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Patrick Fabien répond à Eshan Abdool Rahman
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Patrick Fabien répond à Eshan Abdool Rahman
À la suite de la mise au point de M. Eshan Abdool Rahman à l?entrevue que j?ai donnée dans l?express dimanche du 13 juin 2004, je reconnais que le gouvernement a dépensé Rs 24 m sur Rs 32 m, dans le budget 2003-04. Mais n?oublions pas que le budget ZEP a été voté à l?Assemblée en 2002-03 et qu?alors, seulement Rs 75 000 sur Rs 32 m auraient été dépensées. (Voir l?express du 17 mars 04 et Le Mauricien du 28 avril 04).
Par ailleurs, je reconnais que pour le projet informatique à l?école Espitalier-Noël, les trois ordinateurs ont été donnés dès le début du projet. Mais quel début ! ll fut suivi d?une longue attente pour que deux prises électriques soient installées pour les faire marcher. Je reconnais que c?est le secteur privé qui paie les Liaisons Officers mais il n?y en a que deux sur 27 pour l?instant et toujours pas à Mangalkhan.
C?est vrai qu?à l?école Espitalier-Noël, une vraie synergie s?est installée entre les parents, le secteur privé, le ministère et le maître d?école, depuis l?arrivée de ce dernier, l?an dernier. Je m?en réjouis.
Pour avoir été partie prenante de l?expérience de l?école Espitalier-Noël avec les parents de 1997-99, je sais que ce n?est pas par un coup de baguette magique qu?on réduit les échecs cumulés pendant 30 ans. Mais est-ce vraiment une priorité du gouvernement ? Peut-on dire aux parents qu?en dépensant
Rs 24 m pour acheter du pain, pour peindre des bâtiments et accorder une allocation aux instituteurs, on réduira le pourcentage d?échecs scolaires ? Pourquoi n?y a-t-il que 2 ou 3 Liaison Officers sur les 27 écoles ZEP ? Pourquoi y a-t-il un manque de suivi dans les projets ? Un exemple : après avoir lancé le projet Literacy and Numeracy, le responsable est muté à la PSSA.
Pour combattre l?illettrisme, la solution est dans un lourd investissement financier dans les ressources humaines et la pédagogie. Mais, quelle part a été investie dans la formation des maîtres d?école et des instituteurs ? Car, il s?agit d?apprendre comment développer un regard valorisant sur l?enfant, sur son environnement et corriger le regard méprisant ou paternaliste souvent rapporté.
Puisque vous parlez d?innovation pédagogique M. Abdool Rahman, en quoi l?approche des instituteurs dans une école ZEP diffère-t-elle de celle d?une Five Star School ? Ce n?est pas du jour au lendemain qu?on passe d?un apprentissage centré sur le manuel, l?examen et la compétition à celui centré sur l?enfant, ses besoins, ses intérêts et avancer à son rythme dans son environnement.
De plus, ce ne sont pas des Parents Mediators, ayant des qualifications supérieures, qui sont les plus à même d?accompagner parents, familles et enfants, mais ceux qui connaissent le terrain et aiment les enfants. L?accompagnement est un travail de présence, de patience et de proximité et non un exercice administratif. A-t-on pris les moyens adéquats pour sortir 13 000 à 15 000 élèves chaque année de l?illettrisme ? C?est le message contenu dans mon entrevue M. Abdool Rahman.
Patrick Fabien, Prêtre
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