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Nouveau désaccord entre SAJ et Ramgoolam

28 juillet 2005, 00:00

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Le Président de la République aurait franchi hier un pas susceptible de provoquer une nouvelle irritation du gouvernement. L?exacerbation de la tension tiendrait à la nomination du président et des membres de la Public Service Commission (PSC) et de la Disciplined Forces Service Commission (DFSC). La liste a été rendue publique hier par la State House. Des informations disponibles en fin de journée faisaient état d?une décision de Sir Anerood Jugnauth de passer outre aux recommandations du Premier ministre, Navin Ramgoolam, sur la composition de cette liste.

La liste approuvée par le président ne correspondrait pas tout à fait à celle souhaitée, ou proposée, par le Premier ministre. Ce dernier avait transmis par le biais du chef de la Fonction publique, Harry Ganoo, ses propositions mais elles n?auraient pas toutes été retenues. En particulier, le choix du Premier ministre pour la présidence et la vice-présidence de la PSC n?ont pas été entérinés.

<B>Tempête dans un verre d?eau</B>

Les alinéas 88 (5) et 90 (4) de la Constitution autorisent le président de la République à nommer le président et les membres de la PSC et de la DFSC après consultation avec le Premier ministre et le leader de l?opposition. Mais, traditionnellement, le président tient compte des propositions qui lui sont soumises par le Premier ministre. Il semblerait que, cette fois, les noms proposés par l?opposition ont été retenus mais pas tous ceux recommandés par le Premier ministre.

Plusieurs membres du gouvernement disaient hier avoir compris qu?il existait un nouveau désaccord entre le président et le Premier ministre mais personne ne pouvait confirmer la nouvelle. Le même mutisme a prévalu du côté de la State House.

Ces remous autour de la nomination des membres des deux commissions pour le recrutement et la promotion des fonctionnaires et des policiers respectivement interviennent alors que durant la journée d?hier des dirigeants travaillistes se sont évertués à minimiser la portée du conflit au sommet de l?Etat.

Le discours-programme sera lu par le président de la République demain. ?Pourquoi est-ce que cela surprend les gens ?? se demandent ces milieux travaillistes. ?Est-ce que Navin Ramgoolam a déjà indiqué que la convention ne serait pas respectée ??

Y avait-il crise et y a-t-il eu revirement avec la décision du gouvernement d?inviter le président à l?Assemblée nationale pour le discours-programme ? Dans les couloirs du pouvoir, des officiels insistent qu?il n?en est rien. ?Tempête dans un verre d?eau. Que beaucoup sont en train d?exploiter.?

Ce n?est un secret pour personne que le Premier ministre ne veut pas de SAJ comme chef de l?Etat. Or, dans les circonstances actuelles, Navin Ramgoolam n?a d?autre choix que de travailler avec SAJ ?dans les limites du possible?. Quelles sont ces limites ? ?La convention tout simplement. C?est le président qui lit le discours-programme et donc il est invité. C?est devant le président que le gouvernement prête serment, c?est chose faite?, explique un rouge.

D?ailleurs, même si un courant minoritaire à l?intérieur du gouvernement souhaitait humilier le Président, rien ne dit que le discours-programme contiendrait forcément des éléments pouvant le gêner. Un interlocuteur travailliste estime qu?il existe surout un problème de confiance entre le chef du gouvernement et le chef de l?Etat. ?Et ce n?est pas une excuse. Le fait que l?opposition se fasse maintenant le défenseur et le porte-parole du président ne fait qu?empirer les choses. Et comment oublier que SAJ a, directement ou indirectement, travaillé contre le gouvernement du jour ??

<B>Engagement pris avec le peuple</B>

Cela expliquerait pourquoi le gouvernement trouve difficile d?envoyer l?ordre du jour du cabinet chaque semaine au président. Mais il le fait quand même. ?Je ne trouve rien à redire à cela. Le Premier ministre fait ce qu?il doit faire mais s?il y a manque de confiance, SAJ n?est pas étranger à cela?, déclare une source proche du pouvoir.

En effet, cet interlocuteur explique que le problème de Navin Ramgoolam avec SAJ n?avait a priori rien à voir avec son fils. ?C?est son épouse qui a commencé la provocation. Et qu?on ne vienne pas nous dire que c?est à la suite de la campagne de lady Jugnauth que Ramgoolam a décidé d?humilier son époux en tenant la cérémonie de prestation de serment en public. Navin Ramgoolam avait déjà pris cet engagement avec le public avant que lady Jugnauth ne fasse son apparition publique.?

Des milieux travaillistes soutenaient hier qu?il n?y a pas de crise. Ce sont des meter choula qui profitent de la situation et ajoutent de l?huile au feu. Maintenant Paul Bérenger se fait un plaisir de parler au nom du président. Qui est en train d?envenimer le problème ? À qui ?la crise? profite ?

Les mêmes sources admettent que SAJ n?hésite pas à provoquer le gouvernement. Certains rouges lui reprochent d?avoir dit : ?Gete ki zot pou fer, mo na pa pou ale.? Un membre du PTr pose la question autrement : ?Où est l?accord Medpoint ? Il n?y a pas d?accord. Tout avait été écrit sur une serviette en papier par Collendavelloo. Cette serviette n?existe plus. Quand SAJ a été élu, c?était entendu qu?il allait occuper le poste de président aussi longtemps que le gouvernement qui l?a élu reste au pouvoir. Si on dit qu?un président est élu à chaque fois pour cinq ans, je demande pourquoi Karl Offmann n?est pas resté pour cinq ans ??

Un proche du Premier ministre explique : ?La situation est on ne peut plus claire. Nous ne voulons pas de SAJ, il refuse de partir. Entre-temps, il y a les institutions à respecter et c?est ce que le Premier ministre est en train de faire, soucieux qu?il est du respect des institutions. Quant à l?absence du gouvernement au Réduit lors de la remise des insignes, que certains ont décrié, c?était une cérémonie de décoration des MMM et des MSM. Très partisane pour dire le moins.?

Au final, la situation semble plus confuse que jamais. Tandis que les uns soutiennent qu?il n?y a pas de crise et que les règles seront respectées, les autres évoquent la persistance d?une épreuve de force entre le président et le Premier ministre.

FONCTION PUBLIQUE

<B>Les membres de la PSC et la DFSC nommés</B>

■ La Présidence a annoncé, dans un communiqué émis hier, la reconstitution de la Public Service Commission (PSC) et de la Disciplined Forces Service Commission (DFSC), aux termes des articles 88 et 90 de la Constitution.

La Public Service Commission (PSC) sera présidée par Régis Yat Sin. Ses adjoints sont Mohini Radhakeessoon et Mohammud Reychad Ramjan. Les commissaires sont : Rex Cyril Louis Benjamin Franchette, Hemansing Prayag, Ravindranath Matadeen et Marimootoo Thodda.

Régis Yat Sin est également le nouveau président de la DFSC. âgé de 64 ans, il est marié et père de trois enfants. Titulaire d?un ?BA Honours? en histoire moderne de l?Université de Londres, il a fait ses débuts dans l?administration en 1960 au département du Trésor avant de passer 15 ans au ministère des Finances. Régis Yat Sin a, en 1996, été nommé chef de cabinet du Service civil.

Il avait auparavant été secrétaire permanent au ministère de l?Industrie et de la Technologie industrielle de 1991 à 1996. Les commissaires de la DFSC sont : Bawanydehal Doolhur, Marie Jacques Daniel Marion, Iswar Rajkomar et Ardil Ebrahim Ghanty. Ces commissions, qui opéreront pendant trois ans, seront opérationnelles à partir du lundi 1er août.

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