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Panser les blessures
Aujourd?hui, cela fait une semaine depuis l?explosion meurtrière de Grand-Baie. Ce dimanche 25 juillet, tout le pays s?est réveillé traumatisé, choqué par l?annonce de la déflagration qui a soufflé un immeuble et pire, la vie à Emmy Ng Saw Hang Yeung et Jean-François Lew Yee Teen, fiancés dans la vie et dans la mort.
Depuis, les nuages de poussière se sont certes dissipés, les débris déblayés de la route côtière, mais on ne voit toujours pas plus clair quant à l?origine de la déflagration. Est-elle accidentelle ou criminelle ? La police, aidée par le FBI, privilégie, pour l?heure trois pistes. Elle n?en néglige toutefois aucune autre, sauf celle qui évoque une éventuelle attaque terroriste, fruit d?une psychose heureusement vite contenue.
À côté des décombres de Grand-Bay Store, la vie reprend lentement son cours. La famille Khodabux répare sa cuisine, défoncée par les débris. Le mur d?enceinte n?existe plus, la citerne d?eau a atterri plusieurs mètres plus loin, sous le souffle de l?explosion? Les dégâts « estimés à Rs 250 000 » ne cessent de grimper. « Sak zour nou pe trouv bann nouvo dega. Kisanla pou ranbours nou ? »
Plus loin, Jackson Leung fait l?inventaire de son magasin, le Sea Horse, où flotte une forte odeur de peinture. Les vitres ont dû être remplacées mais dehors les débris jonchent toujours les alentours du magasin. La route est encore fermée et il n?y a pas l?ombre d?un client. « Nou espere ki tou revinn a la normal o pli vit. Pa pe travay ditou, nou penalize tank semin pa ouver », affirme Jackson Leung.
Outre les dégâts matériels, c?est le sentiment de peur, d?incompréhension qui perdure. La vieille Afroze Khodabux n?arrive plus à fermer l??il la nuit. « Kan mo mont lor mo lili mo ena enn la frayer. Asoir mo per pou sorti aster. Pa cone ki finn arive? » Les associations de Grand-Baie ont pourtant fait le lien entre la population et la police, lançant des appels au calme. « Nous avons essayé de calmer tout le monde, de dire qu?il ne s?agit pas d?un attentat, car Grand-Bay Store n?est pas un quelconque symbole », affirme Mala Chetty, présidente de Grand-Bay Watch.
L?onde de choc n?est pas encore passée, les cicatrices sont encore vives, mais il y a une volonté de panser les blessures au plus vite, afin que Grand-Baie retrouve ses allures festives.
Face aux touristes inquiets, les natifs se montrent rassurants : « C?est du passé.» Mais au fond d?eux, ce dimanche 25 juillet restera à jamais gravé. Les échos de l?explosion sont toujours sonores?
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