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P. Louis veut rénover le stade du R.P. Dussercle
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P. Louis veut rénover le stade du R.P. Dussercle
Ne demandez surtout pas dans quel état se trouve, en avril 2008, le stade Saint-François Xavier, ?uvre pourtant prophétique, due à l?initiative inspirée de l?inoubliable R.P. Roger Dussercle, C.s.sp. Cet apôtre, doublé d?un zèle autant missionnaire que littéraire, comprend, bien avant le chanoine Patrick Rivalland à Beau-Bassin, qu?un des meilleurs moyens de favoriser une rencontre durable entre les jeunes et Dieu est encore de mettre à leur disposition un terrain de jeu, ou, mieux encore, un stade sportif.En 1939, entre deux tournées apostoliques aux Chagos ou à Agaléga, entre deux conférences littéraires au Cercle du même nom, Roger Dussercle, alors curé de l?église paroissiale Saint-François Xavier, Faubourg de l?Est, Port-Louis, parvient à doter ce beau quartier d?un stade paroissial, «le premier du genre dans le diocèse de Port Louis, le plus beau et le mieux aménagé du pays», soutient même Mgr Joseph Mamet, alors archiviste de l?Eglise catholique à Maurice.
Le terrain, pourvu de tribunes permanentes, occupe l?emplacement de l?ancien couvent des Révérendes Mères Réparatrices (parties s?installer à Rose-Hill, au lieu-dit le Montmartre mauricien). Le terrain, de deux arpents et demi, s?il vous plaît, forme un triangle, délimité par les rues Coton, Madura et Bornéo (en 1935). L?aménagement de ce stade coûte, à Roger Dussercle et à la Fabrique Saint-François Xavier, la somme de Rs 16 000, dont Rs 6 000 pour la démolition des bâtiments existants, le nivellement du sol, la plantation du gazon, la construction des tribunes.
L?inauguration se déroule, le 15 octobre 1939, en présence de l?archevêque de Port-Louis, Mgr James Leen, C.s.sp., du consul de France, M. Pierre Orenga de Gaffory, (arrivé à Maurice le 29 avril 1933), de son chancelier, M. Pierre Lambert, d?une dizaine d?ecclésiastiques (pour la plupart tentés par l?envie et la jalousie). Un match de football suit la cérémonie inaugurale.
Son stade à peine inauguré, celui-ci embarque pour une nouvelle tournée apostolique à Agaléga. A son retour, il apprend qu?il est mobilisé sous les drapeaux car nous sommes, alors, en novembre 1939 et, depuis deux mois, la France a déclaré la guerre à l?Allemagne d?Adolphe Hitler. Il s?embarque, pour Tananarive, le 24 novembre, en compagnie du R.P. Haegy, C.s.sp. Ils nous reviendront le 2 février 1940, la France combattante n?ayant pas besoin pour l?instant de ses fils, travaillant comme missionnaires dans les pays à évangéliser. Il retrouve donc son stade de football.
Celui-ci est toutefois loin de répondre aux attentes et promesses pastorales escomptées par son fondateur. Le moins qu?on puisse dire c?est que ses successeurs ne partagent guère sa foi dans les vertus pastorales du football. La paroisse Saint-François Xavier se désintéresse graduellement de son stade, pourtant adjacent à son église. A partir de 1963, elle le loue à la municipalité de Port-Louis, pour Rs 3 500 par an (environ Rs 150 00 de nos roupies... appréciées). Il tombe donc de Charybde à Scylla, malgré les efforts de Freddy Appasamy, haut cadre municipal, pour lui donner l?animation voulue. La municipalité prétexte la vétusté des infrastructures mises en place, en 1939, par le Père Dussercle, pour diminuer, d?année en année, les activités sportives en ce lieu pourtant inspiré. De l?abandon, on tombe dans la désolation où tout n?est que ruine, négligence, relâchement et insouciance.
En 1977, la paroisse veut vendre le stade du Père Dussercle. (A se demander si le Paraclet était sur écoute, ce jour-là). La BAT se jette sur le morceau et lui offre une misère de Rs 3 millions pour deux arpents et demi, en pleine ville. Sursaut inespéré de retenue ecclésiastique. On évoque la nécessité de ne pas violer trop ouvertement la volonté du fondateur, Roger Dussercle. Son stade doit rester terrain de jeu à la disposition des jeunes Portlouisiens. Kader Bhayat, alors lord-maire, dépose une motion à l?effet que la municipalité de Port-Louis acquiert le stade. Le gouvernement travailliste décide de lui couper l?herbe sous les pieds et propose quatre misérables millions à la paroisse qui commet la faiblesse d?accepter cette offre. Le GM centralisateur consent à confier la gestion (autrement dit les dépenses courantes) à la municipalité de Port Louis.
Les projets mi-gouvernementaux, mi-municipaux, concernant ce stade, se multiplient sans jamais recevoir l?ombre d?un début d?exécution. D?abandon en abandon, la végétation reprend ses droits et le stade végète. De pourrissement en pourrissement de situation, nous arrivons péniblement en avril 1983. L?administration municipale, de nouveau mauve et confiée à Bashir Khodabux, projette alors de redonner, au stade de Roger Dussercle, son lustre d?antan.
Un quart de siècle après, on ne sait toujours pas ce qui se passe réellement derrière les hautes murailles du stade Saint-François Xavier. Qui sommes-nous d?ailleurs pour vouloir connaître l?usage qu?on fait d?un terrain de deux arpents et demi au c?ur du Faubourg de l?Est ?
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