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Paris apporte son soutien à la transition irakienne
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Paris apporte son soutien à la transition irakienne
La France n?a aucunement infléchi sa politique envers l?Irak pour plaire à Washington, affirme en substance l?entourage de Jacques Chirac, qui recevait jeudi 13 janvier le président Ghazi Al-Yaouar pour un entretien et un déjeuner à l?Elysée. Si la venue à Paris du président irakien est l?occasion pour Paris de prodiguer ses encouragements au processus politique en cours en Irak, elle ne marque pas en elle-même un tournant. Le chef de l?Etat irakien ne s?est jamais livré, en direction de la France, aux mêmes invectives que le premier ministre, Iyad Allaoui, et il n?y a pas de ressentiment à surmonter envers lui. Sa visite était programmée depuis le mois de juin 2004 : Jacques Chirac l?avait invité en le rencontrant brièvement en marge du sommet du G8 de Sea Island (Georgie, Etats-Unis).
La résolution 1546 des Nations unies fixant le calendrier de mise en place d?institutions démocratiques en Irak venait à ce moment là d?être adoptée. Elle devenait - et elle reste - le langage commun des Etats-Unis, de la France et de tous les autres membres du Conseil de sécurité à propos de l?Irak.
Ce cadre de « la 1546 » n?a cependant pas empêché que s?expriment les mois suivants, en France en particulier, des divergences avec l?approche américaine, voire de vigoureuses polémiques comme à propos du rôle de l?OTAN en Irak. Or aujourd?hui, à la veille d?une double échéance - celle des élections du 30 janvier en Irak et celle de l?investiture de George Bush le 20 janvier - le ton n?est résolument pas à Paris à la polémique avec Washington. Paris insiste plutôt sur ce qui constitue l?objectif commun : la pacification de l?Irak, la mise en place d?institutions démocratiques et stables, la reconstruction économique. Et on s?arrange pour formuler de façon moins irritante pour les Américains qu?à l?automne ou avant les divergences de fond qui néanmoins perdurent quant aux meilleurs moyens d?atteindre cet objectif. Ainsi, les dirigeants français restent convaincus que la perspective d?un retrait des troupes étrangères est une condition nécessaire du rétablissement de la sécurité dans ce pays. Mais ils ne le disent plus aussi directement que par le passé.
En septembre encore, le ministre des affaires étrangères, Michel Barnier, prônait la réunion d?une conférence internationale sur l?Irak, qui inscrirait en bonne place à son ordre du jour le « calendrier » du retrait des troupes étrangères.
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Une conférence a bien eu lieu, le 23 novembre à Charm el-Cheikh, mais ce sujet n?a pas été abordé. Aujourd?hui, Paris ne parle plus de calendrier de retrait ni de «fin de l?occupation». «Il n?y a pas à fixer de date pour le retrait de la force multinationale, puisque cette date est contenue dans la résolution 1546», dit un proche de Jacques Chirac.La résolution n?est guère explicite sur ce point. Elle dit, dans son article 12, que le mandat de la force multinationale expire «au plus tard à la fin du processus visé à l?article 4». L?article 4 décrit les étapes du processus politique ? élections, nouveau gouvernement, nouvelle Constitution, nouvelles élections ? qui doit s?achever fin 2005. Les dirigeants américains ne se sont jamais enfermés dans ce calendrier ; ils ont au contraire promis que leurs soldats resteraient en Irak aussi longtemps qu?il le faudrait pour rétablir la sécurité, en vertu d?une logique inverse de celle de la France.La France continue, d?autre part, de recommander d?élargir la base du processus politique en Irak, d?y rallier le plus possible de secteurs de la « résistance » dès lors qu?ils renonceraient à la lutte armée. Ce fut aussi, à l?automne, un sujet de conflit de Washington et du premier ministre irakien avec Paris. La France défend toujours cette approche « inclusive », sans beaucoup de résultat.
@ 2004 Le Monde News Service-Distribué par The New York Times Syndicate
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