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Opération coups de poing : Non à la drogue et à l?alcool !

24 avril 2005, 00:00

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<B>Comment est née la « Ram Muay Thaï Boxing Federation » ? </B>

Depuis le plus jeune âge, je pratique les arts martiaux, plus précisément le karaté, et mon père Rodolphe m?entraînait. Mais c?est vers l?âge de 20 ans que j?ai lancé mon propre club de boxe thaïe et de boxe américaine. Je suis un enfant de Rivière-des-Anguilles ; je voulais, grâce à ce sport, diriger les enfants et leur donner une occupation saine pour éviter qu?ils ne succombent à l?alcool ou à la drogue. C?est ainsi qu?en 1996, la fédération a vu le jour officiellement. Elle regroupe des clubs de plusieurs villages de Savane, des Plaines Wilhems, de Moka et de Flacq.

<B>Qui vous a aidé à la créer ? </B>

J?ai pris contact avec Laurent-Ray-mond Stepler, le président du Comité régional de kick full contact de l?océan Indien qui était basé à la Réunion. Ce dernier m?a encouragé à aller de l?avant et à promouvoir ce sport à Maurice. En 1993, il m?a invité avec trois autres boxeurs ? Joël Arlapin, José Legalant et Mooten Mooroogen ? pour participer à un stage de boxe américaine full contact avec Dominique Valera, 8e degré en boxe américaine et entraîneur de l?équipe d?Europe et de l?équipe de France. Ce stage de trois jours réunissait les moniteurs de toutes les régions de la Réunion et cela nous a permis de voir les boxeurs au combat. À la fin, chacun d?entre nous a reçu trois paires de gants et deux paires de chaussures de boxe.

<B>Avez-vous poursuivi ces échanges avec la Réunion ? </B>

Oui, nous avons été invités à plusieurs reprises par différents clubs, que ce soit pour des compétitions ou des stages de perfectionnement de nos techniques de combat. Et en août 1995, nous avons invité une délégation de 15 personnes représentant le club de Château-Morange de Saint-Denis. Ils ont animé des stages dans plusieurs clubs pour aider nos boxeurs à la formation technique et au combat. Mais ce n?est qu?en août 2000 qu?une vraie compétition Maurice-Réunion a été organisée au Corum, à Rose-Hill. C?est au cours d?un combat avec José Boutmez, champion de France de kick boxing, que notre compatriote Denis Ladocille s?est distingué pour la première fois en remportant la victoire.

<B>Où trouvez-vous le financement nécessaire à l?organisation des échan-ges et des cours ? </B>

Notre fédération est totalement bé-névole. Les cours font partie du travail social afin de promouvoir le sport dans les quartiers défavorisés. Le plus grand soutien que nous recevons vient de la Réunion car là-bas, ils ont toujours veillé à ce qu?aucun équipement ne nous fasse défaut. En revanche, quand il s?agit de financer les compétitions ou les grands tournois, nous comptons sur les sponsors privés, car nous ne recevons aucune aide de l?État qui d?ailleurs, ne nous reconnaît pas en tant qu?association ! Nous avons tenté plusieurs approches auprès des différents ministres de la Jeunesse et des Sports, mais en vain ! Jamais un représentant du ministère n?a été présent à nos compétitions, malgré nos invitations.

<B>Comment se passent les cours ? </B>

Denis Ladocille, Pécos Gregoire et moi-même donnons les cours au centre communautaire de Rivière-des-An-guilles, le mardi de 18 h 30 à 20 heures, et le samedi de 13 h 45 à 15 heures. Nous accueillons les enfants ? y compris les filles ? à partir de l?âge de 5 ans. On peut penser que c?est un sport violent, mais ce n?est pas vrai, il s?agit d?un sport éducatif qui permet à la personne qui le pratique d?avoir un certain équilibre physique et moral. Cela lui permet de rester en forme et lui donne aussi l?occasion de savoir se défendre.

<B>Quelles sont les différences entre la boxe thaï, la boxe américaine et le « kick boxing » ? </B>

L?autre genre de boxe pratiquée à Maurice est le kick boxing. C?est la Fédération mauricienne de kick boxing qui se charge de la promouvoir. C?est un sport poings-pieds qui se pratique en short et t-shirt et les coups de pieds ne sont permis qu?au niveau des jam-bes. La boxe américaine full contact, se pratique, quant à elle, en pantalon et débardeur ; c?est aussi un sport poings-pieds où les coups de pied ne sont permis qu?en haut de la ceinture, et pas dans les jambes. La boxe thaï, ou Muay Thaï, vient de Thaïlande et se joue pieds, poings, coudes et genoux, en short et torse nu. Les coups de pied sont permis en haut des jambes, dans le buste et sur les tibias.

<B>Quels sont vos projets pour l?avenir ? </B>

La prochaine manifestation aura lieu le 28 avril de 18 h 30 à 20 heures dans le hall du collège Saint-Joseph à Cure-pipe. Il s?agit d?une première rencontre amicale entre le club de Rivière-des-Anguilles, celui de Batimarais, et le club de boxe de Curepipe. Le public est invité à venir nous soutenir. On espère aussi pouvoir organiser un tournoi sur le ring d?ici la fin 2005, si tout se passe bien. Et puis, j?espère que l?État finira enfin par répondre à notre appel et même si je conçois que c?est loin d?être gagné, je ne baisse pas les bras.

<B> Propos recueillis par Charlotte ROUSSETY</B>

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