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Ousna raconte son « calvaire »

6 mai 2007, 00:00

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Soupçonnée du meurtre de sa belle-mère, Ousna Diloo a été incarcérée durant trois semaines. Libérée sous caution vendredi, elle a voulu « dénoncer » la façon dont des officiers de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) auraient tenté de lui « extorquer » des aveux. Mais ceux incriminés dans cette affaire nient les accusations portées contre eux et laissent entendre qu?il s?agit de « ragots » visant à discréditer cette unité de police aux yeux du public.

Les faits remonteraient au 10 avril dernier. Les policiers, explique-t-elle, lui auraient demandé, ce jour-là, de les accompagner pour « pran enn lenket ». Une enquête avait, en effet, été initiée à la suite du meurtre de sa belle-mère survenue dans la soirée du 18 janvier 2006. Celle-ci avait été poignardée à quatre reprises à la nuque alors qu?elle se trouvait à son domicile, situé à Curepipe.

Ousna aurait donc pris place à bord du véhicule de police. « Mais une fois arrivé au coin de la rue, quelqu?un m?a mis une cagoule sur la tête », explique Ousna, visiblement encore secouée par ces événements. Toujours selon ses dires, elle aurait été emmenée, une vingtaine de minutes plus tard, dans une maison où on l?aurait fait asseoir sur une chaise en plastique. « On m?a ligoté les mains dans le dos et ils ont commencé à donner des coups de pied dans le dossier de la chaise en me disant d?avouer le meurtre de ma belle-mère. Je leur ai répété que je n?avais rien fait », nous confie-t-elle en se rappelant cet épisode « traumatisant ».

<B>« Elle pleurait et ne pouvait pas parler »

Et d?ajouter que les policiers lui auraient mis un sceau sur la tête avant de donner des coups dedans. Son calvaire aurait duré en tout et pour tout un peu moins d?une heure. À l?issue de quoi elle aurait été transportée au poste de police de Curepipe. « J?ai été aveuglée pendant tout ce temps par une cagoule qu?ils m?avaient mise sur la tête. Ils ne l?ont enlevée que lorsque nous sommes arrivés à proximité du poste de police de Curepipe », affirme encore la jeune femme.

Une fois sur place, elle aurait de nouveau été interrogée, cette fois en présence de son époux, Adil, qui s?était entre-temps rendu au poste de police en apprenant que sa femme y serait questionnée. « Quand elle est arrivée, elle pleurait et ne pouvait pas parler. Quand elle m?a expliqué plus tard ce qui s?était passé, je suis allé voir le surintendant Raddhoa qui m?a assuré qu?une telle chose n?avait pas pu se produire », relate, pour sa part, Adil.

Il explique que les enquêteurs lui auraient dit avoir réuni des preuves de la culpabilité de sa jeune épouse. « Cela n?avait pas de sens. Tout ce qu?ils reprochaient à ma femme, c?est d?avoir jeté, neuf mois après, les vêtements qu?elle portait le jour du meurtre de ma mère. Or, s?ils avaient mené leur enquête correctement, cela ne se serait pas passé », lance Adil.

Ousna est traduite le lendemain, soit le 11 avril dernier, en cour sous une accusation provisoire d?assassinat. Elle sera incarcérée durant trois semaines. Son homme de loi, Me Assad Peeroo, a présenté une motion de remise en liberté sous caution. La police n?ayant émis aucune objection, la jeune femme a pu regagner son domicile et revoir les siens. « Je suis innocente et je souhaite que justice soit faite », nous confie la jeune femme, tenant une de ses deux filles de deux ans sur les genoux.

Adil n?écarte pas, pour sa part, la possibilité de référer le cas au Police Complaint?s Bureau pour dénoncer le traitement dont elle dit avoir été l?objet.

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