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Nila ouvre ses fenêtres sur le grand bleu

2 mai 2005, 00:00

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Bien plus qu?une galerie d?art classique, la cinquantaine d??uvres picturales, baignées dans une ambiance sonore quadriphonique que vous propose Nila, artiste peintre suisse et mauricien, forme une exposition novatrice et unique en son genre, à mi-chemin entre une plongée virtuelle et un voyage intérieur et qui vous emportera dans un monde lumineux et féerique. Lumière du grand bleu est une exposition permanente qui vous attend sur la côte sud-est de l?île, au sein d?un merveilleux havre de paix, pieds dans l?eau, pour vous faire vivre et revivre des instants profonds et inoubliables.

Si Nila a commencé à peindre à l?âge de 26 ans, il dessine cependant depuis l?enfance. La création et les arts en général l?ont toujours passionné. ?Je me souviens de la grande fascination que j?avais dans mon enfance pour les vitraux. La magie de la lumière à travers les verres colorés m?a toujours subjugué.? Créer est pour lui aussi vital que respirer, manger ou faire l?amour.

Autodidacte de nature, cet artiste-peintre qui est aussi auteur-compositeur, musicien pratiquant la guitare, le saxophone et le synthétiseur, a étudié, hors des sentiers battus, quelques-unes des facettes du domaine pictural. Aujourd?hui, il sait marier à merveille la technique et les outils. Il sait apprécier autant le pinceau que l?aérographe ou l?éponge et il sait choisir entre l?huile et l?acrylique. ?Certaines de mes créations sont réalisées uniquement à l?aide du pinceau, d?autres sont un mélange de plusieurs techniques.? Mais ce qui importe chez l?artiste, c?est qu?il a choisi avant tout de se laisser guider par ses inspirations profondes. L?art pictural devient alors l?expression d?une exploration intérieure : ses peintures sont en relation directe avec ce qu?il vit. ?Elles sont un reflet de mon âme?, confirme-t-il. Ce qui explique aussi pourquoi le surréalisme et le fantastique, en particulier les ?uvres de Dali, de Magritte, ou de Cat, pour ne citer que celles-là, l?ont fortement inspiré.

<B>L?amour sauveur de l?humanité</B>

Dans l?ensemble, le charme qui émane de ses peintures est, en grande partie, dû à ses expériences profondes qui relèvent du surréalisme, du mysticisme et de ses plongées dans le grand bleu avec les dauphins. Le tableau Jour et nuits qu?il expose pour la première fois en 1986 à Payerne, sa ville natale en Suisse, montre l?influence du surréalisme dans sa conception de l?art.

Les tableaux, nés du mysticisme, dévoilent derrière l?artiste, l?homme en quête d?une union avec le spirituel. ?En 90, je m?engage sur la voie de l?intériorité. Ma nature jusqu?au-boutiste m?a permis à l?époque d?expérimenter des états de conscience qui ont élargi ma vision au-delà de ce que je pouvais imaginer et m?ont fait comprendre que l?amour est la seule chose capable de sauver l?humanité de ses horreurs et la guérir de ses folies.? Deux années plus tard, en 1992, il peint Mandala, tableau qui symbolise parfaitement cette étape de son existence lorsqu?il prend conscience combien l?amour est capable d?engendrer la paix, la tolérance et la simplicité ? les valeurs absentes de nos sociétés. Dans un même ordre d?idées, ?le tableau L?ouverture symbolise et prophétise ce que je vivais à l?époque de mon immigration à Maurice, en 1987?, explique-t-il.

Cependant, sans se rendre compte, le fait de s?installer face à la mer, à Bambous Virieux, en 88, permet à l?artiste de découvrir un nouveau sujet d?exploitation artistique : la mer. Cette rencontre va éveiller chez lui un intérêt immense pour la plongée et la pêche. Aujourd?hui, de cette expérience, il reste une des rares toiles de l?époque, Le phare , huile sur toile et au pinceau. Il faut attendre l?année 2000, lorsqu?il fait sa rencontre avec Delphine Legay, biologiste marin et spécialiste des cétacés, (venue étudier les dauphins à Maurice en vue d?une thèse de doctorat mais qui disparaîtra en mer lors d?une plongée en apnée), pour que la mer, les dauphins et leurs mystères s?ouvrent davantage à l?artiste.

La découverte de ces cétacés qui le toucheront profondément, influencera ses créations à venir. Du coup, la couleur bleue envahit ses toiles ? d?où le titre de son exposition permanente d?ailleurs.

Aujourd?hui, sa galerie permanente ouvre le rideau sur les rides d?eau, ramenant le grand bleu et sa beauté à ceux qui ne peuvent pénétrer sa profondeur, avec, en fond musical, le silence de la mer, les mélopées marines, les souffles des baleines et les cris des dauphins.

Lumière du Grand Bleu, Royal Road, Bambous Virieux, Vieux Grand Port, ouverture : 10h -16h.

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