquoi ne baissent-elles pas les prix de leurs produits ?</B>

C?est vrai que nous importons des matières premières en devises. Le dollar a chuté mais il ne faut pas oublier que les prix des matières premières et certaines de nos charges, telle l?électricité, ont considérablement augmenté. Je dirai que l?appréciation de la roupie nous a permis de maintenir le niveau de nos prix.

● <B>Quelles sont vos recommandations à l?intention des gouvernants ?</B>

Nous devons faire très attention. Chaque pays a besoin d?une industrie locale et Maurice n?est pas une exception. Il faut tout mettre en ?uvre pour protéger notre industrie.. Surtout qu?elle emploie quelque 54 000 personnes, soit 11 % de la main-d??uvre locale. Le gouvernement veut accélérer le processus de libéralisation alors que les réformes nécessaires pour permettre aux entreprises locales de se battre avec les armes appropriées n?ont toujours pas été faites. Il y a de grosses anomalies qui pénalisent les produits locaux. Le problème du dumping est aussi bien réel. Mettons d?abord en place l?encadrement nécessaire avant de parler de libéralisation.

● <B> Pourquoi consommer mauricien ?</B>

Les produits mauriciens ont beaucoup d?atouts qui se trouvent dans la qualité et la fraîcheur. Favoriser les produits mauriciens est aussi synonyme de favoriser la création d?emplois.

<I>Propos recueillis par</I> <B>Fidèle HONVOU</B>

Publicité