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Pagaille à l?unité de dialyse
Les dialysés de l?hôpital de Rose-Belle n?en peuvent plus. Ils fustigent certains membres du personnel médical et s?élèvent contre les irrégularités notées dans le fonctionnement de cette unité. « Mo pas coné kot pou commencé kot pou fini? Céki mo coné, c?est ki nou népli capav ek conditions dans laquel dialyse pé fer dan l?hôpital Rose-Belle », affirme un malade qui souffre d?insuffisance rénale terminale. Voilà plus d?un an qu?il doit subir, trois fois par semaine, une hémodialyse, couramment appelée dialyse, dans cet établissement hospitalier.
Certes, il a retrouvé une vie presque normale grâce au traitement dispensé gratuitement à l?hôpital. Mais, dans quelles conditions ! Aujourd?hui, avec ses compagnons d?infortune, il ne peut plus fermer les yeux sur les « graves » manquements qu?il dit constater au niveau des membres du personnel et du traitement dispensé.
Dix-huit malades se retrouvent à chaque séance de dialyse qui dure trois heures. Déjà affaiblis par ce traitement exigeant, ils disent avoir du mal à supporter l?attitude arrogante de certaines blouses blanches. « Ce qui me frappe le plus, c?est le manque d?égards et de sympathie dont font preuve ces infirmiers envers les patients. Ce traitement déjà lourd nécessite pourtant le calme et la tranquillité d?esprit? » souligne un des malades.
Dans de telles circonstances, ces derniers hésitent avant de leur demander quelque chose de peur d?être rabroué. « Je pense qu?il y a un manque d?infirmiers dans cette unité spécialisée », affirme un autre malade. « Ils font de longues heures de travail. Ils sont peut-être frustrés, c?est ce qui pourrait expliquer leur attitude. » Est-ce une raison pour ne pas dénoncer ces abus ? « Certains d?entre nous ont signalé cette situation au ministère de la Santé. Mais face à l?inertie des autorités à sévir contre ces personnes, nous préférons maintenant nous taire. »
Un appareil de dialyse en panne
Se taire et continuer à subir? Selon cet insuffisant rénal, certains infirmiers n?hésiteraient pas à utiliser leurs téléphones mobiles non loin des appareils de dialyse et à fumer dans le mess qui est situé à côté de la salle de traitement, en dépit des interdictions. La Nursing Association ne prend pas ces allégations à la légère. « S?il y a vraiment ce genre d?attitude, nous la condamnons vivement, car dans une unité de dialyse, le customer care est vital. Nous souhaitons que l?administration fasse une enquête le plus vite possible », explique Govindass Nathoo, le secrétaire l?association.
Mais il ne faut pas tous les mettre dans le même panier. Quelques infirmiers se disent inquiets et s?élèvent contre cette situation. L?un d?eux, souligne quelques irrégularités notées au niveau du fonctionnement des appareils. Ces équipements fonctionnent avec une solution dont le mélange est préalablement effectué dans une batteuse. Cet appareil étant actuellement en panne, c?est à la main que le mélange se fait. « Je ne crois pas que c?est très hygiénique, mais parfois, ils sont obligés d?utiliser un tuyau pour mélanger cette solution », dit-il.
Et pour corser le tout, il se trouve qu?un appareil de dialyse est en panne actuellement. Ce qui oblige cette unité à effectuer des séances supplémentaires, chaque semaine. « Il y a des malades qui doivent commencer leur traitement à 21 heures pour terminer à minuit. C?est vraiment inhumain. »
Les critiques pleuvent aussi au niveau du transport mis à la disposition des dialysés, qui n?est « jamais à l?heure ». « Déjà affaiblis par une longue séance de dialyse, nous devons souvent attendre une heure et parfois plus pour avoir un transport pour pouvoir rentrer chez nous. »
C?est un fait que plus un malade est entouré et soutenu par sa famille et le personnel médical, mieux il pourra affronter la vie quotidienne. Tel ne semble pas être toujours le cas?
Pour la Santé, il n?y a pas de problème
Le ministère de la Santé affirme n?avoir décelé aucune irrégularité à l?unité de dialyse de l?hôpital de Rose-Belle. « La direction de l?hôpital n?a jamais enregistré de plaintes des patients concernant les infirmiers ou encore les médecins affectés à l?unité de dialyse », indique le service de presse.
Il souligne aussi que l?utilisation de téléphones portables est interdite dans cette unité et que d?ailleurs des avis d?interdiction sont placés. L?hôpital est un lieu où il est strictement interdit de fumer. Cela vaut autant pour le personnel que le public.
Le ministère concède qu?un appareil de dialyse est tombé en panne. « L?entretien des appareils est fait par des firmes qui ont des contrats avec le ministère. Il arrive cependant qu?un appareil reste en panne parce qu?il faut attendre que les pièces de rechange soient importées. » Les séances de dialyse doivent donc continuer jusqu?à fort tard pour ne pas pénaliser les patients, affirme-t-il.
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