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Officiels des Jeux, héros de l?ombre
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Officiels des Jeux, héros de l?ombre
Les officiels de ces 6e Jeux des îles de l?océan Indien, dénombrés à plus d?un millier, sont des bénévoles motivés tant par l?amour du sport que par le patriotisme.
Parmi les mordus du sport, on trouve Michel Changkye, physiothérapeute de l?Etat, affecté au centre médical. Celui-ci se porte volontaire pour les JIOI depuis 1985. ?Je suis dans mon élément ici.?
Sylvio Pierre, responsable du Coronary Care Unit de l?hôpital Victoria, Candos, est aussi un vieux routier des Jeux.
Actuellement, il a sous sa coupe 30 paramédicaux. Sa première participation à la compétition date de plusieurs années. C?est ce qui a aiguisé son appétit pour le sport. Il a alors adhéré au comité régional d?athlétisme de Beau-Bassin/Rose-Hill. Depuis, ça n?a pas arrêté. ?J?aime appliquer mes connaissances en médecine sportive et encadrer les autres.?
?Le sport, c?est tout pour moi?, raconte Jean-Claude Ithier, masseur, qui a travaillé avec plusieurs équipes de football avant de le faire pour la sélection nationale de basket-ball. ?J?aime tellement le sport que j?ai parfois des problèmes avec ma femme?, confie-t-il en riant.
Plus fou de tennis de table que Philippe Hao Thyn Voon, on n?en trouve pas. Au cours de ces 6e JIOI, cet ancien pongiste, champion de Maurice pendant 14 ans, porte plusieurs casquettes. ?J?ai tous les vices?, dit-il en riant. En effet, en sus de représenter la fédération internationale de tennis de table, il est vice-président de la Fédération africaine et vice-président du Comité olympique de Maurice. De plus, sa société de canalisation, PAD-CO, est un parrain de cette discipline. C?est dire qu?il y est jusqu?au cou. Sa fonction est de régler les litiges éventuels. ?Je ne le fais pas pour l?honneur ou la publicité. C?est par amour que je suis là?.
?On aime trop le tennis de table pour se contenter de rester sur les gradins?, disent Rampall Deo et Aslam Moniaruck, arbitres. Malgré les difficultés ? absence d?uniformes, manque d?arbitres pour certains matches, problèmes de sécurité ? ils font de leur mieux pour que tout soit parfait.
Jean-Claude Laverdure, responsable des transports pour les Jeux, est également amoureux du sport. Ce fonctionnaire du Bureau du Premier ministre a été temporairement affecté au ministère de la Jeunesse et des Sports pour les JIOI. ?J?ai accepté de participer à condition de m?occuper du transport comme je le fais depuis 1985?, explique-t-il.
Mais entre 1985 et aujourd?hui, les temps ont changé. Le nombre de sportifs et d?officiels à transporter a augmenté. Jean-Claude Laverdure gère une flotte de 200 véhicules, soit 200 chauffeurs, qui reçoivent des ordres d?une trentaine de personnes. Chaque jour, ce sont presque 2 500 athlètes et officiels qui sont véhiculés.
Son plus grand challenge a été la cérémonie d?ouverture. ?Du 25 au 29 août, nous avons dû assurer le transport aller-retour de 1 500 jeunes habitant les quatre coins du pays?, raconte-t-il.
Patriote jusqu?au bout des ongles
Même s?il a de la route derrière lui, c?est aussi par amour pour le sport que Thiar Ponambalum, responsable du départ des courses, se retrouve sur la piste cendrée du stade Germain Commarmond. Sapeur-pompier prêté au ministère de la Jeunesse et des Sports pour les Jeux, entraîneur sous contrat avec la Fédération d?athlétisme, il se devait d?être présent, comme il l?a été en 1985.
?Etre sur la piste, c?est dans la tête, c?est dans le sang. Je suis là pour m?assurer que les athlètes pratiquent dans les meilleures conditions.?
Le patriotisme est aussi à la base de l?engagement des officiels, à l?instar de Raj Naëck, responsable de la pharmacie à l?hôpital Victoria, Candos, et unique pharmacien à travailler pour ces Jeux. ?C?est ma première participation et je le fais pour aider mon pays?, dit-il fièrement. Il doit veiller à ce que les médicaments soient utilisés à bon escient par les athlètes de toutes les délégations, hormis celle de la Réunion venue avec ses propres médicaments. Raj Naëck en tire tellement de plaisir qu?il compte recommencer.
?Je donne un coup de main au pays?, dit solennellement Laval Ecumoir, en charge de l?accueil au Village des Jeux. Pour cet ancien champion du 400 m haies, il fallait absolument participer. ?C?est quand même plus vivant que de regarder les Jeux à la télé. Là, on côtoie les athlètes, on est partie prenante de cet événement.?
