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Négociations AGOA et OMC, des avancées pour Maurice

4 août 2008, 00:00

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La satisfaction. Tel est le sentiment qui anime le vice-Premier ministre et ministre des Finances Rama Sithanen après sa double mission de négociations qui l?a conduit aux Etats-unis et en Suisse. Ces missions concernent respectivement les négociations sur l?African Growth and Opportunity Act (AGOA) et le cycle de Doha.

Dans le cadre de l?AGOA, Maurice a reçu en 2005 une dérogation exceptionnelle du third country fabric sur une période d?une année. Le pays a sollicité de nouveau cette dérogation, mais, cette fois, jusqu?en 2012 au même titre que les pays sous-développés. Dans le même temps, des réflexions ont été engagées pour trouver un cadre de pérennisation de l?AGOA, dont les provisions devraient prendre fin en 2015.

«Mais pendant que nous faisons ce lobby, d?autres pays se sentent menacés par notre accès à une telle préférence, c?est le cas du Lesotho qui a publiquement objecté à notre accès au third country fabric. Même si nous ayons eu le soutien à l?unanimité des pays africains l?année dernière à Accra», a fait remarquer Rama Sithanen.

Cette dérogation a été acceptée le 29 juillet par la Chambre des représentants aux Etats-Unis et pourrait passer devant le sénat américain d?ici septembre. Maurice continuera son lobby et se rapprochera du Lesotho pour demander son soutien, souligne le vice-Premier ministre et ministre des Finances.

<I>« Mais pendant que nous faisons ce lobby, d?autre pays se sentent menacés par notre accès à une telle préférence,c?est le cas du Lesotho »</I>

En marge de cette négociation, des questions bilatérales, dans le but de la signature d?un traité avec les Etats-Unis, ont été abordées. Elles concernent particulièrement l?assouplissement des conditions d?accès au marché, tel que les règles d?origines, les normes phytosanitaires et d?autres obstacles techniques aux échanges commerciaux.

Il en a d?ailleurs été question à la rencontre de l?Organisation mondiale du commerce à Genève. Malgré la déception des uns et des autres, suite à la non-conclusion d?un accord commun sur le commerce et le développement, des avancées notables ont été effectuées. Particulièrement pour Maurice. «Nous avons pu sécuriser à plus de 70 % nos exportations sur le marché européen concernant le textile, l?habillement, le poisson, les bijoux. Mais le Sri Lanka et le Pakistan ont objecté, ce qui a laissé la porte ouverte à d?autres objections dont celles du Bangladesh», déclare Rama Sithanen.

Maurice, en sa qualité de Small and Vulnerable Economy (SVE), Small Island Development State et Net Foods Importing Development Country a pu tirer profit des avantages rattachés à son statut. Le sucre a pu être positionné comme une long standing preference sur proposition de Maurice. Ce statut devrait permettre d?obtenir la baisse des tarifs sur le marché du sucre sur dix ans, avec un moratoire de deux ans. «Après la levée de l?objection du Brésil, de l?Australie et de quelques pays latino-américains, le sucre a pu être accepté comme une long standing preference», a expliqué Rama Sithanen.

Cette proposition a été renforcée par l?Union européenne qui présente le sucre comme un «produit sensible» et permet à ce dernier de bénéficier d?une période d?ajustement sur dix ans au lieu de cinq ans. Une clause de sauvegarde a été même obtenue sur une période de sept ans.

«Tant que les acquis de ces négociations seront maintenus comme nous avons proposé avec insistance, ces négociations demeureront une avancée notable pour Maurice», a conclu Rama Sithanen.

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