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Ouverture des pourparlers de Pékin : appel à la retenue

27 août 2003, 20:00

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La Chine a lancé hier un appel à la retenue à l?ouverture des négociations multilatérales de Pékin sur le programme nucléaire nord-coréen.

Dix mois après le début d?une crise émaillée de nombreuses menaces et invectives, les représentants des deux Corées, des Etats-Unis, du Japon, de la Russie et de la Chine ont échangé sourires et poignées de main devant les caméras de télévision.

Les délégués ont ensuite pris place à la table hexagonale dressée à la résidence d?Etat Diaoyutai, dans l?ouest de la capitale, pour une séance à huis clos qui s?est déroulée dans un climat ?calme et détendu?, selon la délégation sud-coréenne.

Les participants ont remercié la Chine de son accueil avant de présenter chacun brièvement leur position.

Les Etats-Unis ont commencé, avec un discours d?une heure, puis la Russie, la Corée du Sud, le Japon, une vingtaine de minutes chacune. La Corée du Nord a achevé cette série de déclarations liminaires par un exposé de 50 minutes.

La délégation japonaise a jugé inacceptable que Pyongyang poursuive le développement d?un programme nucléaire militaire, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères à Tokyo, qui a souhaité une ?solution pacifique et globale? au problème nucléaire, mais aussi à celui des Japonais enlevés par des espions nord-coréens dans les années 70-80.

La Russie a de son côté estimé qu?il fallait créer à Pékin un «climat de confiance mutuelle», par la voix de son négociateur Alexandre Lossioukov, vice-ministre des Affaires étrangères, selon l?agence Chine nouvelle.

Ces pourparlers, qui s?étaleront jusqu?à vendredi, sont considérés comme le coup d?envoi d?un processus long et difficile et de nombreux observateurs considèrent qu?un simple accord sur une prochaine rencontre serait déjà un immense succès tant les positions de Pyongyang et de Washington sont éloignées.

Concessions réclamées

Les Etats-Unis, qui ont annoncé en octobre la reprise par la Corée du Nord de son programme clandestin d?enrichissement d?uranium nécessaire à la mise au point d?armes nucléaires, exigent l?abandon inconditionnel, irréversible et vérifiable de ce programme.

La Corée du Nord, qui s?est retirée entre-temps du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), veut d?abord obtenir des concessions, notamment sous la forme d?un pacte de non-agression, et la fin de ce qu?elle considère comme une ?attitude hostile? de Washington.

Pyongyang a d?ailleurs estimé hier, par l?intermédiaire du journal Rodong Sinmun, organe du Parti, que l?issue des négociations de Pékin dépendrait de l?attitude de Washington, ajoutant que toutes les parties devraient travailler dur pour produire des «résultats substantiels». Washington, ajoute-t-il, doit renoncer à ses ?exigences déraisonnables?.

?Sincérité, calme et patience?

La Chine, qui veut éviter toute escalade de la crise susceptible de déboucher sur un conflit ouvert ou sur un afflux de réfugiés sur son propre territoire, a pris soin de rapprocher physiquement, sinon politiquement, les négociateurs aux positions les plus éloignées.

James Kelly, l?adjoint au secrétaire d?Etat américain, a ainsi pris place aux côtés du vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Kim Yong-il.

Son homologue chinois, Wang Yi, avait auparavant ouvert la séance de négociations en saluant un nouveau départ après la réunion en avril à Pékin de représentants américains, nord-coréens et chinois.

?Les pourparlers à six constituent le prolongement et l?approfondissement des négociations trilatérales, mais plus qu?un nouveau départ, ils marquent un pas important vers une solution politique à la crise nucléaire nord-coréenne?, a déclaré Wang.

?La Chine espère que toutes les parties (...) feront preuve de sincérité afin de résoudre la question, adopteront une attitude calme et patiente, se respecteront mutuellement, mèneront les consultations sur un pied d?égalité, chercheront un terrain d?entente et réduiront les querelles afin de permettre que les pourparlers se poursuivent et conduisent à la paix?, avait-il expliqué un peu plus tôt, cité par l?agence de presse Chine nouvelle.

Brian Rhoads

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