Les deux arbitres internationaux de volley-ball que sont Yvan Rivet et Rohit Caullychurn, respectivement enseignants d?éducation physique aux collèges Adventiste et Presidency, conjuguent amour du sport et patriotisme. Ils ont pris des cours d?arbitrage depuis 1985 et ont obtenu leur statut d?arbitre international dix ans plus tard. ?On ne peut se passer de ça?, déclare Yvan Rivet. ?Et puis, une fois qu?on a acquis le niveau, on doit le maintenir car si on n?arbitre pas pendant une année, notre licence internationale nous est enlevée.?
Même si l?arbitrage peut être une fonction ingrate, Rohit Caullychurn déclare tenir à ce que le niveau du volley reste élevé à Maurice. ?Il y va de l?honneur du pays?
Esprit de compétition
Les plus jeunes officiels sont surtout motivés par l?expérience à acquérir, par le défi à relever. C?est le cas d?Alexandre Babylone et de Clyde Koa Wing, deux élèves du collège St-Joseph, transformés en journalistes-animateurs du site Internet des Jeux. Il en va de même pour Bhavna Bhikaji et Odile Finette, animatrices du centre de presse. Clyde Koa Wing, étudiant en informatique qui a réalisé le site de son collège, a voulu savoir ce qu?il a dans le ventre. Alexandre a tenté l?aventure par esprit d?initiative. Les deux sont satisfaits de l?expérience, même si cela les oblige à regagner le centre de presse entre deux épreuves pour réactualiser les informations.
Bhavna Bhikaji, étudiante en deuxième année de Communication Science et d?anglais à la De Chazal Dumée Business School, voulait découvrir l?expérience du travail. Là, elle est bien servie. C?est la curiosité qui a poussé Odile Finette, étudiante à l?Université de Toulouse effectuant un stage chez Imagine Communications, à accepter l?offre de Jean-Marie Richard, directeur de cette entreprise. Même si elles trouvent les horaires contraignants, elles apprécient ce travail qui leur donne un certain pouvoir. ?On se sent un peu petit chef car on fait la liaison entre les journalistes et les autres responsables. Une expérience à renouveler?, affirme Bhavna.
C?est entre les mains de Ludovic Philippe, Shagrid Gaya et Shalini Sookdeo que reposent les espoirs des coureurs en athlétisme. Ces jeunes sportifs font partie de l?équipe s?occupant de la photo-finish. Même si leur travail peut s?avérer stressant, ils le font pour l?événement, pour son ambiance, ?pour assumer des responsabilités?, explique Ludovic.
Finalement, il y a les officiels hors normes, ceux qui participent en raison de la sélection d?un parent au sein de la compétition. C?est le cas d?Olivier Sénèque, étudiant au collège du St-Joseph, animateur du site Internet des Jeux, qui a toujours vu son père Jean-Michel, participer en tant que basketteur. ?Hormis les JIOI de 1990, il les a tous faits. Il était temps que je prenne le relais en quelque sorte. J?espère y être la prochaine fois comme athlète.?
C?est pour voir sa nièce, Sweety, nager au sein de la sélection nationale que Clency Adelson, programmateur radio à la Mauritius Broadcasting Corporation, s?est intéressé à l?arbitrage de la natation. S?il a fait plusieurs championnats nationaux, c?est sa première participation aux JIOI. Il a trouvé l?ambiance extraordinaire et se dit triste que la compétition soit finie.
Qu?importe les évènements, Ivy Caëtane est toujours là. Lorsque son fils est admis dans une école d?athlétisme, elle l?a suivi et y est entrée par la même occasion, à la Fédération mauricienne d?athlétisme. Elle s?occupe de la deuxième chambre d?appel. C?est là que les athlètes viennent confirmer leur participation à la compétition, faire contrôler leur dossard, se faire fouiller et attendent leur épreuve.
Quelle que soit la motivation des officiels, il faut leur dire à tous : ?Chapeau bas!?
centre de presse
Au coeur de l?info
Le centre de presse des Jeux des îles, dirigé par Jean-Marie Richard, est situé à Rose-Hill. Environ 250 journalistes de la région l?utilisent pour y puiser informations et résultats. Les reporters s?affairent sur une douzaine d?ordinateurs mis à leur disposition et connectés à l?ADSL. Ils peuvent ainsi envoyer textes et photos à leur rédaction. Sur chaque site de compétition également, les journalistes peuvent utiliser une salle de presse équipée de facilités de communication.
Les bénévoles qui sont affectés à ces centres ont tous suivi une formation de trois mois chez De Chazal du Mée Business School sur les médias, l?organisation de différents sports, les disciplines elles-mêmes et sur le fonctionnement du COJI. Au total, 40 personnes veillent à la bonne marche du centre, de 7 heures du matin jusqu?à ce que le dernier journaliste soit parti, soit vers deux heures du matin?
Sonia Serra
Marie-Annick Savripène
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