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Pas moi ça...

22 août 2003, 20:00

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L?ICAC passe à l?offensive. La nouvelle serait réjouissante si sa cible était les véreux et les pourris de la société. Or, tel n?est pas le cas. Ce sont ceux qui font des «allusions» sur son pouvoir d?arrestation, de détention ou d?inculpation provisoire qui sont l?objet de son courroux.

La commission pousse la farce jusqu?à menacer de poursuivre en justice ceux qui lui attribueront ces pouvoirs qu?elle n?a pas. Pourtant, elle a elle-même entretenu certaines illusions initialement. Il est vrai qu?elle reconnaît aujourd?hui, après ses nombreux revers juridiques, que ses responsabilités se limitent à l?investigation, mais sa modestie est toute nouvelle.

Le juge Bushan Domah a commenté, dans un jugement récent, les illusions de l?ICAC : «People have been subjected to long and strenuous interrogations, suspected, detained, charged and will be brought to trial under a delusion that the Police officers posted at ICAC were acting as Police officers when they were no more than officers of ICAC?»

La démarche de la commission anti-corruption de publier, au lendemain de la relaxation de Mookesshwur Choonee, un communiqué qui insiste sur la «responsabilité exclusive d?autres institutions» est inqualifiable. Ce n?est jamais très digne de vouloir faire porter le chapeau à d?autres au moment où l?on réalise que des bourdes ont été commises. Dans l?affaire qui a mené à l?arrestation de l?ancien ministre, comme dans les autres cas où des arrestations spectaculaires ont été effectuées, peut-on sérieusement prétendre que « l?ICAC n?a jamais été impliquée ?».

Il est vrai que l?aval du commissaire de police a été recherché pour chaque arrestation effectuée depuis le jugement du juge Eddy Balancy. Mais le chef de la police se fonde sur un dossier préparé par l?ICAC avant d?émettre un avis. Il est absurde d?affirmer que la responsabilité de la commission n?est pas engagée. Dans le cas Choonee, par exemple, un ministre en exercice a été arrêté, puis jeté dans une cellule policière , sur la base d?une enquête illégale menée par l?ICAC. Il serait abusif de rejeter sur la police et le parquet l?entière responsabilité de cet acte. «ICAC had no authority to conduct an enquiry which led to the present charges against the defendant», écrit le magistrat Anil Kumar Ujoodha en annulant la charge.

Ce ne sont pas les «allusions» faites par des citoyens ordinaires qui porteront atteinte à l?image de l?ICAC. Ce sont les critiques, faites semaine après semaine par le judiciaire sur le non-respect, par l?ICAC, des lois et des procédures, qui ont sérieusement écorné sa réputation.

Précisément, le problème de la commission anti-corruption, c?est qu?elle s?occupe trop de son image et pas assez de sa mission première. Ses tentatives de faire de la communication n?ont d?ailleurs pas été très heureuses. La campagne publicitaire qu?elle a commandée s?est retournée contre elle à cause d?un message ambigu.

Clairement, l?ICAC a un problème de retard à l?allumage. Elle tarde à trouver ses marques mais tout espoir n?est pas perdu sur les chances de cette institution d?évoluer dans le bon sens. On peut mettre ses erreurs initiales sur le compte d?un temps de rodage. Si elle tire les leçons des divers jugements rendus jusqu?ici, elle finira par corriger son déficit d?image non pas à travers des opérations de prestige mais en obtenant des résultats concrets.

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