Publicité

Oze, la parole affranchie

9 juin 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Quand avez-vous commencé la musique ?» La question n?aurait selon lui pas de réponse précise. Il serait né «dedans». A le voir déclamer à l?improviste, parole après parole, guitare à la main, la mélodie lui venant naturellement? comment en douter ? Son parcours est classique selon lui. Trop même, qu?il peine aujourd?hui à le ressasser aux journalistes. Steeve Deville est un artiste atypique en soi, un des ces artistes qui ne veulent pas s?arrêter à ce qu?ils sont, ni à ce qu?ils ont été mais plutôt à ce qu?ils seront. Voilà pourquoi son passé ne le préoccupe pas. Ce qui compte c?est d?évoluer.

De ses moments passés entre amis à apprendre à jouer de la guitare ou de ces années de travail en milieu plus «professionnel» c?est-à-dire dans les hôtels, il semblerait qu?il n?en ait gardé que le meilleur : la passion. Enfin pas totalement. Il y a aussi cette pointe de cynisme, propre à tout artiste après coup. Le regret de se rendre compte qu?il n?a rien gagné dans les hôtels sinon l?opportunité de se produire chaque soir devant un public. Le déclic s?est produit quand il a arrêté de faire de la variété.

Aux côtés des autres, Steeve Deville le musicien est devenu compositeur ? apportant sa touche à ceux qui l?accompagnent ? son ami Triton ou encore sur Zistoir révoltant avec Kaya. Il se dit d?ailleurs fier d?avoir apporté de nouveaux accords dans la musique de Kaya même si cela ne plaisait pas à tout le monde. «Toute chose doit évoluer». Ces autres aventures musicales sonnent doux à l?oreille : Ras Natty Baby, OSB, Tandela et Menwar entre autres.

Oze, son premier album solo, c?est lui en musique, en toute sincérité, cette envie de se dévoiler, quitte à dire tout haut ce que les autres pensent tout bas. Il y fait l?apologie du métier d?artiste, dont les gens ne comprennent pas souvent les exigences.

«Musicien enn metier.» Le faux cliché de l?artiste cigale prime même si celui-ci est avant tout fourmi. Il travaille la musique pour être sûr de ce qu?il présentera au public. Rythmes et paroles doivent faire corps pour dégager un tout. Oze, c?est pour lui s?affirmer en tant qu?artiste mais aussi en tant qu?individu, celui qui ose parler du séga autrement, qui veut en faire un mariage de cultures au lieu de le cantonner dans le Oh tilé la la.

Celui qui ose, rêve d?un monde meilleur, d?un endroit idyllique sans pollution, où on éduquerait autrement sur Dan nu ti villaz. Le tout avec des jeux de mots bien rodés, des sonorités diverses et des musiciens talentueux tels Jalill Auckbaraulee à la batterie, Didier Baniaux à la basse, James Brasse aux percussions, Mayeven Murden au mridangam et Philippe Thomas à la trompette. Oze, c?est l?album où se délient les langues, celui de la parole affranchie ! A tous ceux qui veulent le découvrir Steeve Deville, rendez-vous dans les jardins du Centre Charles Baudelaire pour un concert live à l?occasion de la Fête de la Musique. L?entrée est gratuite.

Publicité