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Nouvelle structure, nouveau dynamisme
En 18 mois d?existence, l?Empowerment Programme (EP) a touché quelque 6 000 personnes et 700 petites et moyennes entreprises. En 2006-07, Rs 280 millions ont été investies dans divers programmes. La somme s?élevait à Rs 320 millions pour l?année financière 2007-08 sans compter les Rs 200 millions pour la réalisation du village modèle de Bambous. Les réalisations à ce jour commandaient une nouvelle approche afin que l?EP puisse agir plus vite et cibler davantage de bénéficiaires. D?où la création d?une nouvelle structure, la National Employment Foundation (NEF) (voir encadré), annoncée dans le Budget 2008-09.
Ceux qui ont ?uvré jusqu?ici dans la structure existante se montrent enthousiastes et pensent que de nouveaux objectifs sont possibles. «Jusqu?ici, nous avons travaillé avec des institutions de l?Etat et des partenariats public-privé. Mais nous n?avions pas le suivi nécessaire. On peut avoir des programmes pertinents mais si on n?a pas les moyens adéquats, surtout en termes de ressources humaines, il est difficile d?avancer. La nouvelle structure permettra un meilleur suivi», expliqueRaj Makoond, jusqu?ici président du sous-comité placement et formation de l?EP.
La nouvelle structure, enchaîne Amédée Darga, qui préside le sous-comité sur les PME et celui sur la restructuration du secteur porcin, permettra d?assurer «une meilleure capacité d?intervention autant dans la profondeur que dans l?intensité.» Depuis sa création, l?EP a fonctionné avec un steering committee, des présidents des six sous-comités et sans soutien administratif, hormis les deux officiers dont le coordinateur, travaillant à plein temps. «Cela a été un travail énorme avec peu de moyens. Malgré cela, on présente un bilan très honorable mais nous pensons pouvoir faire mieux et beaucoup plus avec de nouvelles ressources humaines. Les six nouveaux directeurs de programmes seront un soutien au conseil d?administration alors que les présidents des sous-comités assureront l?exécution des programmes. Nous renforçons aussi la marge de man?uvre de l?organisation qui dépendait trop d?institutions existantes dont la performance n?était pas toujours à notre goût», relève Amédée Darga.
«Il deviendra possible, estime-t-il, d?accroître avec la NEF le nombre des programmes et produire plus de résultats. L?exécution de nos projets a été source de frustration. L?argent était là. Les bonnes idées aussi autant que les décisions pertinentes. Mais le hic se situait au niveau de l?exécution de la part de certaines institutions. Avec la NEF, nous allons pouvoir mettre en compétition les institutions publiques et les opérateurs privés pour assurer la meilleure satisfaction des bénéficiaires.»
Si l?EP a été une «bouffée d?air frais et une approche différente», une nouvelle structure, confirme Aline Wong , coacher du comité Special Programme for Unemployed Women, assurera un accompagnement constant. «C?est la qualité de la mise en ?uvre des programmes qui déterminera si nous atteignons les objectifs ou non. C?est là qu?intervient la nouvelle structure», estime Aline Wong. L?EP a fait, déclare-t-elle, un travail dans le concret. «On a détecté des problèmes précis et nous avons essayé d?apporter des réponses appropriées. Dans le cas des femmes sans emploi, nous pouvons désormais aller plus loin. On n?est pas là pour des effets d?annonce. Ma satisfaction, ce sont les résultats récoltés par les femmes ciblées», précise Aline Wong. Le Life Management Training, programme d?accompagnement dont le but est d?apprendre une discipline de vie et de travail, témoigne du même objectif d?intégration.
L?action visant les femmes et les chômeurs de manière générale a ainsi connu, grâce à l?EP, un nouveau souffle. Raj Makoond témoigne d?une certaine prise de conscience dans le secteur concurrentiel. «L?approche est novatrice. L?intégration de la personne dans un monde économique en pleine mutation relève du défi qui consiste à connecter une frange de la population à une nouvelle dynamique du travail.»
L?EP a aussi contribué à la relance des éleveurs de porcs touchés par le drame de la fièvre porcine. «Le développement du village social intégré de Bambous illustre une volonté nouvelle où il ne s?agit pas seulement de proposer un logement mais aussi une infrastructure sociale, y compris éducationnelle. C?est tout un travail de réhabilitation sociale», explique Amédée Darga. L?EP contribue à transformer la vie socio-économique des bénéficiaires, ajoute-t-il. «L?EP ne prétend pas pourtant être la nounou de tous les chômeurs. Nous sommes des facilitateurs et nous avons apporté le soutien financier à la formation et au placement. Mais il faut comprendre que la perspective de l?enfant gâté, qui attend que l?emploi vienne à lui, n?est pas ce qu?on veut soutenir. L?EP a engagé un programme d?encadrement social non pas fondé sur l?assistanat mais sur un objectif clair : dibout lor ou lipie.»
Une nouvelle structure donc pour de nouvelles ambitions?
