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Air Mauritius : Le rapport Kroll évoque des soupçons de conspiration, de faux rapports et de négligence

1 juillet 2026, 15:00

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Air Mauritius : Le rapport Kroll évoque des soupçons de conspiration, de faux rapports et de négligence

Le rapport d’enquête de Kroll Middle East Consultancy Ltd sur certaines décisions prises au sein d’Air Mauritius (MK) durant la période d’administration volontaire met en lumière de graves irrégularités présumées.

C’est ce qu’a révélé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, hier au Parlement, en réponse à une question du député Nitish Beejan portant sur les ventes, acquisitions et locations d’avions de la compagnie nationale entre 2014 et 2024.

Le chef du gouvernement a indiqué que le conseil d’administration de MK s’est réuni les 25 et 29 juin afin d’examiner les conclusions du rapport Kroll. À l’issue de ces réunions, le conseil a décidé de traiter les éléments relevés avec «le plus grand sérieux» et d’engager toutes les démarches nécessaires pour protéger les intérêts de la compagnie. Ainsi, les dossiers jugés pertinents seront transmis à la Financial Crimes Commission et à la police. Le conseil envisage également d’intenter des actions civiles lorsque cela sera possible, ainsi que d’engager des procédures disciplinaires contre les personnes concernées, dans le respect des dispositions légales.

Selon les informations communiquées par le Premier ministre, le rapport fait état d’«actes concertés» entre l’ancien président d’Airport Holdings Ltd, Ken Arian, et plusieurs hauts responsables de MK afin de favoriser un bailleur d’avions spécifique lors de la location d’appareils. Navin Ramgoolam a déclaré qu’un tel comportement pourrait constituer «une conspiration criminelle» au détriment des autres soumissionnaires ainsi que de MK.

Le rapport évoque également la soumission de rapports «falsifiés et trompeurs» à l’ancien conseil d’administration. Selon le Premier ministre, ces documents auraient été produits en toute connaissance de cause par Ken Arian et l’ancien Chief Executive Officer de MK, Krešimir Kučko, dans le but de justifier l’achat d’un avion Airbus A350-900 supplémentaire. Cette recommandation allait pourtant à l’encontre d’autres rapports internes, qui concluaient que l’acquisition d’un Airbus A330 représentait une option économiquement plus avantageuse pour la compagnie nationale.

Autre élément relevé par Kroll : les inspections techniques effectuées à l’étranger avant la location d’un appareil auprès de ce bailleur n’auraient pas mentionné des informations essentielles concernant la navigabilité de l’avion. Ces omissions auraient contraint MK à engager d’importantes dépenses afin de rendre l’appareil apte à être exploité. Des procédures disciplinaires devraient être engagées contre les officiers jugés responsables.

Le Premier ministre a également indiqué que les anciens administrateurs de MK, dont Sattar Hajee Abdoula, pourraient faire l’objet d’une action en dommages et intérêts pour négligence. Cette éventuelle procédure concerne la vente d’un Airbus A330-200 durant la période d’administration volontaire. Selon les éléments évoqués, les fonds injectés par l’État pour soutenir la compagnie auraient servi à rembourser des créanciers étrangers ainsi que SBM Holdings, dans des circonstances laissant apparaître une négligence dans l’exercice des fonctions des administrateurs.

Au-delà des révélations du rapport Kroll, Navin Ramgoolam a également répondu aux aspects techniques de la question parlementaire. Il a rappelé qu’entre décembre 2014 et décembre 2024, MK s’est séparée de quatre avions  : un Airbus A340-300 vendu en janvier 2018, deux Airbus A319-100 cédés en juin 2021 et un Airbus A330-200 vendu en novembre 2021. Deux autres A340-300 ont également été confiés à une société privée pour être démantelés dans le cadre d’un accord de consignation en juin 2021. Les pertes nettes liées à ces opérations s’élèvent à environ Rs 1,2 milliard.

Les quatre appareils vendus avaient entre 12 et 23 ans de service au moment de leur cession. Concernant le renouvellement de la flotte, MK a intégré 11 avions entre 2014 et 2024 : un appareil a été acheté directement, deux ont été acquis par financementbail et huit par contrats de location opérationnelle.

Enfin, le Premier ministre a indiqué que ces 11 appareils ont été immobilisés à 100 reprises durant cette période. Les principales causes invoquées sont des problèmes techniques, le manque de pièces détachées, l’indisponibilité de moteurs de rechange ainsi que les perturbations des chaînes d’approvisionnement.

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