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Nos lagons reprennent vie
Un peu plus de trois ans après que le gouvernement a décidé d?interdire l?extraction de sable dans les lagons, les effets de cette pratique néfaste s?atténuent. C?est ce qu?a affirmé hier le ministre de l?Environnement, Rajesh Bhagwan, qui rendait public les conclusions du rapport intérimaire de son ministère sur les premiers signes de régénération sur quatre sites : Grand-Gaube, Grande-Rivière-Sud-Est, Poudre-d?Or et Mahébourg.
«Depuis octobre 2002, les ministères de la Pêche et de l?Environnement ont entrepris un monitoring de la situation et une série d?études écologiques. Les scientifiques ont constaté les premiers signes de revitalisation du lagon», a annoncé Rajesh Bhagwan. Les signes en question sont les réapparitions de plusieurs espèces de coraux et de goémon sur le fond marin. «Tout cela contribue à amener une abondance de petits poissons et des eaux plus claires et transparentes», s?est enthousiasmé le ministre.
Ces premiers signes sont encourageants mais il faudra attendre une décennie au moins pour que les lagons portant les cicatrices de l?extraction retrouvent leur vitalité. « La régénération du lagon a déjà débuté. Le processus est toutefois long et complexe. L?écosystème pourrait prendre de 10 à 15 ans pour se rétablir », note le rapport. Ses conclusions sont basées sur des observations faites pendant les mois d?octobre 2002, juin 2003 et janvier 2004. Ces tests démontrent que le site d?extraction de Mahébourg, qui se trouve derrière l?île aux Aigrettes, est celui qui récupère le mieux. «Une régénération des diverses espèces qui caractérisent un écosystème marin balancé est visible», affirme le rapport.
Les conclusions pour les sites de Poudre-d?Or et de Grand-Gaube, qui se trouvent au sud et au nord de l?île d?Ambre, sont tout aussi prometteuses. Ils affichent des signes qui démontrent qu?ils «sont sur la voie de la récupération». Les nouvelles pour le site d?extraction de sable de Grande-Rivière-Sud-Est, où se trouvent deux stations permanentes de monitoring du ministère de la Pêche, sont moins optimistes. «Le site ne récupère que très lentement en termes d?espèces biotiques et très peu de poissons ont étés observés», déplore le rapport.
Il est clair que la décision du gouvernement, en octobre 2001, d?interdire l?extraction de sable fut difficile mais nécessaire. Les personnes qui furent affectées par cette décision avaient le choix entre un lump sum de Rs 200 000 ou Rs 5 000 par mois pendant cinq ans, ainsi que des possibilités de formation dans d?autres secteurs et des emprunts préférentiels à la Banque de développement. Si nous voulons que nos lagons, qui sont déjà si appauvris, retrouvent leur diversité originale, il nous faudra prendre beaucoup d?autres décisions difficiles.
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