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Pas de fumée sans....
Drôle d’ambiance. Celle de ce soir promet d’être particulièrement dense. Ne nous leurrons pas. Julian Marley en concert, ce n’est pas qu’un événement musical. C’est surtout – même avant tout – un concert sous haute surveillance.
Petite expérience vécue : nous ne comptons plus le nombre de personnes qui ont soit haussé un sourcil, soit carrément exprimé leur désaccord quand à notre intention d’assister au concert de ce soir.
Non, nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il y aura un policier derrière chaque spectateur. Ce serait largement exagéré. Mais l’esprit y est. Malgré nous. Il faudra peut-être passer par là, jusqu’à ce que nous ayons tous un comportement citoyen.
Allons enfants de la patrie. Regardons de plus près la série d’embûches qui ont jalonné la tenue de ce concert. Initialement prévu pour le 22 octobre au stade de Réduit, ce rendez-vous avec l’un des plus jeunes fils de Bob Marley, a été reprogrammé pour aujourd’hui. Il devait se tenir dans la cour du collège St Mary’s, il a été déplacé vers le stade de Rose-Hill.
Motif invoqué : la police n’avait pas accordé son autorisation pour des raisons de sécurité. Une attitude adoptée suite aux protestations reçues après le concert de Pierpoljak, le 13 août dernier. “Des ordures dans le parking de l’université et dans la cour d’un temple, du tapage nocturne affectant une clinique”. Cela, c’est la version édulcorée donnée par les organisateurs – qui les yeux écarquillés découvrent tout étonnés l’existence d’une clinique qui est là depuis des lustres.
Quelle hypocrisie. Pourquoi ne pas avoir abordé la vraie question ? Celle du gandia. Pour ceux qui auraient la mémoire courte (et pas que des cheveux longs), Pierpoljak aurait vanté les mérites de la bonne herbe. Des spectateurs gagnés par l’extase du moment auraient cédé à ces incitations. Fin août, l’affaire a été évoquée à l’Assemblée nationale par Paul Bérenger, le leader de l’opposition.
Le Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Navin Ramgoolam, a alors déclaré qu’aucun des policiers présents n’a remarqué que l’on fumait du gandia. Cependant, a ajouté le PM, “certains en ont peut-être fumé à l’intérieur du stade”, les policiers ayant découvert, après le concert, “des mégots contenant peut-être des traces de gandia”.
Tout cela, c’était il y a deux mois à peine. Qu’est-ce quia changé depuis ? Certes, la polémique autour de ce qu’auraitdit ou pas Pierpoljak a eu le mérite de créer un sursaut. Passeulement chez les amateurs de reggae. La médiatisation del’affaire via l’Assemblée nationale a eu, nous voulons le croire,le mérite de faire réfléchir parents, éducateurs, la société dans son ensemble.
Et après ? Nous sommes retournés à la contemplation de notre nombril. Pire, l’on s’est mis à minimiser l’affaire. Bruno Raya, bouillonnant organisateur a laissé parler sa paranoïa, sa bonne vieille peur des ceux ki met lizie.
Le leader de Otentik Street Brothers a déplacé le vrai centre d’intérêt vers des considérations superficielles. “Je ne comprends pas ce tollé soulevé par une soi-disant consommation de gandia pendant le concert. Je constate que notre arrivée dans le monde événementiel ne plaît pas à tout le monde et que l’on tente de tuer dans l’œuf notre organisation. Cet acharnement n’est pas encourageant. Il faut souligner cependant que le gandia est souvent consommé lors de grands meetings au nez et à la barbe des autorités.”
Parler de la consommation de gandia dans des concerts serait donc le fait de certains jaloux ! Evoquer une question aussi importante serait le réflexe de concurrents qui ne voient pas d’un bon œil sa spectaculaire sortie du “ghetto” comme il nous le dit depuis plus de dix ans. C’est inouï. Master Cool B nous a habitués à une tout autre zen attitude. Bruno pe perdi simin iwe. Si lui déraille, nous n’avons pas vu fleurir ne serait-ce que l’ébauche d’une campagne de sensibilisation. Jusqu’à quand allons-nous nous contenter de condamner plutôt que d’éduquer ?
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