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NECROLOGIE
<B>Philippe Chan Tin (1948 ? 2007)</B>
J?ai perdu mon jeune frère. Mon alter ego.
Philippe nous a quittés prématurément le jeudi 8 novembre dernier à l?âge de 59 ans.
C?est un simple bilan de santé annuel, effectué en juin, qui a révélé le mal silencieux qui le rongeait déjà. Philippe se savait condamné mais, loin de baisser les bras, il affronta l?adversité avec un courage exemplaire et lutta de toutes ses forces pour venir à bout de sa cruelle maladie.
Le jeudi 27 septembre dernier, alors qu?il était au plus mal, Philippe tint à faire un témoignage sur sa maladie. Ce fut lors d?une soirée, tenue au Gold Crest à Quatre-Bornes, dans le cadre du World HepB Awareness Day. Il voulait ainsi partager avec d?autres les étapes évolutives de son mal et souhaita alors qu?une campagne nationale de sensibilisation soit entreprise à ce sujet. Requête dont la réalisation a déjà été initiée par son frère Gérard. Pendant ces moments pénibles, Philippe n?a manifesté aucune révolte, n?a proféré aucune plainte. Loin de s?apitoyer sur son infortune, il s?est conforté dans sa foi et a gardé jusqu?à la fin sa confiance dans le Seigneur. Il s?en est allé paisiblement et sereinement, entouré de ceux qui l?aiment.
C?est vers la fin des années 1960, à la municipalité de Port-Louis, que j?ai rencontré Philippe pour la première fois. Alors âgé d?une vingtaine d?années, il se joignit au personnel du Service des relations publiques et du Bien-être social, sous la direction de Freddy Appassamy. Faisant partie de mon équipe, j?ai bien vite apprécié les qualités exceptionnelles de cette jeune recrue qui faisait déjà preuve de maturité et d?un sens inné des responsabilités. Nous nous découvrîmes bien des affinités tant au plan professionnel qu?au niveau de nos activités sociales et sportives.
Entre-temps, Philippe avait fondé une famille, ayant épousé Corinne en 1972. Ces deux-là formaient un couple exemplaire, car ils étaient complémentaires. De cette union naquirent deux fils : Sébastien et Eric, absents du pays. Philippe perdit sa mère alors qu?il n?avait que 14 ans. L?aîné d?une famille de sept enfants, il eut de ce fait, très tôt, la charge de ses plus jeunes frères et s?urs, auxquels il a toujours servi de modèle. A l?âge de 27 ans, son père vint à mourir et là encore Philippe, devenant malgré lui chef de famille, assuma ces lourdes responsabilités avec beaucoup d?abnégation. Il a toujours soutenu ses frères et s?urs dans les moments les plus critiques, leur prodiguant d?excellents conseils.
Aussi, quand, quelques années plus tard, au début de 1976, Freddy Appassamy, alors directeur de PROSI, fut en quête d?un assistant PRO pour Deep River-Beau Champ S.E., je n?eus aucune hésitation à lui recommander Philippe pour ce poste. Il débuta ainsi sa carrière dans l?industrie sucrière et gravit rapidement les échelons. Il fut promu, en avril 1979, Personnel, Public Relations & Welfare Officer de Constance-La Gaieté S. E., poste qu?il occupa jusqu?en décembre 1989, lorsqu?il prit de l?emploi à Riche-en-Eau S.E. en tant que Public Relations & Personnel Manager. En 2001, il tenta l?aventure africaine, tout d?abord au Mozambique en tant que Directeur des ressources humaines de la Companhia de Sena Sarl, et ensuite, en 2005, à la TPC Ltd. en Tanzanie. Sa maîtrise des dossiers et son sens inné du devoir lui valurent d?être réembauché, à la fin de son contrat, comme consultant.
Philippe détenait un diplôme en travail social et en gestion du personnel de l?université de Maurice. Il était également détenteur d?un diplôme en santé et sécurité du National College of Industrial Hygiene de l?Australie. Il suivit, en 1986, un cours intensif en Relations publiques à la Frank Jefkins School of Public Relations à Londres. Faisant toujours preuve de sagesse, Philippe était de ceux qui étaient convaincus que le professionnalisme ne passait que par la rigueur et la discipline. Il possédait des qualités humaines exceptionnelles : humilité, simplicité et ouverture d?esprit. Force tranquille, il avait une vaste culture et une grande maîtrise des langues. A l?époque où Philippe était le plus mûr des jeunes loups de l?équipe de PRO (SIPROT), il restait toujours disponible pour prodiguer un conseil, pour partager une expérience ou pour dispenser un service. Ses amis et collègues l?appréciaient pour son authenticité.
Philippe restera dans notre mémoire comme un homme d?écoute doté d?un sens d?organisation hors du commun. Il avait la capacité de trouver des compromis dans des situations les plus difficiles. Il gardait toujours la tête froide surtout dans des moments où nous nous trouvions sous pression durant l?organisation de manifestations d?envergure. Par ailleurs, il était toujours de bonne humeur ayant un grand sens de l?humour.
Toute l?équipe des PRO de l?industrie sucrière s?associe à moi pour présenter à son épouse Corinne, à ses deux enfants, Eric et mon filleul Sébastien, ainsi qu?à tous ses proches, notre profonde sympathie et nos pensées émues.
Philippe, tu nous manques !
<B>Henri AUDIBERT</B>
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