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Pas de pêche miraculeuse?
Les pêcheurs le reconnaissent, c?est un des plus vieux métiers au monde. D?ailleurs, la Bible en parle. La pêche à la senne est un métier qui nourrit son homme ( et la femme aussi) quand Dame nature ne fait pas de caprices.
C?est la pleine saison. Elle a débuté le 1er mars et se terminera à la fin de l?hiver. Ils sont nombreux les pêcheurs à la senne dans la région de l?Ouest. A Pointe-aux-Sables ou au Morne en passant par Tamarin, des filets laissés sur le sable, témoignent de leur présence.
Les heures de travail d?un pêcheur à la senne ne sont pas comme celles qui pêchent à la ligne ou avec des casiers. Tout dépend de la marée. Il faut certes se lever tôt le matin, mais ce n?est pas sûr qu?on pourra prendre la mer. Il n?est pas toujours possible de pêcher à marée basse. Il y a le risque que des rochers et des coraux abîment les sennes.
Alors, les pêcheurs hissent leurs bateaux à terre et les filets sont accrochés à des arbres pour les réparations. Il faut avoir du doigté et beaucoup de dextérité pour le faire. Un débutant risque de se faire prendre dans ses propres filets.
Et c?est ainsi qu?une quinzaine de pêcheurs d?une coopérative de pêche de Tamarin ont été surpris sur une des plages publiques du Morne. La marée est basse. Ils ont installé environ 500 mètres de senne entre les filaos pour les réparer. Il faut faire vite car dans quelques heures la marée montera. Ils iront à bord de quatre bateaux au récif pour pêcher des carangues, des capitaines, des licornes et aussi des cateaux jusqu?au coucher du soleil. Mais entre-temps, il faut faire vite. Mais l?ambiance est là.
Poissons rares
Ten L?Enflé est pêcheur à la senne depuis 25 ans. C?est un métier qui marche bien, mais la mer n?est plus poissonneuse comme autrefois. Il se souvient encore que c?était pratiquement la pêche miraculeuse. Mais actuellement c?est toujours mieux que rien.
Il y a probablement une explication. Louis L?Enflé, pêcheur du même groupe explique que les poissons sont rares à cause de la pollution sonore causés par les kite-surfers, nombreux dans cette région. La pratique de ce sport est plus appropriée en hiver quand il y a plus de vent et elle coïncide avec la saison de la senne. «Ils passent souvent très vite autour des nos bateaux et des récifs. Les poissons préfèrent s?en aller au large», dit-il. Les bateaux à grande vitesse sont aussi pointés du doigt. Les gardes-côtes, disent-ils, sont impuissants.
Les pêcheurs proposent que la saison de la senne soit en été. La succession d?anti-cyclones en hiver, disent-ils, les empêchent de profiter de la saison de pêche.
Ces pêcheurs ne font pas d?autres métiers hors saison de la pêche à la senne. Le gouvernement octroie une allocation de Rs 4 000 à ceux qui sont enregistrés au ministère de la Pêche, mais les jeunes qui travaillent avec eux ne touchent aucune somme.
Mais ils regrettent aussi que les jours fériés ne sont pas payés pendant cette période. Ils auraient aimé pêcher pendant toute la saison sans toucher d?allocation.
Il est fort possible qu?à l?avenir, cet événement très couleur locale disparaisse de nos plages. Le gouvernement ne donne plus de licence pour de nouveaux pêcheurs à la senne.
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