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Pascal a la fibre dans le sang
«Je crois que si je n?avais pas passé quelques années de ma vie dans le scoutisme où j?ai surtout appris la débrouillardise, je crois que mon esprit ne se serait jamais ouvert à l?art », affirme Pascal Rabaye, 28 ans.
Il y a dix ans, il entend parler d?un coopérant français qui donne des cours de dessin et de sculpture à l?atelier Mongelard à Moka. Comme, il commence à s?intéresser à l?art, il s?inscrit à ces cours. Bien lui en prend car il en fait son métier : il devient ainsi décorateur dans les hôtels et gagne bien sa vie. Aujourd?hui, il s?est mis à son compte.
Pour les derniers Jeux des Iles, il a été sollicité pour réaliser une ?uvre en fibre de verre ainsi qu?une énorme lampe de Divali qui a été placée sur le front de mer.
« Je ne cesserais jamais de remercier ce Français qui m?a inculqué cet amour de la sculpture. Si aujourd?hui j?ai pu me faire un nom, c?est en majeure partie grâce à lui. J?ai d?abord commencé à travailler dans les hôtels. Je sculptais des statuettes pour décorer les buffets tels que des Bouddha, des danseurs de séga et des bustes de personnages connus dans du polystyrène. Chaque semaine, il y avait un thème différent, créole, chinois, indien, italien et il fallait créer des accessoires de décoration en rapport. Je suis resté comme ça un certain nombre d?années et un beau jour, je me suis dit qu?il était temps d?arrêter de travailler pour les autres. Et du jour au lendemain, j?ai franchi le pas. Au début, c?était un peu dur, car j?avais du mal à me faire une clientèle. Les hôtels continuaient à me donner du travail. La popularité est venue plus tard, grâce à beaucoup d?efforts, de sacrifices et de persévérance », explique-t-il. Pascal se souvient surtout de ces longues heures passées à sculpter la glace. « C?était pénible car il fallait travailler dans une chambre froide. Nous devions sortir toutes les demi-heures pour nous réchauffer au soleil avant de continuer notre ?uvre. C?est ce que je détestais le plus car une fois que je délaisse mon travail, je n?ai plus la même inspiration pour recommencer. Mais nous n?avions pas le choix ! »
Dans la petite cité ouvrière de Bel-Air-Rivière-Sèche où il vit avec sa femme et ses trois enfants, il dirige une petite équipe de jeunes qui exécutent des pièces en fibre de verre pour les voitures. « Comme pour les travaux de sculpture, il faut d?abord réaliser un moule en bois, en métal ou en polystyrène avant de pouvoir couler la fibre de verre liquide. Pour d?autres travaux en trois dimensions, il faut d?abord réaliser une sculpture en bois ou en polystyrène avant de pouvoir mouler la fibre. C?est ce moule qui va être utilisé pour l?exécution en série d?une même pièce. Parfois, la fibre est utilisée pour renforcer une ?uvre en polystyrène. Je l?achète sous forme de bloc de deux mètres de haut. Parfois un bloc suffit pour réaliser une ?uvre mais pour les grosses pièces, il en faut plusieurs que je colle ensemble. »
Parmi ses ?uvres, on découvre les détails parfaits du corps d?un lion couché, des chérubins portant des vases, des cariatides, des pièces géantes de jeux d?échecs, des bustes, des statuettes et surtout une pièce qui attire notre attention : un homard avec d?énormes pinces en polystyrène. « Je l?avais faite pour moi, mais il y a tellement de clients qui ont voulu l?acheter que j?ai fait un moule pour pouvoir « cloner » le crustacé à l?infini », explique-t-il en souriant. Il est souvent sollicité par les boutiques de mode pour réaliser des mannequins en fibre de verre. Mais le plus étonnant, c?est que Pascal n?utilise pour tout outil qu?un petit couteau et du papier de verre.
Il faut compter entre Rs 3 500 et Rs 5 000 pour une sculpture et prévoir un délai de deux semaines selon les commandes. Tél. : 419.25.17.
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