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Pascal Bosquet, l?enfant béni de Malcolm de Chazal

7 mars 2004, 20:00

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C?ETAIT au Café du Vieux Conseil à Port-Louis, le vendredi 27 février 2004. La présidente de la Fondation Malcolm de Chazal, Liliane Berthelot, a remis un chèque de Rs 10 000 au lauréat de son concours de logo, le Mauricien Pascal Bosquet, graphiste de profession, établi à Lausanne, en Suisse.

La présidente devait souligner la sobriété de ?son travail, de très bon goût. Il nous a fait cadeau d?un CD avec la manière de disposer de son logo pour le papier à en-tête, la carte de visite?? Son petit manuel d?identité visuelle montre deux versions du logotype, pour deux tailles d?utilisation : une mise en situation du logotype couleur et noir-blanc ainsi que divers projets pour la carte de visite de la présidente. Les caractéristiques chazaliennes y sont la fleur, le rose, et le noir.

Le plus gros cadeau fait à la fondation est un album de cinq superbes peintures inédites du peintre, poète, romancier, et philosophe mauricien, reproduites par le lauréat. Elles lui furent dédicacées bébé : ?A mon petit Pascal Bosquet au visage charmant ; à Heidi et Pascal Bosquet Mille amitiés M de Chazal.? Une autre surprise, totalement imprévisible, devait nous pousser à rencontrer Pascal Bosquet, à l?hôtel La Pirogue, à Flic-en-Flac, où il était en vacances.

Le dernier document de l?album est une photographie, la plus révélatrice qui soit, des relations de Malcolm avec l?enfance. Lui qui soufflait à tout vent, que seuls les enfants ? hormis les femmes ? comprendraient son ?uvre. On y voit Pascal à neuf mois, dans les bras d?un Malcolm qui le dévore de l??il, en présence de sa mère, Heidi, une Suissesse. Ce même Malcolm, qui, contrairement à l?accoutumée, se laisse photographier. Sans aucune tentative de s?abriter, ou de pester contre le voleur d?âme. Car c?est ainsi qu?il concevait le photographe.

Doit-on s?étonner que 30 ans après, dans le sillage de la célébration du centenaire de la naissance du visionnaire, le jeune homme, parti à 12 ans, participe au concours de la Fondation Malcolm de Chazal, et en soit le lauréat ? La réponse est dans les étoiles, sinon dans l?occulte. Manque, toutefois, une clé : la genèse de la photographie que nous nommons Le Mage à l?Enfant. Jean-Clarel Bosquet, père du bébé, était alors assistant-directeur du Morne Brabant. C?est lui qui, revenu au pays, après des décennies passées en Suisse, envoie à son fils l?encart du concours paru dans la presse mauricienne.

Pascal Bosquet, le béni, est un jeune homme de 30 ans, spécialisé dans le graphisme. Associé à un collègue suisse, ils ont leur propre atelier de graphisme spécialisé dans la marque, le Essence Contemporary Branding. Ils totalisent un personnel de six employés. Pascal y exerce ?avec passion?, son métier de Creative Director.

Un imaginaire malléable

N?a-t-il pas grandi dans l?image ? Et quelles images ! Entouré des tableaux de Malcolm de Chazal ! Tant à Maurice qu?à Lausanne. Où trônent les cinq peintures dédicacées. De quoi nourrir de féerie un imaginaire malléable.?J?ai toujours aimé dessiner, faire des croquis, des tableaux naïfs?, raconte ce jeune homme sûr de lui, à la voie toute tracée. ?Mais de Malcolm, je ne connais que l?image?, avoue-t-il. ?Je n?ai lu aucun de ses livres. Un paradoxe, c?est ma copine, anthropologue, qui étudie l?île Maurice, qui me fait découvrir son écriture. Elle me dit qu?elle est difficile à lire ? pour moi.?

Pour revenir au logo, il fallait symboliser une ?uvre du peintre. ?Il est vrai, dira le graphiste, que je reviens au pays chaque année. C?est comme si je le connaissais bien sans le connaître. Mais, si ses peintures sont dans des hôtels, il n?y a pas de musée, pas d?images en librairie.? Si l?on veut s?inspirer de la véritable imagerie chazalienne, celle-ci se limite aux ?cartes postales trop clichés : dodos, ananas? C?est tout ce qu?offre le marché?. Pascal Bosquet devra revenir vers les cinq icônes.

C?était écrit !

?De Malcolm, je ne connais que l?image. Je n?ai lu aucun de ses livres. Un paradoxe, c?est ma copine, anthropologue, qui étudie l?île Maurice, qui me fait découvrir son écriture. Elle me dit qu?elle est difficile à lire pour moi.?

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