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Pâques et l?Italie sauvent le mois d?avril

9 mai 2006, 00:00

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Notre marché touristique principal, en l?occurrence la France s?est écroulé. La Réunion, le deuxième marché, est en net recul. Et pourtant, l?on note une croissance de 8,3 % dans les arrivées touristiques. Le sauveur : la Pâques au cours du mois d?avril.

De plus, l?Italie, l?Afrique du Sud, la Grande-Bretagne et l?Inde affichent des taux de progression à deux chiffres, parfois spectaculaires, au mois d?avril. Le marché italien progresse de 83 %, par rapport à avril 2005, avec 5 300 touristes. Le marché sud-africain, lui, augmente de 62 % et enregistre 8 000 arrivées.

?La diversification des marchés porte ses fruits?, se réjouit Xavier Duval, ministre du Tourisme, des Loisirs et des Communications extérieures. L?effet dévastateur du chikungunya, maladie qui effraie les voyageurs, se limite donc à la France et à la Réunion. Et les autres marchés en ont profité? ?Nous avons réussi nos vacances de Pâques?, commente pour sa part, Karl Mootoosamy, directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA).

Xavier Duval évoque aussi les nouvelles capacités aériennes, surtout dans le cas de l?Italie et de l?Afrique du Sud. ?Comair effectue déjà des vols spéciaux entre Maurice et l?Afrique du Sud et se prépare à opérer trois fois par semaine à partir de juin?, précise-t-il.

Pour les autres pays dont les arrivées touristiques sont en forte croissance, l?aérien, avec Air Mauritius en tête, a bien joué son rôle. ?Comme quoi, la progression est intimement liée à la capacité aérienne?, ajoute Karl Mootoosamy.

En revanche, le marché français s?effondre. Les arrivées reculent de plus de 42 % et passent de 17 300 pour avril 2005 à 9 900 pour avril dernier. ?C?est l?effet de la communication négative concernant le chikungunya, à travers la Réunion?, note Karl Mootoosamy. Comme l?avaient craint les professionnels des voyages, cela a eu un effet dévastateur. Les arrivées réunionnaises diminuent, elles, de 8,3 % avec 4 100 arrivées en avril, comparé à 4 500 arrivées pour la période correspondante l?année dernière.

En France, le mois de mai sera donc crucial. Car, depuis le 1er mai, la MTPA, en collaboration avec l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice, Air Mauritius, Air France et les tour-opérateurs lance une campagne de promotion exceptionnelle.

?Pas encore sortis de l?auberge?

50 opérations dans la presse, à la télévision, à travers des affiches, mais aussi des séjours à prix réduits et, depuis hier, des rames de métro entièrement repeintes aux couleurs du lagon mauricien. La destination frappe fort mais ne devrait récolter les fruits de ses efforts qu?à partir de juillet. ?Nous ne sommes pas encore sortis de l?auberge?, prévient Xavier Duval.

Entre-temps, Maurice compte sur ses autres marchés. Car malgré l?effondrement du premier marché, les arrivées progressent ailleurs sur les quatre premiers mois de l?année.

L?Europe progresse de 6,7 %, passant de 170 200 arrivées, pour les quatre premiers mois de 2005 à 181 700 arrivées pour la période correspondante cette année. Globalement, Maurice a déjà accueilli 266 600 touristes, en 2006. De janvier à avril 2005, il y avait eu 250 300 arrivées alors que cette année ils sont déjà 266 600 à avoir visité la destination mauricienne entre janvier et avril.

Les principaux moteurs de cette croissance sont toujours l?Italie et l?Afrique du Sud, mais aussi la Grande-Bretagne et l?Allemagne ou encore l?Inde, la Russie et dans une moindre mesure, l?Australie. Tous ces marchés enregistrent des taux de croissance d?arrivées à deux chiffres.

Comme en avril, c?est l?Italie qui crève le plafond avec une augmentation pour les quatre premiers mois de 2006 de 86 % face à la même période en 2005. Avec déjà 28 800 touristes, l?Italie est devenue le troisième marché de la destination mauricienne alors qu?il n?était que sixième pour toute l?année 2005.

Dommage donc que la France et la Réunion aient tellement souffert des effets du chikungunya. Xavier Duval se prend à rêver d?un scénario parfait, sans ?effet chikungunya?, avec un marché français, même en petite forme, comme en 2005 ? un modeste 5 % de croissance. ?S?il n?y avait pas eu ce problème, nous serions déjà en train de faire une super-croissance. Et l?année aurait été historique?, ne peut s?empêcher d?imaginer le ministre du Tourisme.

Mais nous n?en sommes qu?au premier semestre et il est encore permis de rêver. Car comme le professent inlassablement les professionnels des voyages : en tourisme, le rêve finit toujours par devenir réalité?

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