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Pas de marquise pour les squatters

12 septembre 2005, 20:00

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L?échéance approche. La marquise qui abrite les squatters de Camp-Levieux sera démontée avant samedi. La tension risque de monter, mais les autorités affirment que cette démarche est nécessaire. Une quinzaine de personnes dormira une fois de plus à la belle étoile. Des 89 squatters de Camp-Levieux, 31 ont reçu leur lettre d?acceptation de terrain de l?Etat. Entre ceux qui touchent jusqu?à Rs 45 000 et qui affirment être démunis et ceux qui vivent vraiment dans des conditions de pauvreté extrême, les autorités ont tranché. Les faux squatters devront ?lev pake? cette semaine.

La marquise aurait dû être utilisée pour environ deux semaines. Mais depuis son installation, le 23 juillet, elle abrite une quinzaine de personnes. Le propriétaire veut récupérer son bien et fait pression sur l?organisation non gouvernementale Awake, qui est à la base de ce projet d?abri. Georges Arékion, membre de cette organisation qui milite pour le combat contre la pauvreté et président de la Tourism Employees Welfare Fund, explique que ce repliement s?avère nécessaire. ?Abîmée comme elle est, cette marquise risque de s?écraser à la moindre intempérie. Nous avons obtenu l?aval de Xavier Luc Duval pour louer cette demeure temporaire le 23 juillet car c?était en plein hiver et ces gens étaient comme jetés à la poubelle.?

Selon lui, cette situation est ?une vilaine cicatrice pour une île à vocation touristique?. Mais cet élan de générosité a vu croître le nombre de faux squatters venus aussi s?installer sous les tentes avec pour but d?obtenir des portions de terrain. Awake estime, à présent, avoir déjà beaucoup ?uvré pour le bien-être de ces démunis et que les autorités doivent prendre le relais. ?Cette marquise est avant tout destinée aux sinistrés ! C?est à un vrai drame humain que nous avons affaire ici. Cela fait un mois que nous repoussons la date de l?enlèvement de cet abri?, remarque Georges Arékion.

Faux squatters

Et les autorités comptent bien se faire comprendre. Si certains s?opposent au retrait de la marquise, une intervention policière est même envisagée. Et pour cause. Il semblerait que certains squatters gagnent très bien leur vie. Selon l?enquête menée par le Trust Fund, certains touchent des salaires allant de Rs 15 000 à Rs 45 000 ! Et trois de ces faux squatters posséderaient même des terrains et des maisons. Et lorsqu?on leur demande pourquoi ils sont sous les tentes, ils répliquent : ?Nou pa ti kone nou lakaz ti lor nou nom? ?. Ils sont d?ores et déjà prévenus : aucun terrain ne leur sera alloué.

Dans les couloirs du ministère du Logement et des Terres, face à cette situation, le discours devient plus dur. ?Ces tentes ne devraient pas agir comme des relais ! On va faire démolir la marquise parce que nous estimons que nous avons résolu le problème. Nous avons commencé à répartir les terrains ce matin, et ceux qui ne sont pas concernés devront bouger ou obtiendront un appartement de la NHDC?, laissait-on entendre hier.

Pour cet interlocuteur, ce problème n?aurait même pas dû tomber sous la férule du ministère du Logement et des Terres. Le ministre des Finances a alloué une somme globale de Rs 12 m au Trust Fund pour l?achat des matériaux nécessaires à la construction des maisons. ?Nous estimons que nous avons rempli notre part du contrat. C?est le Trust Fund qui a fait son enquête pour déterminer qui sont les vrais démunis, touchant moins de Rs 4 000. Nous sommes sûrs que ces 144 bénéficiaires de terrains méritent amplement cette aide.?

PARTAGE DE TERRAINS

?Get kouma ou terin gran madam?

■ Son chapeau de paille sur la tête, le sourire à demi masqué, Marguerite Milazar scrute son lopin de terre à Bois-Marchand. ?Mo satisfe, lâche-t-elle après un moment de réflexion. Me ou panse ki mo fami de set zanfan pou kapav viv lor sa tibout terin la ?? Un homme s?élance alors sur son terrain. ?Get kouma ou terin gran madam. Pa traka ou, li pou ase? ?. Marguerite semble rassurée. Comme tous les autres, son lot de terre s?étale sur 40 à 50 toises. Les arpenteurs sont à pied d??uvre ce lundi matin. C?est sous un soleil ardent qu?ils tracent, divisent et calculent comment partager ces terres de façon équitable. Un vrai parcours du combattant, ce terrain jonché de roches et de bosses. Celui de Bois-Marchand se trouve à quelques pas du cimetière. Quelques maisons en tôle entourent déjà le site. Les matériaux de construction seront distribués en temps et lieu par le Trust Fund. Les bénéficiaires des terrains devront, au préalable, signer un contrat à bail de 54 ans. Au moins Rs 60 000 seront déboursées par le Trust Fund pour la construction de chaque maison.

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