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Partage triangulaire
Ouganda ? Angleterre ? Maurice. Rencontre triangulaire. C?est la forme qu?aura prise la première résidence d?artistes, organisée par l?association pARTage. Six semaines de prise en charge pour l?Ougandais Ronald Mpindi et la Britannique Melanie Jackson. Six semaines d?interaction (entre eux évidemment) mais aussi avec les étudiants de l?école des Beaux-Arts du Mahatma Gandhi Institute, à Moka.
Autant de jours à se frotter au vécu artistique local, au vécu tout court. à se laisser étonné par des pratiques, par une façon de voir les choses. à nourrir son art. Et partager. Le fruit de ses expériences est exposé à Moka jusqu?au 17 novembre.
Dès la porte passée, voici Douler. Toute tordue. On l?imagine violente, en regardant ce morceau de tôle rouillé accroché au mur par Ronald Mpindi. Lui, est sculpteur. Son univers : la pierre et les métaux. L?une de ses préoccupations : tirer des visages à partir de ces matériaux. Des faciès tourmentés, balafrés, cousus de cicatrices ou hérissés de clous.
Des ?uvres avec un air d?inachevé
Un art sombre ? Pas que. L?Ougandais a visiblement laissé les lumières de Divali illuminer sa sensibilité. Ainsi, il a placé des diya aux quatre points cardinaux. Illuminant des ?uvres plus douloureuses. Qui ont parfois un air d?inachevé. Brut de décoffrage fait exprès, pour montrer l?effort qui entre dans toute création. Et sans doute aussi le fossé entre l?idée qui germe dans un cerveau et la main qui tente ? avec les moyens du bord ? de la réaliser.
Dans un tout autre genre, Melanie Jackson explique son intérêt pour l?animation. Principe de l?un de ses travaux : ?poster? un début de scénario sur son site internet. Inviter les internautes à continuer l?histoire et surtout à la transformer en dessins animés. Et suivre avec intérêt l?évolution de ce ?jardin virtuel?. L?arroser tous les trois mois en faisant d?autres appels à la bonne volonté des internautes. Et comme cela tisser sa toile aux quatre coins du net.
Melanie Jackson n?a pas fait que rester derrière son écran d?ordinateur. Ses balades à Maurice (elle a tenu à conduire elle-même sa voiture sur nos routes) l?ont emmenée nez à nez avec les affiches ? surtout politiques et celles de cinéma ? qui fleurissent en toute saison et de manière anarchique sur toutes sortes de surfaces. Des messages qui doivent ?cliquer? du premier coup, avant de devenir éventuellement subliminaux. Poussant la Britannique à la rencontre de quelqu?un qui imprime ses affiches, messages temporaires postés à l?intention de notre conscient.
Le tout surfe allégrement les vagues de l?art moderne, tout en faisant une (petite) place aux ?uvres de bronze et de bois de la Mauricienne Mala Ramyead.
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