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Patrick Poivre d’Arvor : “La littérature mauricienne émergera d’elle-même”
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Patrick Poivre d’Arvor : “La littérature mauricienne émergera d’elle-même”
Rencontrer “Poivre”, c’est donner du piquant à son quotidien. Le petit écran se dilate, libère l’homme tronc du JT de 20 heures de TF1. Change le rictus de la marionnette des Guignols de l’info, sur Canal+, en sourire engageant.
Celui d’un homme mince et beaucoup plus grand qu’on ne l’imaginait. En sueur dans son t-shirt, “j’ai fait de la boxe, c’est la première fois que j’en fais”, Patrick Poivre d’Arvor (PPDA) s’occupe de nous mettre à l’aise dans le lobby du Saint-Géran. “Vous avez quel âge ? C’est votre premier job ?”
Serrer la main au présentateur vedette, c’est se mettre sous le feu d’un regard aussi vert que bleu. Sens critique du journaliste de carrière. Finesse de l’écrivain qui parle de son dernier prix, celui de l’Ancre Marine, décerné en décembre 2004 à son frère Olivier et à lui-même pour leurs “histoires de pirates et de corsaires”, avec une étonnante désinvolture.
Celle d’un auteur “qui sait que dans le domaine de la littérature, il faut savoir ce que l’on vaut”.
Surtout ne pas s’y fier. Fou de voyage. Avide de mettre les pieds dans tous les types d’univers – n’était-il pas à Banda Aceh, zone martyre du tsunami et au camp de concentration d’Austwitz – PPDA est un membre de jury averti.
Toujours à l’affût de l’actualité
Sa connaissance de la littérature mauricienne en est la preuve mathématique. Il parle de son projet de visiter Saint-Brandon avec son “ami” Jean Marie Leclézio, mais “qui a été repoussé”.
Le présentateur se souvient sans peine avoir reçu Carl de Souza sur son plateau, en 1996, pour parler de La Maison qui marchait vers le large. Toujours à l’affût de l’actualité.
PPDA nous impressionne en affirmant avoir lu le dernier roman de Shenaz Patel, Le silence des Chagos, sorti au début du mois. “D’ailleurs je voudrais lui signaler qu’elle a une très bonne critique dans le magazine Lire que j’ai lu dans l’avion. Je suis très content pour elle.”
Après avoir précisé qu’il “connaissait Vinod Rughoonundun mais pas Barlen Pyamootoo”, lui aussi associé à l’événement, PPDA est d’avis que l’émergence de la littérature mauricienne auprès des lecteurs francophones “est en train de se faire d’elle-même. C’est vrai que les projecteurs sont davantage braqués sur les Caraïbes mais la qualité des auteurs de Maurice fait le reste, les maisons d’édition aussi. Ils sont chez L’olivier, au Seuil, au Serpent à Plumes. C’est un signe. C’est d’ailleurs comme ça que je reçois les bouquins.”
Touché par l’écriture des “gens sincères, engagés, ceux qui prennent des risques”, PPDA se qualifie lui-même “d’auteur romanesque qui fait dans l’introspection”. L’œil attendri, les mains souvent en mouvement, l’auteur nous livre sa part de rêve. “Quand j’étais petit, j’étais fasciné par l’idée romantique de l’écrivain. Je voulais être diplomate-écrivain. J’ai fait des études de droit et de langues orientales. J’ai appris le russe et le serbo-croate pour devenir diplomate.”
Mais un concours pour jeunes reporters, organisé par France Inter, en décide autrement. PPDA présente un reportage sur Maurice et rafle le prix. Une distinction rangée aux côtés d’une série de récompenses littéraires – il compte six romans à son actif – dont le Prix Interallié en 2001 pour L’Irrésolu.
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