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Nirveda Alleck, un souffle du désert

8 septembre 2008, 00:00

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Aucun paradoxe. Aller rafraîchir son regard au milieu du désert. Nirveda Alleck revient d?un atelier de travail de trois semaines en Namibie.

Transformée. «Plus énergique», dit-elle. Rassérénée dans ses impulsions créatrices. Par cette manifestation organisée par le Tulipamwe Arts Trust, organisme qui fait partie de l?université de Namibie. Seule Mauricienne invitée à participer à ce projet d?« empowerment », l?objectif de l?atelier était de mettre en contact des artistes de différents pays ? France, Botswana, USA, Allemagne ? et de Namibie même, avec les Damara, une communauté indigène.

Un frottement devant être bénéfique dans les deux sens, notamment pour passer aux Damara des techniques de batik, de peinture sur tissus, de travaux sur métaux ou bois. Une initiation qui devrait à terme améliorer le quotidien de ces gens qui vivent dans la pauvreté. Sans eau courante et avec des charrette tirées par des ânes.

C?est en ces lieux où la couleur dominante est le rouge de la terre, car nous sommes là dans un désert, que Nirveda Alleck a trouvé de quoi réaliser l?idée qui lui trotte dans la tête depuis longtemps : faire tenir un arbre à l?envers.

Cette singulière image l?accompagne depuis qu?elle a lu ou vu ? Nirveda Alleck ne sait plus très bien ? une histoire de tribu qui, à la mort de l?un des leurs, le place sur un arbre à l?envers. Cet arbre est planté dans la mer. Et quand la marée monte, elle emporte le corps pour son dernier voyage.

Les racines à l?air

Frappée par ce rite funéraire, c?est au sein de la communauté Okombahé que la plasticienne a pu l?adapter à ses exigences artistiques. Attirée par un arbre mort, elle lui a donné un breath of life en, «exposant ses racines à l?air», explique Nirveda Alleck.

Tant et si bien qu?après l?installation, «les villageois ne voulaient plus je touche à l?arbre». Nirveda Alleck a donc donné cette ?uvre à la communauté et c?est la photo qu?elle expose en galerie.

Touchée par la pauvreté de cette communauté, mais aussi par leur simplicité, la plasticienne affirme que durant ce séjour, «Vous êtes obligé de revoir vos priorités, vous vous posez beaucoup de questions sur qu?est-ce qui au bout du compte est vraiment important.» Dans cet univers qui est «aussi brute, voir brutal», où la nuit vous entendez des hyènes crier, elle a aussi composé The space that I need. Espace meublé d?un moulage d?une rivière toute proche, de feuilles en plastique déposée dans un cimetière voisin, qui avec le temps se sont envolées, que Nirveda Alleck a ramassées, teintes avec des pigments, et enfilées comme pour faire un collier. Un espace délimité par des tissus peint en rouge terre. «Tout ce que je faisais finissais toujours par devenir de cette couleur-là», dit-elle sans pouvoir l?expliquer. Des ?uvres qui sont exposées au Goethe Centre en Namibie jusqu?à la fin du mois.

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