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Pas sorti de l?auberge

2 février 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?industrie du textile-habillement envoie des signaux mitigés en ce début d?année. Ainsi, selon les prévisions de la Mauritius Commercial Bank (MCB), la zone franche qui est largement do-minée par le textile et la confection, devrait connaître un taux de croissance positif cette année. Le Bureau central des statistiques parle, lui, de stabilisation des recettes autour de Rs 35 milliards.

Cette bonne nouvelle en apparence doit toutefois être nuancée. La croissance positive qu?évoque la MCB comprend un effet statistique non négligeable après trois années successives de contraction s?accumulant à 16,2 %.

Par ailleurs, la stabilisation des recettes que préfère mettre en avant le Bureau central des statistiques est en grande partie attribuable à la forte appréciation de l?euro. Et si on devait comparer en euro, même avec les revenus générés par ce secteur ces dernières années, le tableau serait à coup sûr moins reluisant.

L?industrie du textile-habillement est plus que jamais caractérisée par l?incertitude. Les difficultés annoncées de Southern Textiles et les bruits concernant un éventuel départ d?une des dernières grandes entreprises hongkongaises témoignent de la fragilité de ce secteur.

L?exode des acheteurs américains se poursuit. Que Gap préfère quitter Maurice pour s?installer à Madagascar est de mauvais augure. Cela veut dire que pour certains importants acheteurs, l?avenir de Maurice en tant que pôle du textile-habillement est révolu.

En effet, ce que nous appelons pudiquement la restructuration et la rationalisation de l?activité textile à Maurice fera que dans deux à trois ans, il ne subsistera plus qu?un noyau dur employant entre 25 000 et 40 000 personnes seulement.

Avec une telle taille, Maurice ne se qualifiera plus pour continuer à attirer ceux qui sont à la recherche de gros volumes. On avait prédit que le départ des Hongkongais risquait d?enlever Maurice de l?écran radar des grands acheteurs. Cela se confirme tristement. Et c?est un des effets de l?abolition des quotas. Le démantèlement de l?accord multi-fibre n?a pas provoqué de bouleversement brutal et immédiat sur le marché mondial du textile-habillement. Mais il y aura inexorablement des gagnants et des perdants.

La Chine fait semblant de vouloir brider ses exportateurs pour ne pas courir le risque de mesures de rétorsion de la part des Etats-Unis et de l?Union européenne mais ce n?est pas une taxe de deux cents sur un t-shirt qui y changera quelque chose.

C?est sans doute à partir de la deuxième moitié de l?année que l?on doit s?attendre à observer véritablement les effets de l?abolition des quotas. Le temps que les acheteurs trouvent leurs marques et pour le marché de s?ajuster. De comprendre la nouvelle confi-guration avec la Chine, l?Inde et le Pakistan comme les leaders du textile mondial.

D?autres secousses sont à craindre et le pire risque de ne pas être derrière nous. On n?est pas sorti de l?auberge.

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