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Nouvelle menace chinoise sur le textile-habillement

27 décembre 2007, 00:00

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La protection disparaît. L?Union européenne (UE) vient d?enlever les restrictions quantitatives qui pesaient sur les vêtements chinois. Cette ouverture met à mal les produits mauriciens qui sont encore plus exposés à une confrontation avec du made in China à bas coût sur le marché européen. L?industrie mauricienne estime toutefois que la qualité et la fiabilité de son offre peuvent faire la différence.

«La décision finale revient au consommateur. Nos clients européens ont toujours fait confiance à la qualité et à la fiabilité de nos produits. Nos entreprises ont un response time qui leur convient. Notre industrie évolue aux normes de la responsabilité sociale. Tel n?est pas le cas pour la plupart des entreprises chinoises», observe Danielle Wong, directrice de la Mauritius Export Association (MEXA). «L?enlèvement des quotas va nous forcer à être plus compétitifs. Il faut développer d?autres arguments pour rester dans la course.»

L?Europe avait frappé les importations de vêtements de Chine de quotas afin d?éviter un déferlement des produits low cost sur son territoire. Les restrictions étaient en vigueur depuis 2005. Elles seront remplacées par un système conjoint de surveillance (par les pays européens et la Chine).

Le démantèlement de l?accord multifibre en janvier 2005 avait ouvert la voie aux entreprises chinoises pour écouler sans barrière aucune (quantité, tarif ou autres) leurs produits en Europe. Résultat des courses : le marché européen a dû faire face à une déferlante des produits chinois. L?ouverture aura été brutale comme en témoigne la croissance de 47 % des produits de l?habillement de Chine qui avaient fait leur entrée dans les pays européens dans les six premiers mois de la libéralisation. L?UE avait estimé que des mesures de sauvegarde pour protéger son industrie de textile s?imposaient. En juin de la même année, les limites avaient été réintroduites pour une période de trois ans.

Système conjoint de surveillance

L?industrie mauricienne de la confection, dont l?Europe est le principal marché, avait profité de ce retour temporaire de quotas. Ce temps de répit a aidé les fabricants mauriciens à quitter graduellement la zone rouge dans laquelle se trouvait le textile-habillement.

Les entreprises mauriciennes ont aujourd?hui complété leur phase de restructuration et ont de meilleurs arguments pour riposter à la nouvelle menace chinoise. «Nous jouons sur le haut de gamme tandis que les vêtements chinois sont essentiellement dans le segment bas coûts. Par ailleurs, les producteurs mauriciens sont connus pour leur capacité à livrer les marchandises à temps», dit Sunil Toolsee, manager chez Beachwear, un fabricant de maillots de bain.

«Beaucoup d?entreprises chinoises ne peuvent donner ces gages de fiabilité. De nombreux clients européens se sont fait avoir en recherchant le volume et les prix bas. Ils ont reçu leurs marchandises alors que la saison était déjà passée. Beaucoup d?acheteurs européens reviennent vers nous après leur mauvaise expérience avec les Chinois», dit-il.

Il n?empêche que l?enlèvement des quotas sur les t-shirts, les chemises et les pantalons de Chine préoccupe le textile mauricien dont les coûts de production ne cessent d?augmenter. Il faut aussi tenir compte de la politique monétaire de Beijing qui prône une dévaluation agressive pour rendre les exportations plus compétitives.

Les compétiteurs à la Chine, dont Maurice, se sont toujours plaints de la «subvention monétaire» dont jouit l?habillement fait en Chine. D?autre part, les producteurs chinois pratiquent des salaires très bas dans les usines de textile.

Les entreprises chinoises ? qui sont pour la plupart d?Etat ? bénéficient également du soutien financier de l?Etat à travers des crédits à des taux très préférentiels. Les prêts sont même susceptibles d?être rayés afin d?absorber les pertes éventuelles. Tout cela met l?industrie chinoise de l?habillement dans une situation avantageuse artificielle sur ses concurrents.

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