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Opération escargot : Tolérance zéro

3 novembre 2008, 20:00

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Malgré 73 arrestations hier, la Plateforme Kont Ogmentation et Taxe Abusifs Lor Produit Pétrolier (PKOTAPP) n?a pas l?intention d?interrompre ses manifestations. Elle pourrait organiser de nouvelles actions fortes prochainement. Mais la police prévient qu?elle ne se laissera pas faire.

«La répression ne nous fait pas peur. Nous sommes solidaires, peu importe ce que l?Etat fait pour arrêter l?élan», affirme Jayen Chellum, porte-parole de l?organisation et qui a été arrêté par la police. «Nous n?excluons pas d?autres actions symboliques», ajoute-t-il.

Ce à quoi la police rétorque : «S?ils persistent, il faudra définitivement s?attendre à plus de sévérité de notre part. La police est là pour faire respecter la loi», déclare l?assistant commissaire de police, Vinod Appadoo.

Tout le monde aux arrêts

Hier matin, la frustration des automobilistes était à son comble. De 9 h 30 à 13 heures environ, Port-Louis était bloqué. Quasiment impossible d?entrer, difficile d?en sortir. La raison : une «opération escargot» sur l?autoroute, impliquant plusieurs camions. 64 camions venaient du Sud du pays et huit du Nord. La situation n?a commencé à s?améliorer qu?en début d?après-midi.

Opération réussie donc pour la PKOTAPP, sauf qu?il n?était pas prévu que la police passe à l?action et mette tout le monde aux arrêts. «Nous avions reçu l?autorisation de la police pour tenir une manifestation au Champ-de-Mars, mais il fallait bien qu?on prenne la route pour arriver là-bas», dit Jayen Chellum,.

Au niveau des forces de l?ordre, on laisse entendre que l?itinéraire choisi n?avait pas été autorisé. En fait, la police avait donné l?autorisation pour une manifestation partant du Champ-de-Mars pour aller au centre de Port-Louis, c?est-à-dire au jardin de la Compagnie.

Mais vu la véritable pagaille occasionnée par la descente de camions sur l?autoroute, la police a décidé de passer à l?action et de stopper les camions à l?entrée de Port-Louis. Puis, elle a embarqué tout le monde dans un bus et des camionnettes en direction des Casernes centrales. Les manifestants arrêtés ont été libérés plus tard dans le courant de la journée, après les formalités. Ils sont provisoirement accusés de rassemblement illégal après avertissement.

Elèves en retard

Reste qu?il a fallu faire revenir les camionneurs pour qu?ils puissent déplacer leurs véhicules et dégager la route. «Cette manifestation a eu des répercussions négatives sur certaines activités du pays. Non seulement nous avons eu des plaintes nous informant que des é_lèves allaient être en retard pour leurs examens, mais nous avons également appris que les ambulances n?ont pu sortir», soutient Vinod Appadoo. «La police a donc dû intervenir pour débloquer la situation», ajoute-t-il.

Jayen Chellum rejette, lui, le blâme. «Ils nous ont déviés de notre trajet et ensuite ils nous ont arrêtés. De plus, depuis juillet, nous attendons d?être reçus par les autorités. L?Etat a créé le problème», insiste-t-il.

La PKOTAPP s?insurge contre «le manque de transparence au niveau des prix des produits pétroliers à Maurice». Ses membres exigent que le gouvernement revoie les taxes «abusives» perçues sur le diesel et l?essence. Ils souhaitent également que les autorités rendent public le contrat sur l?achat des produits pétroliers que l?Etat a signé avec Mangalore Petroleum Refinery Ltd, ainsi que pour leur acheminement vers Maurice.

Finette : «Ce fut le désordre»</B>

■ Lucien Finette, directeur du «Mauritius Examinations Syndicate» (MES), concède que la manifestation de la PKOTAPP a causé «beaucoup de désordre, stress et panique». Plusieurs élèves qui prenaient part aux examens pour le «School Certificate» et le «Higher School Certificate» sont arrivés en retard hier. «Normalement, on ne compense pas pour les retards, mais là, exceptionnellement, on a pris des dispositions pour permettre aux candidats, victimes des embouteillages, de rattraper leur retard afin qu?ils ne soient pas pénalisés», dit Lucien Finette.

Deux élèves ont cependant eu la désagréable surprise d?arriver au moment où les questionnaires avaient déjà été repris. Le MES approchera «Cambridge International Examination» pour accorder une permission spéciale à ces élèves pour participer à l?épreuve qu?ils ont ratée.

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