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Opération « il faut sauver le soldat Dulloo »

13 avril 2008, 00:00

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Opération « il faut sauver le soldat Dulloo »

Le leader du MMSM, Madun Dulloo, expliquera aujourd?hui à ses partisans les raisons de ses désaccords avec le Premier ministre. Cela à l?occasion du 13e congrès anniversaire du parti. Celui qui était naguère considéré comme le dauphin de sir Anerood Jugnauth, se retrouve, depuis son éviction, à nouveau dans les rangs de l?opposition parlementaire menée Paul Bérenger.

Petit retour en arrière. Après des semaines de tension entre l?ex-ministre des Affaires étrangères, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, décide de le révoquer. Raison avancée : un manque de solidarité au sein du cabinet. Cette révocation est considérée comme du pain béni dans les milieux du MMSM, car elle aurait été interprétée comme étant éminemment favorable au leader de ce parti. En effet, il devenait ainsi un sérieux prétendant au poste de Premier ministre.

Sauf que depuis, les ténors du MMM ne cessent de claironner le nom de Paul Bérenger comme le futur Premier ministre, excluant toutefois le MSM de Pravind Jugnauth. D?ailleurs, Paul Bérenger a déclaré, cette semaine, qu?il a « écarté » toute possibilité d?entente avec ce parti soleil.

Mais qu?est-ce qui a poussé l?état-major mauve à revoir sa stratégie premierministérielle après avoir tout mis en ?uvre pour récupérer Madun Dulloo ? Il semblerait que ce soit le récent sondage de Business Magazine qui aurait poussé les dirigeants mauves à changer d?avis. En effet, celui-ci révèle que Paul Bérenger serait le Premier ministre préféré des Mauriciens. D?autre part, Madun Dulloo, n?a pas galvanisé les forces de l?opposition. Pire, son électorat a semblé lui retirer son soutien et se ranger du côté du gouvernement.

Encore plus esseulé

Par ailleurs, le leader du MMSM qui espérait, à la faveur de son retour dans l?opposition, partager la plate-forme élargie des forces antigouvernementales le 1er Mai, a vu tout espoir anéanti. En effet, le parti mauve ne partagera sa plate-forme avec aucun des partis de l?opposition.

Du coup, Madun Dulloo est encore plus esseulé dans les rangs de l?opposition. Son utilité et son poids politique ne sont devenus que relatifs. Et cela, au moment même où l?on suppute sur les possibilités d?alliance MSM-MMM, ou encore entre le Parti travailliste et le MSM, et celle évoquée lors des rencontres entre Paul Bérenger et Reza Issack, sur une option PTr-MMM.

Cependant, devant le désarroi du soldat Dulloo, le MMM ne pouvait laisser celui-ci sur la touche. Le parti se devait de lancer une opération de soutien à Madun Dulloo. Ainsi, la conférence de presse commune cette semaine était une occasion pour les deux leaders, en l?occurrence Paul Bérenger et de Madun Dulloo, de parler des sujets de convergence.

« Madun et moi partageons la même conviction. Nous pensons que ce gouvernement est dépassé par les événements. En tant qu?ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Madun Dulloo pourra partager ses connaissances sur un certain nombre de dossiers. Notamment sur celui de la sécurité alimentaire. L?unité nationale et la réforme électorale sont deux autres dossiers sur lesquels nous allons conjuguer nos efforts », avait déclaré Paul Bérenger lors de cette conférence de presse.

Mais tout cela fera-t-il long feu ?

Le MMM est entré dans une phase de « déstabilisation » du gouvernement. Il veut surtout semer la zizanie dans les rangs du gouvernement. Et une question se pose : le MMM s?intéresse-t-il vraiment à Madun Dulloo ? Celui-ci est-il un élément valable pour le parti ? Ou n?est-il simplement qu?un ministre démissionnaire susceptible de jeter le trouble dans les rangs du gouvernement ?

Une fâcheuse situation

À voir de près, il semblerait que le MMM n?accorde pas de grande importance aux qualités de Dulloo. On se souviendra que lorsque Madun Dulloo occupait les fonctions de ministre des Affaires étrangères, Paul Bérenger était très critique sur la manière dont l?ancien ministre menait les négociations avec l?Union européenne. Surtout sur les dossiers sucre et textile. « Le ministre des Affaires étrangères ne comprend rien à ces négociations, alors qu?Arvin Boolell est un bluffeur », avait déclaré Paul Bérenger lors d?un meeting à Beau-Bassin en août 2006. Les dirigeants mauves n?avaient pas été tendres à l?égard de Madun Dulloo, le rendant responsable d?avoir été un mauvais négociateur lors du Doha Round.

Délaissé par ses amis Rashid Soobadhar et le député Satiadev Mootia, Madun Dulloo risque de se retrouver dans une fâcheuse situation, car après l?opération ponctuelle pour sauver le soldat Dulloo, on pourrait dans quelque temps assister à une autre opération : abandonnez le soldat Dulloo au nom des impératifs d?une autre alliance.

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