<B> Une entité légale</B>
■ «L?empowerment programme» (EP) deviendra, avec les dispositions du budget 2008-09, une compagnie publique avec un conseil d?administration et un financement de l?Etat. C?est ainsi que naîtra la «National Empowerment Foundation» (NEF). Le conseil d?administration, dont les membres seront toujours des bénévoles, aura la responsabilité de définir les stratégies, les politiques générales, d?approuver les programmes et les lignes directrices. Il allouera les budgets aux programmes, nommera le personnel et identifiera les agences d?exécution. La nouvelle structure veut assurer un support plus efficace aux agences qui travaillent avec l?EP pour l?exécution des programmes. Un meilleur suivi des bénéficiaires devrait être garanti. La prise de décisions s?en trouvera accélérée. Les procédures opérationnelles passeront à un autre palier et le travail de communication et de vulgarisation se fera avec les publics cibles. Outre le conseil d?administration, une «Programme Facilitation Unit» (PFU) sera lancée. La PFU sera une structure ternaire, composée d?un «Directorate», avec un directeur de programme, une secrétaire de programme, huit managers -? six pour les six programmes ? un manager en communication et un «field operation manager», et des «field officers». Une PFU sera également créée à Rodrigues. Des appels d?offres seront lancés pour la réalisation des programmes. Un «Memorandum of Understanding» sera signé entre la NEF et le ministère des Finances qui stipulera les conditions de l?allocation des fonds et les objectifs de performance à atteindre.
<B>Nouveaux projets</B>
■ Les femmes sans emploi demeurent une cible privilégiée de l?«Empowerment Programme» (EP). Devant les hésitations des employeurs à prendre en placement et en formation des femmes âgées de plus de 40 ans, des mesures incitatives sont prévues dans le budget 2008-09. L?EP assurera 75 % de la somme qui sera versée aux femmes de plus de 45 ans. Un nouveau plan micro-crédit est destiné aux femmes qui veulent lancer leur entreprise. 100 % du financement seront assurés par la Banque de développement qui acheminera les fonds à travers des «Cooperative Credit Unions». Le «Life-skills training» est un autre projet. Les causes du chômage sont structurelles. En faisant appel à un corpus de compétences, il s?agit de revaloriser la personne et la motiver à apprendre et à se former. Les cours de «Life-skills training» seront de 60 heures et un accompagnement sur 100 heures. Autre projet, la mise en place d?un «Job Fair Centre». Plate-forme permanente pour mettre en relation employeurs et demandeurs d?emploi, elle permettra à chacun d?appréhender le nouveau monde du travail. Le centre devrait être lancé début 2009.
QUESTIONS À?
<B>Hootesh Ramburn coordinateur du programme
● En quoi la nouvelle structure de l?«Empowerment Programme» (EP) va contribuer à l?action que vous avez menée jusqu?ici ?</B>
EP est passé à une deuxième étape. Après des projets pilotes, on se projette dans une phase d?activation intense. Le dispositif existant nous a permis de toucher quelque 6 000 personnes. Ce qui est important désormais, c?est d?assurer un suivi continu et parvenir à une multiplication des initiatives. Il faut que les gens soient ?empowered?. C?est ainsi que nous pourrons dire que nous avons atteint nos objectifs. On ne peut dépendre seulement des comités de volontaires. C?est en cela que la nouvelle structure créera un nouveau dynamisme.
● <B>Est-ce à dire que vous n?avez pas toujours obtenu le soutien que vous jugiez nécessaire ?</B>
Les décisions prises jusqu?ici dépendaient de l?intervention des agences de mise en ?uvre que ce soit pour les femmes ou les petites entreprises. Mais il faut savoir que ces institutions ont aussi leurs priorités. Le fait qu?elles devaient revenir vers nous pour savoir si l?intervention était appropriée compliquait les choses d?autant plus que j?ai été le seul employé à plein temps qui comptait principalement sur le soutien de quelques officiers du ministère des Finances. Depuis mars de cette année, nous comptons une nouvelle employée qui s?occupe des projets sociaux. Mais c?est nettement insuffisant. Il ne s?agit pas seulement de ressources financières pour l?exécution des projets mais aussi de ressources humaines. Il y a aussi cette nécessité de communiquer et de vulgariser les programmes afin que les gens puissent vraiment tirer profit de ce qui est proposé. La nouvelle structure, qui ne sera pas non plus lourde, va fonctionner avec l?apport des managers qui pourront faire le travail de suivi et d?évaluation des projets.
● <B>Quelle forme prendra la nouvelle structure ?</B>
Ce sera une entité légale qui permettra à l?EP d?avoir la flexibilité nécessaire pour fonctionner. Déjà à ce jour, il y a de multiples sources de satisfaction. Avec davantage de ressources humaines, on aurait atteint plus d?objectifs. On aurait aussi souhaité avoir pu toucher plus de personnes au programme de placement et de formation. L?action entreprise au niveau des personnes non-qualifiées est également déterminante. Il est essentiel d?essayer de les intégrer dans le monde du travail. On a enregistré des résultats notables à ce chapitre. Le village intégré de Bambous est une autre grande satisfaction. Il ne s?agit pas seulement de construire des logements mais d?aider des familles à sortir de la pauvreté en leur offrant la formation et une qualité de vie appréciable. L?essentiel, c?est de croire dans ce qu?on fait. Avoir une passion et une conviction qui porteront l?action de l?EP. Ce n?est pas décider pour les gens mais avec eux. Ce programme n?a qu?une existence très courte mais nous avons une obligation de résultats dans les années à venir.
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