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open water ou la peur bleue
Si vous n?avez pas peur du noir, vous aurez peur de l?ombre, de l?infini sans fond au-dessus duquel vous vous trouvez dans Open Water, à suivre ce vendredi sur Canal+ à 20h05.
Open Water est le genre de film qui peut vous bouleverser car il est d?un réalisme poussé à l?extrême. Surtout lorsque l?on sait que le film est inspiré d?une histoire vraie.
Contre toute attente, il ne s?agit pas d?un film d?horreur ou d?un thriller habituel. Il ne s?agit pas des Dents de la Mer, mais de son ombre terrifiante, de l?inconnu, de l?abandon, du désespoir.
Un pendant rigoureux et intelligent qui surprend tant par la forme de son récit que par son contenu. Open Water a été l?une des dernières sensations fortes du cinéma indépendant américain. Petit budget mais grande frayeur.
Intelligemment écrit et filmé, le film tient la peur jusqu?aux dernières secondes du film. On voit rarement ce genre de films et on ne ressent rarement ce type d?angoisse, de malaise à la vue d?un film qui tire sur la corde du réel pour vous faire flancher. A voir si vous aimez la plongée?
Open Water raconte l?itinéraire d?un jeune couple, Blanchard Ryan et Daniel Travis, des bourreaux de travail qui s?offrent, enfin, des vacances au soleil. Le genre de couple qui fait tout pour passer inaperçu dans l?hôtel, qui ne recherche que la tranquillité. Le genre de couple qui cherche l?évasion.
C?est pourquoi ils s?inscrivent au centre de plongée sous-marine pour une expédition en pleine mer. Tout se passe bien au début. Il y a du monde sur le bateau, 20 personnes selon le skipper. Mais ils sont 22.
Le couple fait sa plongée, s?éloigne un peu du groupe et remonte à la surface. Plus de bateau.
A partir de là, le cauchemar commence et comme si vous y étiez, vous êtes à leur hauteur, ballottés par les vagues, lourds, fatigués, entourés par un horizon qui vous enferme.
La caméra de Chris Kentis filme de l?intérieur ce huis clos dans l?immensité. Pas de gros plans hollywoodiens mais un regard objectif sur la détresse des personnages principaux, seuls au monde.
Seuls, pas tout à fait. Un aileron pointe soudainement à la surface de l?eau. « Ils ne sont pas méchants », disait le skipper. Mais avec la fatigue, la faim, les crampes, les colères, les larmes, la soif, les certitudes s?effacent pour laisser place à la peur, froide et blanche, une épouvante pure et simple, sans artifices. « Tourné en conditions naturelles, sans effets spéciaux ni images de synthèse, Open Water a été un tournage difficile. Les acteurs ont passé plus de 120 heures dans l'eau à plus de dix kilomètres des côtes au milieu de vrais requins », apprend-t-on.
La grande Bleue vire au noir. On se sent petit, impuissant, fragile, à la merci des méduses, des requins, des vagues, d?une tempête qui s?annonce, sans avoir de sol sur lequel se poser et se reposer.
Ces effets d?angoisse, que le film suscite, sont tout à fait impressionnants. Open Water vous prend au ventre, à la gorge et ne lâche pas prise, comme le ferait un requin.
S.K.
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