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Nu traversé m?a emportée

6 mai 2006, 00:00

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Nu Traversé, de la Troupe Favory sera jouée jusqu?à la fin de l?année, à l?occasion de la campagne Stop violence against women, de la branche locale d?Amnesty International. Nu traversé, qui se jouait cette semaine à l?Alliance Française, est une pièce bouleversante, magnifique, qu?il ne faut pas manquer.

J?ai noté le mot «mélodie» dans mon carnet. Je ne sais plus vraiment pourquoi, ni à quel moment précis je l?ai noté. J?aurais aussi pu écrire tant de choses, poésie, force, courage, violence. Mais seulement mélodie. Celle qui arrive à point nommé, comme la rosé tombé, après la colère, pour ramener le calme.

La mélodie qui lie les traversées, leurs naufrages, leurs tempêtes. La mélodie qui pousse à l?émotion, à la confession. La mélodie ou peut-être la musique grave et légère d?un récit si bien écrit et mis en scène par Henry Favory et si bien interprété, par Sandrine Hector, Cindy Milarae, Géraldine René, Virginie Sénèque, Gaëlle Tossé et Aurélie Montezuma.

Une mélodie tout en variations et tout en intensité, dans les rires, comme dans les frissons, comme dans les larmes. Dans les chuchotis assurés, comme dans les cris fragiles.

Utile et futile

C?était simplement beau et grand, utile, aussi futile que ce mot puisse être dans la bouche de certains. Le théâtre se donne, se joue, au service d?une cause. Je me répète, c?est beau et grand. Quelle qualité et quelle justesse dans les mots, dans l?émotion.

Nu Traversé a été créé par Henry Favory en 1997, à partir d?interviews réalisées par Marie France Favory auprès d?un groupe de femmes victimes de violences domestiques ayant trouvé refuge à SOS Fam.

Je ne la découvre qu?aujourd?hui grâce à ce projet d?une tournée de Nu Traversé pour le compte de la campagne Stop violence against women. Le théâtre devient medium de communication, d?information et d?éducation pour et avec la population. S?engager, lutter, pour construire.

Des sept femmes qui se retrouvent ainsi à parler dans ce centre de refuge, aucune ne se ressemble. Aucune histoire ne se ressemble. Et pourtant. La violence pour chacune est la même. La souffrance physique, les coups reçus, morale, la honte, la peur. La peur de ce mari qui crie, qui frappe, qui impose, régente, ordonne, jalouse, dénigre. Mari sa.

Nu traversé va passer près de chez vous, dans les clubs sportifs, les centres communautaires. Ne ratez pas la représentation, ne ratez pas cette occasion de voir en face une réalité. Allez voir la pièce les yeux et le c?ur grands ouverts. Posez-vous la question, écoutez.

S.K.

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