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Nations unies : démocratisation et réformes sont nécessaires

23 octobre 2003, 20:00

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L?Organisation des Nations unies (Onu) célèbre ses 58 ans d?existence aujourd?hui. Les temps sont durs. Les critiques sur son inefficacité ? à tort ou à raison ? s?enchaînent. Ses membres, à l?instar des Etats-Unis, contournent son autorité. Ses défis immédiats ont été évoqués, hier, le temps d?un symposium à la municipalité de Port-Louis. Cette manifestation a été organisée par la Mauritius United Nations Association.

La ?démocratisation? de l?Onu est essentielle. Le nombre des Etats membres est passé de 50 à 191 en 58 ans. Ces pays, qui représentent une kyrielle de cultures, sont à divers stades de développement. Les modes de gouvernement diffèrent, démocratiques ou pas. Et l?Onu reste LE forum où les Etats expriment leurs griefs et trouvent les solutions aux obstacles.

La nouvelle donne, dictée par les superpuissances, s?articule autour du combat contre le terrorisme, culminant à la guerre en Irak, début 2003. Le rôle primordial de l?Onu et de ses instances spécialisées dans le maintien de la paix dans le monde, le respect des droits de l?homme et la lutte contre la pauvreté, ne devrait pas être toutefois occulté.

Revoir le statut des superpuissances

Ancien et nouveau ministres des Affaires étrangères s?accordent sur la nécessité de revoir le statut accordé aux superpuissances du monde afin d?être en harmonie avec les nécessités réelles de ses membres. Le ministre des Affaires étrangères, Anil Gayan, désigne ici les cinq Etats membres permanents du Conseil de sécurité disposant d?un droit de veto, à savoir les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie et la Chine.

?C?est lorsque les intérêts de la communauté internationale entrent en conflit avec ceux des Cinq que la crédibilité de l?Onu est affectée. Sur les questions de paix mondiale et sécurité internationale, l?Onu est tributaire de la volonté des Cinq?, souligne Anil Gayan.

Jean-Claude de l?Estrac, intervenant en sa capacité d?ancien ministre des Affaires étrangères, abonde dans le sens d?Anil Gayan. Il revient aux Etats membres d?endosser les critiques ? justifiées ou pas ? en particulier les Cinq. ?After all, the UN is only a vehicle for action by its members. It can be as good or as bad as the members are.? D?ailleurs, insiste l?ancien ministre, le statut spécial accordé aux puissants en 1945 est ?peu justifié? dans la mesure où ces pays ne le sont plus. Le maintien de ce statut est au détriment des autres Etats de la même classe, à l?instar de l?Inde, du Brésil, de l?Allemagne ou du Japon.

Le ministre Gayan rejoint cette logique. Si l?Onu avait fonctionné comme un gouvernement mondial, disposant de son armée, sans l?influence des Cinq, la situation aurait été toute autre. L?émergence de nouvelles puissances est à prendre en considération car jusqu?à maintenant ce sont les Cinq qui gèrent les affaires mondiales à travers le Conseil de sécurité, afin de préserver leurs intérêts.

Dans toute démocratie, il y a consensus. Pour que l?Assemblée générale fonctionne davantage en tant que Parlement mondial, au lieu de ?talking shop?, les réformes sont essentielles. ?The institution of the UN needs to be strengthened and the processes made accountable. Justice and the rule of law are the founding stones of peace and democracy?, indique Jean-Claude de l?Estrac.

Promouvoir la paix et la sécurité

Anil Gayan prend pour exemple la mise en place de la Cour pénale internationale, pour démontrer que l?ONU demeure à l?écoute des superpuissances uniquement. Les Etats-Unis craignent que cette Cour ne soit utilisée en tant qu?instrument politique à leur détriment. Ils ont ainsi signé des accords bilatéraux avec plusieurs pays afin que ces derniers ne remettent pas à la Cour des Américains recherchés pour crimes de guerre et génocides, entre autres.

La Charte régissant l?Onu, selon le ministre, est celle des vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale. Depuis 1945, on ne dénombre que cinq amendements, car les procédures, ?encombrantes?, exigent le commun accord des Cinq. Il ajoute encore : ?The Charter suits their interests and they are not keen to adversely affect their privileges?.

Hormis la ?démocratisation?, estime Anil Gayan, l?Onu a besoin de quelques ?high profile successes, tels que le retour de la paix au Moyen-Orient avec la création d?un état palestinien reconnu. Ce serait la preuve que l?Onu symbolise la justice?.

Afin de réussir dans sa mission de promouvoir la paix et la sécurité, l?Onu, précise Rose Gakuba, Resident Representative, nécessite le consensus, l?unité au sein du Conseil de sécurité, la volonté et les moyens pour exécuter les décisions.

Pour conclure, Anil Gayan souligne : ?It is the only platform small states have to air their grievances. It is not the best one but it is the best we have right now??

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