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Navin Ramgoolam : ?Les bases sont jetées??
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Navin Ramgoolam : ?Les bases sont jetées??
100 jours qui ont tenu la population en haleine? Il ne s?agit pas d?une tactique des médias, mais bien d?une man?uvre orchestrée par le gouvernement. Rendez-vous était pris, samedi, pour le bilan, cent jours après la prestation de serment du nouveau gouvernement. Mais davantage qu?un bilan, il s?agissait de démontrer que le climat dans le pays a changé, qu?il est propice à une nouvelle manière de gouverner.
L?entrée du Premier ministre dans la salle Sirius de l?hôtel Le Labourdonnais est synchronisée. A 11 heures, les ministres sont assis et attendent. Navin Ramgoolam arrive six minutes plus tard, plaisantant à propos de leur sérieux avant de commencer la conférence de presse?
?Je sais à quelle heure mes ministres arrivent au bureau et je sais à quelle heure ils en sortent? Pas que je les surveille !? lance le Premier ministre, déridant le groupe de ministres assis derrière lui. L?aveu est révélateur. Navin Ramgoolam veut réussir ce mandat.
Grâce à une campagne de communication réussie, il veut aller au bout de sa mission et il ne fera pas de compromis. La constance dans ses propos, les explications répétées de la philosophie de son gouvernement, la discipline qu?il impose à ses ministres et sa défiance face aux critiques qui l?accusent de donner trop d?importance au social le confirment.
A l?heure du bilan de ses 100 jours, le PM rappelle ce qu?il avait affirmé dans son programme électoral. ?Notre société est en crise, elle a perdu ses repères, elle est fragmentée, elle a peur.? La phrase est extraite du livret intitulé Pour une meilleure île Maurice. Il explique comment, par les mesures que son gouvernement a prises, il a réussi à instaurer un climat de confiance dans le pays.
Aux critiques selon lesquelles les mesures ?inn fer labous dou?, il invoque son programme électoral, plébiscité par la population : ?Face à ce constat (NdlR : la situation économique), la résignation n?est pas de mise, les impasses ne sont pas une fatalité.?
De même, il se défend de ne pas s?occuper assez de l?économie. ?Des mesures ont été prises. Elles sont moins spectaculaires que les mesures sociales mais elles sont tout aussi profondes?, dit-il, faisant un état des lieux des ?assets du gouvernement pour réduire les gaspillages?, le fast track committee du Board of Investment et la réduction de la bureaucratie pour encourager l?investissement, les mesures prises pour encourager les petites et moyennes entreprises ainsi que des mesures pour rendre le marché plus compétitif, entre autres.
Mais Navin Ramgoolam veut aussi mettre les points sur les i. ?On dirait qu?il a fallu que Percy Mistry fasse une analyse pour que les gens se rendent compte que la conjoncture économique était difficile. Mais personne ne s?interroge sur la part de responsabilité de l?ancien gouvernement dans cette affaire. Il n?y a pas d?éditoriaux. C?est de la malhonnêteté intellectuelle?, dit-il.
?Only fools have no regrets?
Le Premier ministre est cependant satisfait de ses 100 premiers jours, dont le but était d?instaurer un climat de confiance entre son gouvernement et la population. D?après lui, c?est chose faite. Il croit ferme dans la réussite de son équipe, parce que ?c?est la meilleure?. De plus, affirme-t-il, il n?y aura pas de ?dérives? parce que ?nous sommes animés par l?humilité?.
Et lorsque nous demandons si l?incident rapporté selon lequel la femme et le fils d?un ministre auraient retardé un vol pour avoir une place en première classe ne constituait pas une dérive, le Premier ministre répond qu?il a pris des renseignements et que l?affaire a été ?exagérée parce qu?il y a des personnes qui ne veulent pas voir ce gouvernement réussir?. Et Navin Ramgoolam de mettre la population en garde contre les ?fausses propagandes?.
100 jours après et que de satisfactions ? Pas de regrets ? ?Only fools have no regrets?, répond le Premier ministre. Ses considérations sont avant tout humaines. ?Dans le contexte de certains changements, certaines personnes se sentent mal à l?aise?, explique-t-il.
Navin Ramgoolam ne parle pas des faux pas. Mais il semble réticent à parler de l?affaire des décodeurs pour la télé numérique. ?Si ou aste enn televizyon nimerik, ou gayn li toutswit?, repondra-t-il a un confrère qui veut savoir quand les Mauriciens auront accès aux chaînes numériques.
A une autre question de la presse concernant les tergiversations concernant les affaires Gayan, Ferney et la télévision numérique, Navin Ramgoolam montre son impatience face à ce qu?il appelle le ?bias de la presse?. ?Pourquoi veut-on s?attarder sur ces trois choses alors qu?il y a tant de choses positives ? Gouverner, c?est aussi des difficultés?, affirme-t-il. Pour le Premier ministre, la même chose s?est passée il y a une semaine. ?L?alliance de l?opposition éclate et à la une des journaux, on voit l?affaire Gayan. Si ce qui est arrive à l?opposition nous était arrivé, editorial lor editorial. Enn bias extraordinair sa,? deplore-t-il.
Le dossier de Ferney est, lui, source de satisfaction : ?Les générations futures nous remercieront pour cette décision. Paul Bérenger n?avait pas tort quand il disait que l?arrêt des travaux allait être quasiment impossible. Mais on l?a fait.?
Ainsi prennent fin les fameux 100 jours. Les bases du changement ont été jetées, dit Navin Ramgoolam. ?Les gens ont compris que la politique pouvait se faire autrement, que le gouvernement comprend la difficulté du peuple.? Mais aussi que le progrès se fera dans la ?discipline.? Rendez-vous est donc pris dans cinq ans pour le vrai bilan?
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