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Ng Kwet Chan décrit les Mauriciens chinois

3 octobre 2008, 00:00

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Toujours dans le cadre de la célébration de la fête nationale de la République populaire de Chine, en 1983 (voir l?express d?hier), Ng Kwet Chan décrit, à l?intention des lecteurs du défunt Mauritius Today, le quotidien des Mauriciens d?origine chinoise d?hier et d?aujourd?hui.

La communauté mauricienne originaire de Chine compte, en 1983, plus de 25 000 membres. C?est la plus forte communauté chinoise en Afrique. Les fah kiaro, ou Chinois d?outre-mer mauriciens, sont majoritairement originaires de Moy-en, sans être moyens, ni médiocres, pour autant, bien au contraire. Moy-en est une préfecture de la province de Kouangtoung (Canton). Ils sont Hakkas mais aussi Cantonais. Avant la Seconde Guerre mondiale, les immigrants chinois arrivent à Maurice pratiquement sans papiers d?état-civil. Au débarquement, on leur remet un Arrival Certificate, leur donnant droit ensuite à un Alien Certificate. Ils débarquent souvent, avec pour tout bagage, leur envie de trouver un emploi (difficile à décrocher en Chine), de travailler, de gagner de l?argent et si possible de retourner en Chine. Pour progresser, il faut connaître les langues parlées à Maurice (le créole autant que langues indiennes). Chaque clan ou hsiang possède son club portlouisien ou kwon.

En attendant de faire fortune, ils envoient de temps en temps de l?argent à leurs parents demeurés en Chine. Ils pratiquent principalement le commerce de détail. Les plus entrepreneurs d?entre eux ouvrent des boutiques dans différentes localités. Ils accueillent volontiers des compatriotes disposés à suivre leur exemple, à tenter leur chance à Maurice. Ils leur avancent souvent l?argent nécessaire pour le voyage, se portent garants des nouveaux venus auprès des autorités mauriciennes, guident leurs premiers pas sur le territoire mauricien. La principale difficulté, sur laquelle butent les nouveaux arrivés, est leur méconnaissance parfois totale des langues parlées à Maurice, y compris l?anglais et le français.

Les nouveaux venus ne réclament pas forcément un salaire en bonne et due forme. Ils se contentent de se forger peu à peu une place au soleil mauricien, d?être logés, blanchis, nourris, et d?un peu d?argent de poche, en cas de besoin. Leurs employeurs en revanche notent soigneusement ce qu?ils doivent à leurs employés, en termes de salaires. Quand ils veulent s?installer à leur compte, ouvrir leur propre boutique, par exemple, leur patron leur remet la totalité de leur dû et les aident à devenir, à leur tour, des entrepreneurs.

Le kwon, ou club du clan, joue un grand rôle dans cette implantation. Ces rencontres hebdomadaires, au Port-Louis, permettent aux uns et aux autres d?obtenir des nouvelles de tout un chacun. Parfois des lettres venant de Chine attendent la visite des campagnards. On se partage les informations provenant des quatre coins de l?île. On partage ainsi les informations utiles, notamment sur la vie politique mauricienne, sans oublier les inévitables parties de Mah-Jong.

Il y a aussi les salles mortuaires collectives ou kit lock car il est difficile d?organiser une veillée mortuaire, dans une boutique, où l?on vit déjà à l?étroit.

La Chambre de commerce chinoise se charge de défendre les intérêts de cette communauté commerçante auprès des autorités mauriciennes. Le Heen Foh Fee Kwon a des objectifs philanthropiques. Des écoles sont mises sur pied pour permettre aux enfants d?apprendre le chinois. La communauté crée les premiers journaux en langue chinoise. Fok Seung, le père du député Marc Fok Seung, est à la base du premier d?entre eux.

Le panthéon mauricien d?origine chinoise comprend, pour commencer, entre autres, Ahime (Hoisanne), le fondateur de la pagode Kwan Tee, aux Salines ; Affan Tank Wen, le premier politicien ; Konfortion, dont le fils, Adrien, prend une part active dans la fondation de la Chambre de commerce chinoise, fondée en 1908 (cent ans donc en 2008). Il est l?oncle du Dr Maxime Shun-Shin, un des premiers médecins de notre communauté chinoise.

Ng Kwet Chan souligne les similitudes entre trois des plus anciennes familles chinoises de Maurice. Les Kiamtia du clan Hung, les Ah Kong du clan Tan et les Ah Choon du clan Ng. Ils arrivent à Maurice respectivement en 1845, 1860 et 1884. Ils épousent des Mauriciennes. Kiamtia une Lamarque. De ce mariage naissent 13 enfants dont Réginald, le benjamin. Celui-ci possède d?une manière innée le génie de la mécanique. Il devient responsable des ateliers des Forges Tardieu. Plusieurs usines sucrières recourent à ses services en cas de pannes insolubles.

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