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Navin Beekarry furieux de la divulgation des salaires
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Navin Beekarry furieux de la divulgation des salaires
Le commissaire de l?Independant Commission against Corruption (Icac), Navin Beekarry, est mécontent. C?est le moins que l?on puisse dire après que le gouvernement a choisi de rendre publics les salaires des membres de la commission. Mais son attitude, brièvement discutée hier au Conseil des ministres, le gouvernement en fait peu de cas. Transparence oblige...
Parlementaires de la majorité et de l?opposition ont contesté, jeudi à l?Assemblée nationale, les dépenses de l?Icac, jugées « excessives ». L?enveloppe budgétaire de l?icac est de 110 millions. Lors d?une motion pour réduire d?une roupie symbolique ce budget, deux membres de la majorité, Ivan Collendaveloo et Françoise Labelle, membres du comité parlementaire, se sont retirés.
Interrogés, les membres de l?Icac n?ont pas souhaité réagir sur cette crise qui secoue actuellement la commission. La présidence a aussi opté pour le silence.
Paul Bérenger, lors de son intervention sur le budget, mercredi, n?a pas caché son exaspération contre la brigade anti-corruption. « Enough is enough. Nous ne pouvons pas accorder un budget de Rs 110 millions à l?icac pour qu?elle continue à ?faner », avait-il affirmé.
L?irritation du Premier ministre a été exacerbée par une récente requête de l?Icac à plusieurs banques commerciales. La commission cherchait des renseignements sur les comptes bancaires d?une soixantaine de personnes. Une démarche qui a fait l?objet de discussions au Conseil des ministres, il y a deux semaines. Elle est aussi vivement contestée par les banques commerciales qui la qualifient de « fishing expedition » et qui évoquent la clause de confidentialité.
Pire encore, il semblerait que l?Icac n?ait pas respecté les procédures pour une telle requête : elle aurait dû avoir recours à la cour avant d?initier cette procédure.
Après cette déconvenue de la commission anti-corruption à l?Assemblée nationale, le gouvernement souhaiterait que le comité parlementaire sur l?Icac se réunisse dans les plus brefs délais. Car cette instance a la responsabilité de superviser le fonctionnement et les dépenses de l?Icac. Une réunion devait avoir lieu hier mais a été reportée à la semaine prochaine. Le commissaire Navin Beekarry est pris à l?Indian Resorts pour le séminaire sur la lutte contre la corruption et le renforcement de l?intégrité dans les instances judiciaires des pays membres de la Southern African Development Community (SADC).
<B>« CHOIX À REMETTRE EN QUESTION »</B>
En deux occasions au moins, ce comité parlementaire n?a pu siéger faute de quorum. Ils ne sont que cinq à y siéger depuis que l?opposition l?a déserté, contestant la présidence du comité, assurée par Rashid Daureeawoo. Paul Bérenger est allé dans le même sens en affirmant que « the parliamentary committee is not really functioning ». Ce qui explique d?ailleurs qu?il a choisi de divulguer certains renseignements sur les dépenses de l?Icac.
La prochaine étape importante sera l?amendement de la Prevention of Corruption Act. C?est Ivan Collendavelloo qui est chargé de revoir certaines clauses. Peu de détails ont transpiré sur les éventuels changements à apporter à la loi. Mais il nous revient qu?un des volets porte sur le moyen d?amener l?Icac à s?expliquer sur ses dépenses, le comité parlementaire n?ayant pu le faire.
Par ailleurs, si le gouvernement est déterminé à faire partir Navin Beekarry, le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, résiste encore. Il est le seul pouvant convoquer l?Appointments Committee sur l?Icac qui comprend le Premier ministre et le leader de l?opposition. Les membres du gouvernement espèrent encore que la présidence pourrait changer d?avis sur l?Icac. Les données politiques ayant changé depuis?..
Autre contrariété pour le gouvernement : une enquête de l?Icac sur un appel d?offres du Business Parks of Mauritius (BPML). Se basant sur une lettre anonyme, la commission avait débarqué dans les locaux de BPML alors que l?appel d?offres n?avait même pas été lancé. Ajouté à cela le fait que Navin Beekarry touche des allocations de voyage excédant celles des ministres, les choses ne peuvent que s?envenimer.
L?opposition, par la voix de Madan Dulloo, s?agite aussi sur ce dossier. Ce dernier souhaite que l?Appointments Committee soit convoquée pour une réunion. « S?il y a des fine-tuning à faire dans la loi, ce n?est pas le plus important. C?est le choix des personnes à la tête de cette institution qu?il faut remettre en question. Il faut qu?elles soient au-dessus de tout soupçon et ce n?est pas le cas actuellement. »
Les Rs 275 000 du commissaire
On est bien loti à l?Icac ! Le salaire de base du commissaire, Navin Beekarry est de Rs 275 000 mensuellement. Sans compter les allocations pour voitures, téléphones et autres privilèges. Un relevé des allocations offertes aux membres de la commission anti-corruption sera déposé au Parlement bientôt. Les commissaires-adjoints touchent eux un salaire de base mensuel de Rs 150 000. Le salaire du « Chief Legal Advisor » de même que celui du directeur des enquêtes est de Rs 85 000. Les membres du département légal, dont l?« Assistant Chief Legal Advisor », le « Principal Legal Advisor » et le « Senior Legal Advisor », touchent pour leur part entre Rs 50 000 et Rs 80 000. Les assistant-directeurs des enquêtes ont une rémunération de base de Rs 60 000 alors que les enquêteurs reçoivent Rs 40 000. Le directeur de la « Corruption and Prevention Division » reçoit un salaire s?élevant à Rs 80 000, tandis que ses assistants ont droit à Rs 55 000. Le responsable du département administratif touche, lui, Rs 60 000 alors que l?attaché de presse a un salaire de base de Rs 45 000.
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